jeudi 31 mars 2016

Déchéance de nationalité: victoire de la mobilisation


                                       
              
Actualisation 1er décembre 2016

En annonçant qu'il ne se représentait pas, François Hollande a été contraint de reconnaître une "unique" faute concernant la déchéance de nationalité.
Cet aveu représente l'âpre vérité: il s'agissait en effet d'une mesure de division et de discrimination, issue de l'arsenal de la droite et de l'extrême-droite. 
Notons que les deux partenaires du pacte pro-déchéance passé entre  Hollande  et Sarkozy sont maintenant éliminés de la présidentielle. 
Il serait catastrophique que Manuel Valls, qui a porté ce pacte funeste et la mesure de déchéance, ainsi que d'autres projets du même acabit, apparaisse comme un des candidats de la gauche.

Memorial 98



Le retrait du projet de révision constitutionnelle signe un échec cinglant de F. Hollande sur la déchéance de nationalité et une victoire de la mobilisation contre ce projet inique qui représente un véritable déni de démocratie et une atteinte à l'égalité des citoyens. 

On ne peut que se féliciter que ce projet soit retiré. 
Les associations, dont Memorial 98, réunies dans le Collectif national « Nous ne céderons pas » y ont largement contribué, notamment lors de la journée de manifestations du 30 janvier qui a réuni des dizaines de milliers de personnes dans tout le pays.

F. Hollande tente de dissimuler sa déroute en mettant en cause le Sénat qui a voté une formulation différente de celle de l'Assemblée nationale et  en rétablissant la déchéance exclusive des binationaux. 

Mais la droite majoritaire au Sénat s'est en réalité conformée à l'accord honteux que F. Hollande lui-même avait passé avec Sarkozy au lendemain des attentats du 13 novembre et qu'il avait renouvelé en janvier au nom de l"unité nationale".
Le "piège" est en réalité celui que le gouvernement avait lui-même mis en place, au mépris des engagements antérieurs du PS lui-même. 

En effet Nicolas Sarkozy avait déclaré en sortant de sa rencontre élyséenne le vendredi 22 janvier: " ... Nous avons dit très clairement que nous étions disposés à voter la réforme de la Constitution si cette réforme était clairement centrée sur la question de la constitutionnalisation de l'état d'urgence et sur la question du retrait de la nationalité pour les binationaux", ajoutant: "le président Hollande nous a dit que c'était bien son intention".  Il n'a jamais été démenti. 
Sarkozy lui-même avait d'ailleurs tenté de faire passer la déchéance de nationalité en 2010 et avait du reculer. A l'époque le Parti socialiste et F. Hollande lui-même s'y étaient vivement opposés.

Le 15 juillet 2015, Hollande expliquait encore à des journalistes son refus de ces mesures:
  «La déchéance de nationalité, ou l’indignité nationale, vous savez toutes ces choses de droite qui sont de l’ordre du symbolique et qui n’apportent rien à la lutte contre le terrorisme.»

Quatre mois plus tard, jour pour jour, le 16 novembre 2015, il  proposera lui-même, devant les parlementaires réunis en congrès à Versailles, la déchéance de nationalité pour les binationaux, y compris pour ceux qui sont nés français, condamnés pour acte de terrorisme. Quatre mois et un traumatisme national pour qu'il vire totalement de bord et reprenne les mots et les idées de la droite et de l’extrême droite. Au nom du «rassemblement» de la nation dans la «guerre» contre la terreur. Valls concédait d'ailleurs à nouveau que la déchéance n’avait aucun effet pratique dans la lutte contre le terrorisme et qu'il s'agissait bien d'une mesure "symbolique"  

Face à cette trahison, on a assisté à une véritable levée de boucliers associative et syndicale et à de nombreuses condamnations d'institutions telles que la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH), instance officielle chargée de défendre les droits de l'homme, qui à émis le 18 janvier à l'unanimité des ses membres, une déclaration très sévère
Le 30 janvier, des manifestations unitaires ont eu lieu dans 80 villes et ont rassemblé plus de 40000 personnes.

La crise a aussi été symbolisée au plan médiatique par la démission du gouvernement le 27 janvier de Christiane Taubira, qui avait condamné la mesure de déchéance en déclarant: «Cette déchéance de nationalité sur des personnes nées françaises, qui appartiennent depuis leur naissance à la communauté nationale, ça pose un problème de fond sur un principe fondamental qui est le droit du sol, et qui est, dans l'histoire de la construction de la communauté française sur une base civique, un pilier fondamental".

La fronde contre cette loi inique provient donc d'une réaction de la gauche antiraciste scandalisée par la remise en cause du droit du sol et l'instauration d'une citoyenneté à deux vitesses.

Lors de l'ouverture du débat à l’Assemblée nationale le 5 février, les députés, notamment socialistes se sont donc retrouvés eux-mêmes sous pression des mobilisation et de la crise qu'elle entrainait. Nombre d'entre eux ont aussi manifesté personnellement leur révolte et leur désarroi telle la députée PS Chaynesse Khirouni déclarant avoir reçu le projet de déchéance des binationaux comme «une flèche en plein cœur»
Ainsi face à la fronde le gouvernement a lui-même du modifier son projet initial et en enlever la discriminations envers les binationaux, en généralisant la possibilité de déchéance à tous les citoyens. Il s'engageait d'ailleurs au passage dans une autre voie dangereuse consistant à créer des apatrides non protégés par les conventions internationales. Et comble de la confusion, afin de  ménager la droite, la menace de déchéance était élargie au delà des crimes, incluant y compris des « délits graves » non définis.

Dès lors malgré les très nombreuses pressions et menaces à l’encontre des députés contestant la mesure, celle-ci ne recueillit que 162 voix pour, 148 contre et 22 abstentions, même si le texte global de révision finit par obtenir une large majorité. Au sein des députés PS parti socialiste, 92 députés ont voté contre cet article , dix se sont abstenus et 119 ont voté pour le fameux article 2 comportant la déchéance de nationalité. Et le passage par le Sénat annonçait déjà l’impossibilité de mettre en œuvre le fameux et honteux accord Hollande –Sarkozy du 16 novembre.

Cette forte contestation d’une mesure discriminatoire symbolise une forme d’opposition à  la dérive d’un pouvoir qui se ralliait aux exigences de la droite et de l’extrême-droite alors qu’il avait auparavant promis le droit de vote des étrangers.
Le combat se poursuit maintenant contre l’état d’urgence et les autres mesures liberticides contenues notamment dans le projet de loi sur la réforme de la procédure pénale. Nous y nous engageons.

MEMORIAL 98

jeudi 24 mars 2016

Génocide de Srebrenica: Karadzic enfin condamné.






                                               Charnier à Srebenica


Actualisation du 18 août:
 

Les ultra-nationalistes du parti radical serbe ont organisé le 16 août à Belgrade une manifestation de soutien à Trump.

Le chef du parti radical serbe Seselj, récemment acquitté par le Tribunal international en raison d'un manque de preuves (voir ci-dessous), a violemment dénoncé le vice-président US Biden et appelé à voter pour le candidat républicain.


L'extrême-droite serbe qui a mis en place la "purification ethnique" est très liée à Poutine et fait partie de l'Internationale xénophobe qui se met en place autour de la candidature Trump


Memorial 98  
 



Actualisation du 11 juillet: recueillement et négationnisme maintenu.

Des milliers de personnes ont rendu hommage lundi 11 juillet à Srebrenica (voir ici) aux victimes et particulièrement aux 127 personnes dont les restes y ont été enfin inhumés à l'occasion du 21e anniversaire du génocide.
En tout  8.372 hommes et adolescents ont été assassinés en quelques jours et jetés dans 77 fosses communes, Plus de mille corps sont encore recherchés, selon l'Institut bosnien pour les personnes disparues. Plus de 6.400 victimes sont enterrées à Srebrenica et 230 ailleurs.

Le même jour Milorad Dodik, chef de la Republika Srpska, l'entité serbe de Bosnie, a de nouveau nié ce génocide : "Je vous le dis, nous ne reconnaîtrons pas le génocide. Le génocide n'a pas eu lieu", a-t-il déclaré.

Actualisation 30 juin: nouvelle décision de justice

Le Tribunal spécial pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) a confirmé le 30 juin la peine de 22 ans de détention prononcée contre deux anciens hauts responsables des Serbes de Bosnie pour leur rôle dans les massacres en Bosnie entre 1992 et 1995.
 

Proches de leur chef politique Radovan Karadzic, l'ex-ministre de l'Intérieur des Serbes de Bosnie Mico Stanisic, 62 ans, et son ancien subordonné Stojan Zupljanin, 64 ans, ont déjà été reconnus coupables en 2013 de crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

Ils avaient  interjeté appel de la condamnation prononcée au terme du procès en première instance, durant lequel ils avaient plaidé non coupable.

Le procureur, qui avait également fait appel, soutenait que la gravité des crimes commis mérite une peine plus élevée.

Tous deux étaient accusés d'avoir ordonné le déploiement de forces de sécurité qui ont participé, avec l'armée des Serbes de Bosnie, à des atrocités, exécutions, viols et tortures contre des Musulmans et des Croates dans des municipalités ou centres de détention à travers le pays (voir ci-dessous)

En tant que ministre de l'Intérieur, Mico Stanisic avait autorité sur l'ensemble des forces de sécurité serbes de Bosnie. Son subordonné était le plus haut responsable de la police dans la région de la Krajina bosnienne, au nord-ouest de la Bosnie, avant de devenir conseiller de Radovan Karadzic.


Après tant d'années, la justice commence à se faire jour.

Memorial 98

Actualisation 31 Mars: 

Les juges du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) ont décidé jeudi 31 mars d’acquitter l'ultranationaliste serbe Vojislav Seselj, accusé de crimes contre l'humanité, par manque de preuves. 

Les autorités croates et les familles de victimes de la guerre ont immédiatement critiqué le verdict, tandis que l’acquitté se réjouit bruyamment



Actualisation 29 mars

Florence Hartmann vient d'être enfin libérée. C'est le résultat de la mobilisation internationale en sa faveur. Honte à ceux qui l'ont emprisonnée, alors qu'elle a toujours combattu aux côtés des victimes des crimes contre l'humanité  et du génocide en Bosnie.


Actualisation 26 mars:

Alors même que le tribunal de La Haye rendait un verdict important contre Radovan Karadzic la journaliste Florence Hartmann spécialiste de la région, a été arrêtée rudement en dehors du tribunal par les gardes du TPIY, pendant qu’elle attendait le verdict du procès de Karadzic avec les familles concernées
La journaliste milite en effet pour la justice et la reconnaissance des droits des familles qui ont subi les massacres ordonnés par Karadzic.
Elle a alors été emmenée à Scheveningen au sein de la prison « United Nation Detention Unit » dans le quartier des criminels de guerre qu’elle a inlassablement dénoncés.

  Elle a été condamnée, en tant que journaliste, pour avoir dénoncé un accord afin de ne pas incriminer l'état  de Serbie d’acte de génocide, empêchant ainsi les familles de victimes d’obtenir réparation.
Contrairement à certaines idées reçues, elle n’a jamais été jugée en tant qu’ex-employée du TPIY. De plus, dans cette affaire sans fondement juridique valable, le tribunal était la fois la juge et partie. Memorial 98 soutient depuis 2009 le combat de Florence Hartmann lui réaffirme son entier appui  et appelle à signer et diffuser la pétition internationale en sa faveur


Memorial 98

Il s'agit d'un événement historique dans la lutte contre les génocides et  les crimes contre l'Humanité, qui survient trois jours après la condamnation par la Cour Pénale internationale d'un autre auteur de crimes contre l'humanité.
Plus de vingt ans après le massacre génocidaire de Srebrenica et le siège sanglant de Sarajevo, l’ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, a été jugé, jeudi 24 mars, « pénalement responsable » du génocide à Srebrenica par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) de La Haye et condamné à quarante ans de prison.

Le 11 juillet 1995, alors que les milices serbes de Bosnie approchent de l'enclave de Srebrenica, des dizaines de milliers de civils musulmans prennent la route de Potocari, à 8 kilomètres de distance de la ville. C'est là qu'est basé le quartier général du bataillon néerlandais de soldats de la Force de protection des Nations unies (Forpronu). Quatre cent cinquante casques bleus y sont chargés d'assurer la protection des quelque 40 000 habitants de Srebrenica, en majorité des Musulmans .
Quand les miliciens serbes de Bosnie commencent à séparer les hommes des femmes, les "Casques bleus" le voient et laissent faire. Les hommes sont entassés dans des cars et seront exécutés. 8.000 hommes sont tués et jetés dans les fosses communes par les forces serbes. Ce massacre a été, à juste titre, qualifié de génocide par la Cour Internationale de Justice et par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY). L'ordre écrit donné en amont plusieurs mois en avance, puis sa réalisation par le tri et la séparation des hommes ainsi que leur extermination massive, "industrielle", portent les caractères du génocide. Srebrenica constitue le dernier génocide du vingtième siècle qui en connut tant.

 Karadzic a aussi été déclaré responsable, « en tant qu’individu », de plusieurs accusations de crimes commis pendant la guerre en Bosnie : prise d’otages, meurtres et persécutions.
 Radovan Karadzic était  inculpé de onze chefs d’accusation pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis pendant la guerre en Bosnie, qui a fait plus de 100 000 morts et 2,2 millions de déplacés entre 1992 et 1995. Il est le plus haut responsable à être jugé par le tribunal pour des crimes  commis pendant cette guerre, après la mort en 2006 de l’ancien président serbe Slobodan Milosevic au cours de son procès.


Les juges du TPIY ne l'ont pas condamné en revanche, par manque de preuves formelles, pour deux autres accusations de génocide, dans sept municipalités de Bosnie hors Srebrenica: « La chambre n’a pas été capable, sur la base des preuves présentées, d’identifier une intention  de génocide de la part de l’accusé (dans ces cas-là)"

Concernant Srebrenica et le massacre de 8000 Musulmans en juillet 1995, la preuve formelle existe puisque dès le mois de mars 1995, Radovan Karadzic signait un ordre à l'intention du chef militaire Mladic. 
C'est la fameuse "directive n° 7", qui ordonne aux soldats bosno-serbes de « créer une situation insupportable d’insécurité totale sans aucun espoir de survie ou de vie pour les habitants de Srebrenica ». 

Le génocide de Srebrenica est encore mal connu et reconnu, notamment en Serbie où la pression négationniste est forte. Le parallèle avec la position de l’État turc à l'égard du génocide arménien est frappante : les autorités serbes font des déclarations de contrition et de regret, reconnaissant des crimes, mais s'arc-boutent pour nier qu'il y ait eu un génocide planifié et commis par les milices serbes. Du coup, la population   est encouragée dans sa position de déni, comme c'est aussi le cas pour une grande partie de la population turque. Une réconciliation ne peut avoir lieu sans que soit reconnu le caractère génocidaire, exterminateur du massacre et la compréhension du processus d'"épuration ethnique" mis en œuvre à l'égard des musulmans bosniaques et qui a fini par culminer dans le génocide. 
De ce point de vue on en est encore  loin du compte, malgré les efforts de valeureux militant.e.s serbes qui œuvrent pour la reconnaissance du génocide 
Ceux qui font profession d'attiser la haine contre les musulmans se placent du côté de Karadzic, comme avant lui de Milosevic . C'est le cas notamment de l'extrême-droite qui dans le monde entier a toujours soutenu le nationalisme serbe et sa violence exterminatrice.

On peut aussi le constater dans des réactions aux articles qui font état aujourd'hui de la condamnation de Karadzic. Les deux exemples ci-dessous figurent sur la page FB du journal Le Monde:
 "Giacomo Kasanova brave homme Karadzic, qui a contenu l'invasion musulmane dans son pays. Un visionnaire quand on voit ce qu'il se passe dans les pays européens aujourd'hui. Tout le monde aurait dû suivre son exemple. L'Histoire reconnaîtra son erreur dans quelques années et les musulmans terroristes de Belgique sont la preuve qu'il fallait les éliminer avant qu'ils n'agissent!! 
Aubin de Nessac Une éradication de musulmans est au contraire un sauvetage de l'humanité, un débarras de la Terre de ces illuminés dégénérés qui croient en un dieu imaginaire, un ami avatar !!! L'humanité n'a pas besoin de ça, quand il y a un nid de termites, il faut le détruire pour que la maison ne tombe pas en ruines." 

 Le combat contre les génocides et leur négation doit se poursuivre à chaque instant afin de contribuer à empêcher  la diffusion des idéologies de haine qui permettent de telles horreurs. 

Memorial 98

samedi 19 mars 2016

Refouler les migrants, cautionner Erdogan: le naufrage des démocraties européennes.

Actualisation du 19 juin

L'accord UE-Turquie vivement critiqué par le secrétaire général de l'ONU à la veille de la journée mondiale des réfugiés du 20 juin. Ban Ki-Moon a déclaré samedi 18 juin que « la détention » en Grèce de migrants arrivés depuis l’entrée en vigueur de l’accord UE-Turquie, le 20 mars, « devrait cesser immédiatement ». 
En visite sur l’île de Lesbos, principale porte d’entrée des migrants en Grèce, M. Ban a appelé l’Europe à « répondre de manière humaine, et inspirée par les droits de l’homme » à la crise migratoire. « La détention n’est pas la solution », a-t-il poursuivi.
Il s’exprimait après avoir visité les deux camps de l’île, qui accueillent environ 3 400 personnes, la plupart retenues avant un probable renvoi en Turquie – selon les termes de l’accord UE-Turquie
Memorial 98 

Un accord anti-démocratique, conclu avec un dirigeant anti-démocratique. Le renoncement à respecter les droits humains, signé avec un régime qui accélère les atteintes les plus graves aux droits humains.

L'accord conclu par l'Union Européenne avec le gouvernement turc, c'est tout cela et bien plus encore.
Dissipons d'abord les mensonges dont cet accord fait l'objet: si le principe d'accueil d'un réfugié bloqué sur le sol turc en échange de chaque expulsion forcée vers la Turquie d'un migrant arrivé sur les côtes grecques est déjà ignoble, évidemment, dans le réel, cet échange n'aura pas lieu. Il faudrait pour cela des pays européens qui acceptent réellement l'arrivée de migrants sur leur sol.
Or si les migrants meurent en mer et continuent à chercher des routes de plus en plus dangereuses pour sauver leur vie, c'est évidemment parce que l'Europe fait tout pour les bloquer, depuis des années et des années, bien avant les crises humanitaires actuelles.

Il y aura donc aussi peu de possibilités d'entrer en Europe par la voie légale qu'il y en avait avant cet accord. Même si dans les prochaines semaines, les autorités turques et européennes organiseront sans nul doute quelques arrivées médiatisées de "réfugiés légaux", sommés de remercier nos gouvernants pour leur générosité. Pour l'heure, en tout cas, la première application de l'accord illustre sa brutalité: au moins 1700 personnes viennent d'être arrêtées par des moyens militaires alors qu'elles tentaient de traverser jusqu'à Lesbos, et emmenées par les autorités turques dans un "gymnase": ce sera dans ces conditions que celles-ci seront censées établir la nationalité des personnes "en respectant le droit international".

Ce que cet accord prévoit, c'est donc le renvoi massif des êtres humains qui arrivent sur les côtes grecques . Qui dit massif, dit forcément collectif et standardisé. Et sur le terrain, face à des gens qui ont tout risqué pour arriver, et pour qui repartir est le pire des cauchemars, on doit évidemment mesurer ce que signifie " renvoi massif et standardisé": naturellement, l'usage de la détention, de la contention, de la violence. Et des grèves de la faim, des auto-mutilations, des suicides et des tentatives de suicide, des mesures disciplinaires contre les individus les plus déterminés à faire valoir leur droits, et la criminalisation globale et brutale des tentatives collectives de faire valoir ces droits.

Il n'y a nul besoin d'extrapoler pour savoir cela: car c'est exactement ce qui se passe dans tous les centres de rétention en Europe, c'est aussi ce qui se passe à toutes les frontières actuellement fermées en Europe. De Calais, où des migrants se cousent la bouche pour dénoncer le traitement inhumain dont ils sont victimes à ces rivières des Balkans, où pourchassées par la police, des hommes, des femmes se noient. En passant par la Grèce où plus de 50 000 personnes sont bloquées dans des conditions innommables, puisque toutes les frontières sont fermées.

Nul besoin d'extrapoler pour savoir quelles conditions de vie, quel déni de droits, quels dangers vont encourir ceux qu'on expulsera vers la Turquie, et encore plus ceux qui oseraient réclamer le respect de leurs droits là bas. Cet accord est signé au moment où la dérive autoritaire et meurtrière d'Erdogan et de ses partisans s'accélère en Turquie . 

Une signature en lettres de sang , une caution de plus aux attaques et aux arrestations des journalistes et des avocats, à la persécution meurtrière des minorités arméniennes ou kurdes, à la répression féroce et ininterrompue des mouvements sociaux et de défense des droits humains. Un accord que les dirigeants européens osent défendre avec une hypocrisie sans nom en affirmant que les conditions sont réunies pour le respect du droit d'asile par Erdogan et son gouvernement. Chacun sait qu'elles risquent de l'être  à peu près autant que lorsque Kadhafi, en vertu d'autres accords avec l'Union Européenne, était lui aussi chargé d'empêcher les migrants d'arriver en Europe. 

Il ne suffit pas de constater l'ignominie de cet accord, de décrire l'abjection anti-démocratique de ses tenants et aboutissants. Il faut aussi mesurer à quel point il est une réponse en forme de lâche trahison aux millions d'Européens qui concrètement ont dit oui à l'accueil des migrantEs. Une nouvelle fois, en satisfaisant aux exigences de l'extrême-droite, les dirigeants européens font preuve d'un opportunisme non seulement ignoble mais inopérant. La seule force sociale de résistance à l'extrême-droite, c'est évidemment la solidarité massive, quotidienne, infatigable qui s'est manifestée et continue à s'exercer partout en 2015, des côtes grecques à celles de Calais, où les soutiens affluent pour faire respecter les droits humains, malgré le danger d'une répression toujours plus grande. Une solidarité qui est aussi celle de ces innombrables endroits où des migrants sont hébergés, quartiers des grandes villes ou petits villages, où tout bêtement, tout se passe bien, hormis l'agitation violente des milices d'extrême-droite, qu'en France, on laisse agir le plus souvent, d'ailleurs. 

Cette trahison là ne peut que renforcer la détermination à construire un front antiraciste qui ne s'embarrasse d'aucune restriction, d'aucune division des droits. Nous n'avons désormais plus aucune raison de nous laisser intimider par les raisonnements selon laquelle la défense du droit inconditionnel à la liberté de circulation et de circulation ne ferait que fragiliser les migrants pouvant accéder spécifiquement au droit d'asile voire le droit d'asile lui même. Le déroulé des évènements de ces deux dernières années le prouve, marqué au départ par de grandes proclamations sur le droit d'asile de la part des dirigeants européens, proclamations toujours suivies de la proclamation de la "nécessaire" lutte contre la migration prétendûment purement économique: la conclusion politique réelle de tout cela, c'est le refoulement global assumé dans les pires conditions qui soient, et la destruction d'un des fondements historiques démocratiques en Europe, le droit d'asile.  

C'était prévisible: le droit d'asile ne peut pas exister seul, dans une marée de racisme et de lois de plus en plus dures contre les étrangers. Le droit d'asile ne peut être que formel, dès lors que ceux qui parviennent jusqu'à nos frontières sont traités comme des flux à endiguer, notamment en n'accordant pas même les conditions de la survie à l'entrée en Europe.

Quand des femmes doivent accoucher dans des bidonvilles, quand même l'accès à l'eau potable ou la collecte des déchets ne sont pas assurés, quand les évacuations policières succèdent aux évacuations policières, qui peut imaginer un seul instant, qu'au milieu de tout cela, ceux qui peuvent demander l'asile puissent le faire dans des conditions susceptibles de leur en garantir l'accès ? Et, ce dans un contexte où toutes les lois sur l'immigration ont des volets qui impactent forcément les demandeurs d'asile dans leur long combat quotidien pour tenter d'obtenir un statut de réfugié. 

En réalité, partout en Europe, et notamment en France, le droit d'asile n'est respecté un minimum que lorsque des luttes offensives pour le respect des droits humains dans leur ensemble sont menées, qui contraignent les autorités à céder, sous le poids de la mobilisation.

Face à des gouvernements européens qui, en pratique, organisent une situation où il n'y aura plus d'accueil pour personne, le slogan historique des migrants unis et en lutte demeure le seul réaliste. Des papiers pour tous , parce que personne n'est illégal.

lundi 14 mars 2016

Trump: un démagogue fascisant au pouvoir.




 

Mise à jour du 12 juin 2017:
 
 
Quatrième claque pour Trump: la justice américaine confirme une nouvelle fois la suspension du décret migratoire de Trump
La cour d’appel fédérale de San Francisco (Californie) a confirmé, lundi 12 juin, la suspension du décret anti-immigration de Donald Trump, déjà décidée par un tribunal fédéral d’Hawaï (voir ci-dessous). Les magistrats d’appel signalent en revanche que le gouvernement est dans son droit s’il revoit – et durcit – ses pratiques d’examen des dossiers d’immigration.
« L’immigration, même pour le président, n’est pas un spectacle joué par une seule personne », signale la cour, ajoutant que « le président, en émettant ce décret, a excédé le périmètre de l’autorité qui lui a été donnée par le Congrès »« Nous confirmons l’injonction » qui bloquait un décret présidentiel interdisant l’entrée aux Etats-Unis des « ressortissants de six pays pour quatre-vingt-dix jours » écrit la cour d’appel de San Francisco. « Le tribunal de première instance n’a pas abusé de son pouvoir en instaurant une suspension préliminaire nationale. »







Mise à jour du 4 juin 2017: 
 
Le cynisme de Trump après les attentats de Londres: il a commencé par une exploitation de basse politique en déclarant sur Twitter "Nous avons besoin d'être intelligents, vigilants et durs. Nous avons besoin que la justice nous rende nos droits. Nous avons besoin du "travel ban" pour une meilleure sécurité.", a-t-il tweeté en référence au blocage par la justice de son décret raciste du "Muslim ban"
C'est seulement après ce tweet, et après des critiques immédiates sur les réseaux sociaux, que Trump a du poster un message de compassion pour les victimes.
Memorial 98





Mise à jour du 25 mai 2017:
 
Excellente nouvelle avec la troisième claque à Trump: la justice confirme la suspension de son décret anti-immigration en le jugeant discriminatoire à l'encontre des musulmans.
Le décret avait déjà été suspendu deux fois, en janvier et en mars.
La justice américaine a largement confirmé en appel, jeudi 25 mai, la suspension du décret anti-immigration du président Donald Trump, lui infligeant un nouveau camouflet sur l’une de ses mesures les plus controversées.
« Le Congrès a accordé au président un large pouvoir pour interdire l’entrée des étrangers, mais ce pouvoir n’est pas absolu », a écrit dans la décision le juge Roger Gregory, président de la cour d’appel de Richmond. Ce pouvoir « ne peut être incontrôlé quand, comme en l’espèce, le président y a recours à travers un décret qui porte des conséquences dommageables irrémédiables pour des personnes dans tout le pays », ajoute l’arrêt.
« Nous avons gagné », a tweeté Omar Jadwat, l’avocat des associations qui soutenaient que M. Trump avait volontairement visé les musulmans dans son décret, violant ainsi la Constitution.
La Constitution des Etats-Unis interdit la discrimination religieuse et, pour les opposants au décret, l’animosité de M. Trump vis-à-vis de l’islam ne faisait aucun doute. C’est ce qu’ils avaient plaidé le 8 mai lors d’une audience solennelle devant la cour d’appel fédérale de Richmond, capitale de la Virginie.
« Justice politisée »
Le 27 janvier, Donald Trump soulevait une vague d’indignation internationale en signant un décret intitulé « Protéger la nation contre l’entrée de terroristes étrangers aux Etats-Unis ». L’ordre présidentiel interdisait pendant quatre-vingt-dix jours toute entrée sur le territoire américain aux ressortissants de sept pays, tous à majorité musulmane : Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen. Les réfugiés syriens, eux, étaient définitivement interdits d’entrée, jusqu’à nouvel ordre.
Une semaine plus tard, son application était bloquée par un juge fédéral de Seattle, décision ensuite validée par une cour d’appel de San Francisco, le 9 février, obligeant le président républicain à revoir sa copie.
Le 15 mars, Donald Trump subit un deuxième camouflet lorsqu’un juge d’Hawaï suspend la deuxième version du décret signée dix jours plus tôt. Comme pour le premier texte, le juge fédéral Derrick K. Watson a estimé que le décret visait spécifiquement une confession : l’islam. Le 16 mars, une autre suspension partielle du décret révisé était décidée par un juge fédéral du Maryland.

MEMORIAL 98




Mise à jour du 4 avril 

Encore un conseiller de Trump lié aux néo-nazis: Sebastian Gorka est accusé de liens avec une organisation  hongroise  d'extrême droite
Un haut conseiller du président américain Donald Trump a soutenu en 2007 une milice paramilitaire raciste et antisémite en Hongrie qui a été formellement interdite en 2009, révèle le journal américain  en ligne The Forward 
Le Forward a obtenu un enregistrement d'une apparition télévisuelle datant de 2007 dans laquelle Sebastian Gorka se déclare en faveur de la décision du parti antisémite d'extrême droite Jobbik d'établir "établir une garde hongroise."
Gorka a déclaré lors de cette interview télévisée que la création de la milice était en réponse à "un grand besoin sociétal", disant que l'armée du pays "est malade et reflète parfaitement l'état de la société hongroise qui est incapable de se défendre seule".
Gorka a défendu la milice contre les critiques selon lesquelles ses méthodes rappellent la Hongrie durant la Seconde Guerre mondiale et l'antisémitisme de l'époque.
"Ce type d'accusation est l'outil très utile d'une certaine classe politique," a-t-il lancé.
Avant qu'un tribunal l'ait jugé illégale en 2009, les membres de la milice étaient déjà connus pour des faits et des positions antisémites, a révélé le Forward.
L’un de leurs chefs, István Dósa, avait ainsi qualifié les Juifs de "rats sionistes", de "criquets" et de "destructeurs de nation".
Selon The Forward, une enquête a révélé que lorsque Gorka était actif dans la politique et le journalisme hongrois entre 2002-2007, il avait des liens étroits avec l'extrême droite hongroise et a travaillé étroitement avec des groupes ou des personnes ouvertement racistes et antisémites.
Le mois dernier, le site américain a  déjà révélé que des membres d'un groupe hongrois d'extrême-droite nommé " Vitézi Rend" , ayant collaboré avec des nazis, ont déclaré que Sebastian Gorka, conseiller du président américain Donald Trump, est un membre enregistré  de leur organisation.
Les représentants de la Vitézi Rend ont également indiqué que Gorka a fait un serment de loyauté à vie à leur organisation.
Gorka avait par ailleurs été photographié et interviewé lors de l’investiture de Trump portant l’uniforme et la médaille de ce groupe hongrois, dont le département d’État US affirme qu’il était "sous la direction du gouvernement nazi de l’Allemagne".

Actualisation du 24 janvier:

 L'origine glauque du slogan " America First" 




 Le slogan central de Trump provient du mouvement fascisant du même nom en 1930 aux USA, dirigé par Charles Lindbergh, antisémite enragé et admirateur d'Hitler. En septembre 1941, lors d'un meeting d' America First, Lindbergh déclare : « Qui sont les agitateurs bellicistes ( en faveur d'une guerre contre les nazis ? » et répond " les Britanniques, les Juifs et l'administration Roosevelt" reprenant ainsi les cibles de la propagande hitlérienne.
L'expression « America First » a également été le nom d’un parti nationaliste créé en 1943 et mené par le pasteur pro-nazi Gerald L.K. Smith . Elle a ainsi longtemps été réprouvée dans la vie politique américaine, car associée à la neutralité envers le nazisme L'expression a ensuite refait surface 2016 lors de la campagne présidentielle de Donald Trump, qui en a fait un slogan pour son programme isolationniste. Il a utilise l'expression deux fois lors de son discours d'investiture.


Actualisation du 21 janvier 2017

Contre Trump: immenses mobilisations aux USA et dans d'autres pays, à l'initiative du mouvement des femmes; espoir et confiance pour la suite des combats, contre le racisme, le  sexisme et le nationalisme. 
A New-York où les manifestantes  étaient particulièrement nombreuses et déterminées, c'est un mot d'ordre ambitieux qui éclatait:  Trump dégage! : Heyhey Hoho Donald Trump has got to go

A l'inverse, les dirigeants de l'extrême-droite européenne, réunis à Coblence en Allemagne, se congratulaient après la victoire de leur héraut US, qui suit leur succès de la campagne raciste du Brexit
Dans cette ville symbole de la réaction, où s'installèrent les aristocrates combattant la Révolution française, ils communient dans la haine et l'insulte, notamment contre l'accueil des réfugiés en Allemagne.
La mobilisation mondiale contre Trump et sa politique montrent la voie d'une autre solidarité internationale, celle de la fraternité et de l'opposition résolue aux régressions qu'ils veulent nous imposer.

MEMORIAL 98 

Actualisation du 14 novembre 
Steve Bannon, suprémaciste blanc, raciste et antisémite, nommé conseiller spécial de Trump 

Donald Trump a annoncé dimanche soir la nomination de son directeur de campagne, Stephen Bannon, au poste de conseiller spécial et de directeur de la stratégie au sein de la nouvelle équipe présidentielle. C’est la première fois qu’un personnage aussi extrémiste sera à ce point  proche du bureau présidentiel.
Le poste de conseiller spécial est un des plus importants auprès du président des Etats-Unis. Deux personnes, seulement, ont traditionnellement un accès illimité au Bureau Ovale : le "chief of staff" (directeur de cabinet), qui est à la fois le chef de l’administration présidentielle et l’équivalent d'un Premier ministre et ce conseiller spécial.
Bannon est l’ancien patron de l’agence de presse "Breitbart News" l’un des médias les plus extrémistes, racistes, antisémites, xénophobes et homophobes du pays. Il représente le courant ultra-réactionnaire dénommé alt-right (droite alternative) proche des suprémacistes blancs.
Il s'en est servi comme d'une rampe de lancement parce qu’il avait compris que ces ressorts extrémistes pouvaient servir de plateforme politique pour un candidat à la Maison-Blanche. 
Mais il se trouve aussi que lui-même, comme en témoignent ses proches, est un adepte de ces positions.
Ainsi son ex-femme, Mary Louise Piccard, a témoigné devant un tribunal sous serment et a déclaré que Bannon  s'était opposé, à la scolarisation de leurs filles dans un établissement d'élite à Los Angeles car "il ne voulait pas que les filles aillent en cours avec des Juifs" car " il n'aimait pas les Juifs et qu'il n'aimait pas la façon dont ils élèvent leurs enfants".
Cette nomination provoque un choc supplémentaire, notamment dans la population juive. On voit en effet  réapparaitre au grand jour le spectre d'un antisémitisme déjà présent tout au long de la campagne (voir ci-dessous) .  

Memorial 98

Actualisation du 12 Novembre  2016

Trump président: c'est une amère défaite.

L'élection d'un candidat raciste, sexiste, antisémite complotiste, démagogue fascisant soutenu par l'extrême-droite dans le monde entier, représente un coup sévère

Nous pensons aux conséquences négatives pour la population des USA, notamment les femmes, les Afro-américains qui vont subir encore plus de violences, les immigrés et tant d'autres...

Les forces racistes se trouvent encouragées, comme le symbolise la satisfaction du Ku Klux Klan et des néo-nazis, qui ont fait campagne pour lui. 

D'ores et déjà les actes et paroles racistes sont en forte augmentation aux USA, comme lors du Brexit  en Grande-Bretagne

Ici, ce sont sans surprise les  Le Pen et le FN qui exultent ainsi que les "Trumpistes" de la droite, dont Sarkozy et le président des LR, Laurent Wauquiez

Bien d'autres vont maintenant trouver des vertus au prétendu "candidat du peuple", comme lors du Brexit. Il s'agit en effet d'un mécanisme semblable: des millions de votes se sont portés sur voté sur un milliardaire raciste parce qu'il a promis de taper sur les Noirs, les Latinos, les musulmans, les immigrés. Parce qu'il a promis des armes, des morts, le pouvoir d'opprimer en toute liberté.

Et il serait temps de comprendre qu'à force de répéter que finalement l'extrême-droite représenterait  un vote de résistance à l'injustice sociale, on encourage ceux qui savent très bien ce qu'ils font.
La vague de manifestations anti-Trump qui a débuté dès le lendemain aux USA de l'élection montre une volonté de s'opposer aux mauvais coups que préparent déjà Trump et ceux qui le soutiennent.  

Memorial 98


Actualisation du 11 septembre  2016 

 En ce 15e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, il  faut rappeler que Trump flirte en permanence avec les théories complotistes. Il a ainsi affirmé que s'il était élu, il donnerait les noms de ceux "qui ont vraiment fait tomber le World Trade Center", sous-entendant que l'on ne savait toujours pas qui avait financé les attentats. 
Après le 11 Septembre déjà, il avait assuré avoir vu à la télé des "milliers et des milliers" de musulmans qui célébraient à Jersey City la chute des tours. Cette rumeur mensongère est diffusée par l'extrême-droite  Personne n'a évidemment retrouvé de trace de l'événement.
Trump a participé le 2 décembre dernier à l'émission du complotiste le plus connu des USA, Alex Jones, véritable businessman de la désinformation. 

MEMORIAL 98
 
Actualisation du 11 aout:

Les nouvelles attaques de Trump se situent clairement dans le domaine de l'appel au meurtre. Cela a débuté  par un  discours en Caroline du Sud, dans lequel il agite la perspective d'un contrôle des armes à feu en cas de victoire démocrate.  
Il évoque alors comme seul moyen de protestation le deuxième amendement de la Constitution américaine qui garantit aux Américains le droit de porter une arme. Ces propos sont perçus à juste titre comme un appel à la violence contre Hillary Clinton. La plus grande organisation du lobby des armes à feu aux États-Unis, la  National Rifle Association (NRA), a appelé dès le 20 mai  à voter pour Trump (voir ci-dessous) 
Deux jours plus tard le candidat républicain affirme que « Barack Obama est le fondateur de l’organisation État islamique (Daech) », et que Hillary Clinton en est la « cofondatrice ».
Il s'agit d'un nouvel appel à la violence, dans un pays dont plusieurs présidents ont été assassinés, dont Abraham Lincoln tué par un esclavagiste et John Kennedy. 
Memorial 98

Actualisation du 21 juillet:

A la convention républicaine de Cleveland, le britannique Nigel Farage, prétendument "retiré de la politique", est présent afin de soutenir Trump, dont la campagne raciste converge avec celle qu'il a lui-même mené en faveur du Brexit .
Le dirigeant xénophobe néerlandais Geert Wilders (allié du Front National)  est également présent et se félicite de ses convergences avec Trump.
Une internationale raciste s'organise ainsi ouvertement.

Memorial 98


Actualisation du 18 juillet: 

La Convention du parti républicain s'ouvre à Cleveland et va désigner un duo ultra-réactionnaire: Trump lui-même dont la campagne a constitué en un déluge de racisme et d'antisémitisme et le candidat vice-président connu pour ses actions et déclarations contre les droits des femmes, notamment à l'IVG et contre les droits des LGBT. Dans l'état de l'Indiana dont il est le gouverneur, il a mis en place des législations restrictives dans ces domaines.

Nous soutenons les manifestant.e.s de Cleveland qui protestent contre ces désignations. 

Memorial 98

Actualisation du 7 juillet: 


Le 5 juillet à Raleigh, en Caroline du Nord, Trump a salué Saddam Hussein.
Selon lui, Saddam Hussein « était un mauvais type, réellement mauvais. Mais savez-vous ce qu’il a fait de bien ? Il a tué des terroristes. Il le faisait si bien », a déclaré. « Ils ne leur lisaient pas leurs droits. Ils ne leur parlaient pas. C’étaient des terroristes, c’était fini », a-t-il ajouté.
Il faut rappeler, et cela vaut aussi pour tous les nostalgiques des dictateurs arabes, très organisés et actifs notamment sur les réseaux sociaux, que le principal exploit "antiterroriste" de Saddam a consisté à massacrer les Kurdes insurgés. Ainsi son massacre le plus connu a frappé la ville kurde de Halabja en Irak. Il s'est déroulé du 16 au 19 mars 1988, durant la guerre Iran-Irak. 
Environ 5 000 Kurdes y périrent dans des attaques chimiques de gaz largués par les avions  de l’armée irakienne.
Cette attaque faisait partie de l'opération "ANFAL" qui provoqua la mort de 182 000 personnes et la destruction de plus de 90 % des villages kurdes.
Le 26 mai 1987, le général Ali Hassan Al Majid dit « Ali le chimique » déclara devant les responsables du parti unique Baas :
« Dès que nous aurons terminé les déportations, nous commencerons à les attaquer [les combattants kurdes] de partout. (...) Nous les encerclerons alors en petites poches et les attaquerons avec des armes chimiques. Je ne les attaquerai pas avec des armes chimiques juste un jour, je continuerai de les attaquer pendant quinze jours »
Faibles réactions internationales
Le 26 mai 1987, Ali Hassan Al Majid proclamait : « Je vais les tuer tous avec des armes chimiques ! Qui va dire quelque chose ? La communauté internationale ? Qu'elle aille se faire foutre ! (...)».
Le massacre de Halabja ne souleva en effet guère de protestations de la communauté internationale. 
Perçu à l'époque comme un rempart contre le régime iranien, l'Irak de Saddam était soutenu par les pays occidentaux, l'Union soviétique et de nombreux régimes arabes.
Après l'attaque au gaz, la France se contenta ainsi d’un communiqué condamnant l’« usage d’armes chimiques où que ce soit ».

Deux cent mille soldats irakiens ont été affectés à cette campagne de génocide qui a eu recours à des offensives terrestres, des bombardements aériens, des destructions systématiques de zones d'habitation civile, des déportations massives, la mise en place de camps de concentration, des exécution sommaires. Le 23 décembre 2005, le gazage des Kurdes est pour la première fois qualifié officiellement de génocide par le tribunal de la Cour internationale  de La Haye. 

Memorial 98



Actualisation du 3 juillet 

Nouvelle attaque antisémite de Trump:

son compte officiel publie un montage accusant sa rivale démocrate Hillary Clinton d'être corrompue et comportant une étoile juive ( ci-dessous).

L'étoile, superposée à un tas de billets de 100 dollars, porte l'inscription "Most Corrupt Candidate Ever !" ("La candidate la plus corrompue de tous les temps !").

Le tweet a été ensuite supprimé et remplacé par une nouvelle image où le slogan contre Hillary Clinton figure sur un rond rouge et non plus sur l'étoile controversée. Quelques jours après avoir prétendu atténuer ses attaques racistes (voir ci-dessous), Trump renoue donc avec les propos racistes et antisémites qui ont marqué toute sa campagne



 

  Ce montage antisémite de Trump est issu d'un site néo-nazi et suprémaciste blanc; il y a été produit le 22 juin dernier. Les néo-nazis américains soutiennent massivement la campagne de Trump, comme indiqué ci-dessous dans notre article.

Memorial 98

 

Actualisation  28 juin: 

Trump, en baisse dans les sondages, est contraint de reculer sur certaines des ses déclarations les plus racistes. 

Il a ainsi déclaré renoncer à son projet d’interdire l’entrée du territoire américain aux musulmans.  
Le candidat républicain présumé avait suggéré une « fermeture totale » des frontières américaines aux musulmans au lendemain de la tuerie de San Bernardino (Californie), décembre 2015. Après le massacre d’Orlando, le 12 juin, Trump avait encore durci sa position antimusulmane et proposé de suspendre l’immigration « issue de zones du monde qui ont un passé démontré de terrorisme contre les Etats-Unis ». Le candidat avait alors estimé que les USA devaient davantage recourir aux contrôles au faciès.
Le revirement opéré ce week-end par Trump fait suite à son recul dans les enquêtes d’opinion.

Selon ces sondages, environ deux Américains sur trois pensent qu'il n’est pas qualifié pour conduire le pays. Ils estiment que ses déclarations sur les femmes, les minorités et les musulmans montrent qu’il a « des préjugés ». Ils perçoivent également comme racistes ses attaques contre le juge fédéral Gonzalo Curiel dont il avait évoqué les "origines mexicaines" afin de le stigmatiser alors qu'il est charge du procès lié à des allégations de fraude à l’encontre de la Trump University. Cette affaire, peu connue hors des USA, révolte particulièrement les personnes d'origine latino-américaine.  Les propos de Trump sont en effet révélateurs de son racisme sans fard : 

« Il (le juge) est fier de son héritage. C’est un Mexicain. Nous sommes en train de construire un mur entre ici et le Mexique. La conséquence, c’est qu’il rend des jugements très injustes, des jugements auxquels on ne peut même pas croire. Cette affaire aurait dû se terminer il y a des années. »

Actualisation 26 juin:

Félicitations aux manifestant.e.s écossais contre Trump:

La visite de Trump dans un de ses golfs sur la côte est de l’Écosse a été perturbée samedi 25 juin par des manifestants qui ont brandi des pancartes « Trump aime la haine » et ont envahi le parcours.
Les manifestants se sont postés sur une colline surplombant le Trump International Golf Links. L’équipe du milliardaire américain a alors tenté d’éloigner les journalistes, les manifestants chantant et exhibant des drapeaux gay arc-en-ciel, de même que des drapeaux mexicains, pour dénoncer le projet du milliardaire américain de construire un mur à la frontière avec le Mexique pour lutter contre l’immigration. Trump se félicite évidemment du Brexit britannique et de sa tonalité anti-immigrés.


 


Actualisation 20 juin:

Trump persiste et escalade: il a affirmé, dimanche 19 juin, que les USA  devraient réfléchir à des mesures de "profilage des musulmans" afin de lutter contre les attaques d'inspiration jihadiste.


Actualisation 13 juin

Trump le vautour:

Au lendemain de l'attaque d'Orlando, Trump se déchaine contre Obama et l'accuse d'être complice de l'attentat. 
Plus globalement, il accuse les musulmans présents aux USA de ne pas coopérer avec les autorités pour dénoncer les suspects comme Omar Mateen, qui a abattu 49 personnes dans un club gay. Alors que Hillary Clinton  a relancé le débat sur la facilité d'accès des armes à feu aux États-Unis, Trump s'en est pris à nouveau aux musulmans  aux États-Unis et à l'étranger, comme il l'avait fait après les attentats de Paris et de San Bernardino l'an dernier. "Nous avons besoin de centres de renseignements, car les gens dans les communautés où ces gens habitent, ils savent qu'il y a quelque chose de bizarre", a affirmé Trump dans une interview  sur CNN. "Mais ils n'appellent pas la police, ils ne dénoncent pas au FBI (...) " "Il y a des milliers de gens qui vivent aux États-Unis et qui ont la même haine dans leur cœur que lui, et nous devons savoir qui ils sont", a-t-il indiqué.
Trump a également répété son appel à interdire l'entrée aux États-Unis aux "personnes venant de Syrie et de régions du monde avec cette philosophie si haineuse et horrible", sur ABC, éludant la naissance américaine d'Omar Mateen. Au passage, il a estimé que si les personnes avaient été armées sur la piste du Pulse, la boîte de nuit ciblée ce week-end, "nous n'aurions pas eu cette tragédie-là".

Nous avions déjà mentionné ci-dessous les liens puissants de Trump avec le lobby des armes à feu. 

Il est aussi lié à des regroupements homophobes structurés et animés par le droite radicale au sein du parti républicain. Il s'agit notamment de groupes tels que Road to the Majority. Le 21 juin prochain, Trump a prévu de rencontrer une importante brochette de groupes de pression homophobes.

Notons aussi que l'extrême-droite aux USA et en Europe se réjouit des attentats dont elle considère qu'ils apportent de l'eau à ses thèses racistes et islamophobes. Ainsi Marion Maréchal Le Pen avait déclaré le 3 avril dernier en évaluant les possibilités de victoire du FN : " « Nous ne sommes pas résignés, même si la marche paraît haute. Imaginons que la crise migratoire s’accélère, qu’il y ait de nouveaux attentats, que Juppé gagne la primaire : il est possible qu’une partie de la droite se détache ... »
   
Memorial 98


Actualisation du 21 mai:


La plus grande organisation du lobby des armes à feu aux États-Unis, la  National Rifle Association (NRA), a appelé le 20 mai  à voter pour Trump, 
«Nous devons nous rassembler, et nous devons nous rassembler dès maintenant», a déclaré Chris Cox, le directeur du bras politique de l'organisation, lors de sa convention annuelle à Louisville.
 «Au nom des milliers de patriotes présents dans cette salle, des cinq millions de membres de la NRA, et des dizaines de millions qui nous soutiennent, j'annonce officiellement le ralliement de la NRA à Donald Trump pour la présidentielle».

L'appui de la NRA en faveur d'un républicain n'est pas une surprise mais en 2008 (John McCain) et 2012 (Mitt Romney), elle n'avait officialisé ce soutien qu'au mois d'octobre, quelques semaines avant l'élection présidentielle. Cette fois-ci elle se range aux côtés de Trump avant même la convention du parti républicain. Toute la droite radicale et l'extrême-droite est ainsi en campagne.

Memorial 98


Actualisation  5 mai:

Trump est maintenant seul en lice pour son parti, après le retrait des autres candidats (dont l'un, Ted Cruz, ne valait guère mieux que lui)
Les "suprématistes blancs" et autres fascistes se réjouissent bruyamment.  Ainsi David Duke, ancien dirigeant "Grand Dragon" du  Ku Klux Klan, raciste et antisémite enragé (voir ci-dessous  dans l'article)  se félicite que Trump ait réussi à contrecarrer  "les suprématistes juifs qui dirigent notre pays". D'autres dirigeants néo-nazis acclament "l’empereur Trump"


Actualisation 2 mai:

Plusieurs centaines de travailleurs mexicains ont manifesté à Los Angeles le 1er mai , contre le racisme, pour les droits sociaux, contre le programme xénophobe de Trump



                                          Des ponts et pas des murailles!

Actualisation 1er mai:

Les supporters antisémites de Trump harcèlent une journaliste qui a enquêté sur l'entourage du candidat. Julia Ioffe a publié un portrait de Melania Trump, son épouse.  Les soutiens du candidat républicain ont trouvé le papier trop critique, et pour exprimer leur colère contre la journaliste, ils se sont concentrés sur le fait qu'elle est juive.
Moins de 24 heures après la publication du papier, Julia Ioffe a reçu un déluge d'insultes antisémites, souvent très violentes.
Les trolls pro-Trump ont posté des images manipulées de la journaliste dans lesquelles elle porte l'étoile jaune et un uniforme de camp de concentration avec la légende «Julia Ioffe au camp Trump». Elle a également reçu plusieurs coups de téléphone anonymes dans lesquels un interlocuteur mystérieux diffuse des enregistrements de discours d'Hitler.
Sur Twitter, les fans de Trump  utilisent des images antisémites des années 1930 et des références à la Shoah.  
Trump est  soutenu par les mouvements les plus racistes, y compris les néo-nazis, comme nous l'indiquons ci-dessous.

Memorial 98

Actualisation 30 mars:

Trump veut "punir" les femmes qui avortent.
"Il doit y avoir une certaine forme de punition", a-t-il déclaré sur la chaîne MSNBC,. Il a aussi affirmé qu'il fallait "interdire" l'avortement, qui a été légalisé aux Etats-Unis par une décision historique de la Cour suprême en 1973

Actualisation 29 Mars


Corey Lewandowski, directeur de campagne de Trump, vient d’être inculpé pour coups et blessures sur Michelle Fields, une ex-journaliste du site d’information Breitbart, a fait savoir la police de Jupiter, en Floride.
Il a été inculpé d’avoir intentionnellement contusionné le bras de Mme Fields, lors d’un meeting de campagne de Trump le 8 mars. Depuis le début de sa campagne, Donald Trump s’en prend à la presse et plus particulièrement aux femmes journalistes . Il incite ses partisans à huer les représentants des médias. Lui-même attaque depuis des mois la journaliste de Fox News Megyn Kelly, mettant en doute ses qualités de journaliste, faisant des allusions à peine voilées à ses règles, ou affirmant carrément dans des tweets à répétition que c’est une « folle ».
Ces insultes sont devenues à ce point pressantes que Fox News s’est fendu d’un communiqué cinglant reprochant à Donald Trump « son obsession maladive » pour la journaliste.

Actualisation 16 mars:

Trump menace d'émeutes. Donald Trump a prédit des «émeutes» si le parti républicain devait décider de ne pas l’investir pour affronter le candidat démocrate dans la course à la Maison Blanche, parce qu’il n’aurait pas la majorité requise de délégués. «Je représente un nombre énorme... des millions de gens», a-t-il déclaré.

 

Face à la campagne xénophobe, raciste, sexiste , conspirationniste et  antisémite de Trump, des milliers de personnes ont réagi à Chicago le vendredi 11 mars. Devant la détermination de la foule de manifestantEs, le démagogue fascisant a été contraint d'annuler son meeting. On ne peut que féliciter ces valeureux/ses qui ont réussi à perturber la machine médiatique de Trump. Ils s'inscrivent dans une tradition de lutte contre la tolérance à l'égard des discours de haine qui tracent la voie vers des violences meurtrières

Dans le contexte des nombreux crimes racistes commis par des policiers contre des jeunes Afro-américains, la présence massive de militants de la campagne ‪#‎BlackLivesMatters‬, ainsi que de nombreux jeunes Hispano-américains représente un espoir.

Trump s'est ainsi vu rendre la monnaie de sa pièce, lui qui appelle sans cesse à la violence contre ceux et celles qui protestent face à sa campagne: le 1er février dernier il  enjoint ses partisans à «cogner», promettant de payer leurs frais d’avocat. Le 23 février, il a déclaré qu’il aimerait «donner un coup de poing dans la figure» d’un perturbateur. «Quand on manifeste il n’y a plus de conséquences, avant il y avait des conséquences», a redit Trump à St. Louis, en disant qu’il fallait que le pays «se durcisse».
«Honnêtement, c’est plus amusant que d’écouter un discours, n’est-ce pas?» a-t-il aussi dit, alors que la police procédait à des arrestations d'opposants.

Sa campagne à débuté le 16 juin 2015; lors de son annonce il s'en est immédiatement pris aux immigrés en ces termes: "Quand le Mexique nous envoie ses gens, ils n’envoient pas les meilleurs éléments. Ils envoient ceux qui posent problème. Ils apportent avec eux la drogue. Ils apportent le crime. Ce sont des violeurs." Le ton est donné. "Je vais construire un grand mur sur notre frontière sud, et le Mexique paiera pour le construire. Prenez-en bien note."
Puis le  milliardaire d'extrême-droite s'en est violemment pris aux musulmans qu'il veut interdire d'accès aux USA, aux réfugiés, aux sans-papiers, aux femmes, aux handicapés etc...


Le 3 décembre dernier il tient des propos antisémites devant une assemblée de membres juifs du parti républicain, déclarant notamment: « Je ne veux pas de votre argent donc vous ne me soutiendrez certainement pas».  Il est à noter que plusieurs organisations juives des États-Unis ont très vivement condamné les propos anti-musulmans de Trump.
Trump est d'ailleurs soutenu par les mouvements les plus racistes et "suprématistes blancs" y compris les néo-nazis. 
David Duke, ancien dirigeant "Grand Dragon"  du mouvement violent  Ku Klux Klan, raciste et antisémite enragé,  a apporté un appui enthousiaste à  Trump.  Interrogé sur ce soutien embarrassant, ce dernier a esquivé : « Je ne connais rien de David Duke, je ne connais pas ce groupe (le KKK). Vous ne voudriez pas que je condamne un groupe dont je ne connais rien».
Dans une autre  provocation nauséabonde, Trump a  repris sur Twitter une citation typiquement fasciste  de Mussolini: « Il vaut mieux vivre un jour comme un lion que 100 ans comme un mouton ».
Interrogé à ce sujet, il a répondu, «c'est une très bonne citation, très intéressante. Qu'est-ce que ça change, que ce soit Mussolini ou quelqu'un d'autre ?». 
Trump est aussi soutenu par Louis Farrakhan  dirigeant antisémite de la Nation of Islam, qui voit en lui un opposant au "lobby juif". 
Les supporters de Trump se sentent encouragés dans leur actions racistes violentes: ainsi un homme vient de tuer trois de ses voisins "parce qu'ils ne parlaient pas anglais". Il reprenait ainsi une des attaques de Trump contre les Latinos, reprises en boucle dans ses discours enragés. Ainsi aussi ce salut hitlérien repéré dans un des meetings de Trump.

Dans le monde entier, Trump jouit de l'appui des courants les plus réactionnaires et des fascistes qui le prennent comme modèle. En Allemagne  le parti d'extrême-droite AfD, qui vient de remporter une victoire électorale, l'imite largement et se retrouve à ses côtés dans la convergence avec Poutine. 
En France, on retrouve sans surprise ses supporters au sein du Front National. 

Des dirigeants "Les Républicains" se déclarent eux aussi aussi fans. C'est le cas de Sarkozy qui évoque à son sujet un "candidat du peuple". Son porte-parole Hortefeux, héraut de la xénophobie décomplexée, en tire même une inspiration pour la primaire en indiquant: « Cela montre qu’on ne gagne pas au centre, avec une campagne aseptisée, mais en clivant ». Le fascistoïde Laurent Wauquiez reprend la même veine en se félicitant de ses propos sur l’immigration. « Trump a une parole très directe et aborde des thèmes qui étaient jusque-là tabouisés »

Le tableau serait incomplet sans l'apport du maître du Kremlin. Trump et Poutine ne cessent de s'envoyer des fleurs et de se congratuler sur leur "puissance "respective. Ils méprisent pareillement les droits humains et la démocratie.

Trump représente un immense danger que les manifestantEs de Chicago ont très bien fait de dénoncer.