jeudi 24 mars 2016

Génocide de Srebrenica: Karadzic enfin condamné.






                                               Charnier à Srebenica


Actualisation du 18 août:
 

Les ultra-nationalistes du parti radical serbe ont organisé le 16 août à Belgrade une manifestation de soutien à Trump.

Le chef du parti radical serbe Seselj, récemment acquitté par le Tribunal international en raison d'un manque de preuves (voir ci-dessous), a violemment dénoncé le vice-président US Biden et appelé à voter pour le candidat républicain.


L'extrême-droite serbe qui a mis en place la "purification ethnique" est très liée à Poutine et fait partie de l'Internationale xénophobe qui se met en place autour de la candidature Trump


Memorial 98  
 



Actualisation du 11 juillet: recueillement et négationnisme maintenu.

Des milliers de personnes ont rendu hommage lundi 11 juillet à Srebrenica (voir ici) aux victimes et particulièrement aux 127 personnes dont les restes y ont été enfin inhumés à l'occasion du 21e anniversaire du génocide.
En tout  8.372 hommes et adolescents ont été assassinés en quelques jours et jetés dans 77 fosses communes, Plus de mille corps sont encore recherchés, selon l'Institut bosnien pour les personnes disparues. Plus de 6.400 victimes sont enterrées à Srebrenica et 230 ailleurs.

Le même jour Milorad Dodik, chef de la Republika Srpska, l'entité serbe de Bosnie, a de nouveau nié ce génocide : "Je vous le dis, nous ne reconnaîtrons pas le génocide. Le génocide n'a pas eu lieu", a-t-il déclaré.

Actualisation 30 juin: nouvelle décision de justice

Le Tribunal spécial pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) a confirmé le 30 juin la peine de 22 ans de détention prononcée contre deux anciens hauts responsables des Serbes de Bosnie pour leur rôle dans les massacres en Bosnie entre 1992 et 1995.
 

Proches de leur chef politique Radovan Karadzic, l'ex-ministre de l'Intérieur des Serbes de Bosnie Mico Stanisic, 62 ans, et son ancien subordonné Stojan Zupljanin, 64 ans, ont déjà été reconnus coupables en 2013 de crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

Ils avaient  interjeté appel de la condamnation prononcée au terme du procès en première instance, durant lequel ils avaient plaidé non coupable.

Le procureur, qui avait également fait appel, soutenait que la gravité des crimes commis mérite une peine plus élevée.

Tous deux étaient accusés d'avoir ordonné le déploiement de forces de sécurité qui ont participé, avec l'armée des Serbes de Bosnie, à des atrocités, exécutions, viols et tortures contre des Musulmans et des Croates dans des municipalités ou centres de détention à travers le pays (voir ci-dessous)

En tant que ministre de l'Intérieur, Mico Stanisic avait autorité sur l'ensemble des forces de sécurité serbes de Bosnie. Son subordonné était le plus haut responsable de la police dans la région de la Krajina bosnienne, au nord-ouest de la Bosnie, avant de devenir conseiller de Radovan Karadzic.


Après tant d'années, la justice commence à se faire jour.

Memorial 98

Actualisation 31 Mars: 

Les juges du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) ont décidé jeudi 31 mars d’acquitter l'ultranationaliste serbe Vojislav Seselj, accusé de crimes contre l'humanité, par manque de preuves. 

Les autorités croates et les familles de victimes de la guerre ont immédiatement critiqué le verdict, tandis que l’acquitté se réjouit bruyamment



Actualisation 29 mars

Florence Hartmann vient d'être enfin libérée. C'est le résultat de la mobilisation internationale en sa faveur. Honte à ceux qui l'ont emprisonnée, alors qu'elle a toujours combattu aux côtés des victimes des crimes contre l'humanité  et du génocide en Bosnie.


Actualisation 26 mars:

Alors même que le tribunal de La Haye rendait un verdict important contre Radovan Karadzic la journaliste Florence Hartmann spécialiste de la région, a été arrêtée rudement en dehors du tribunal par les gardes du TPIY, pendant qu’elle attendait le verdict du procès de Karadzic avec les familles concernées
La journaliste milite en effet pour la justice et la reconnaissance des droits des familles qui ont subi les massacres ordonnés par Karadzic.
Elle a alors été emmenée à Scheveningen au sein de la prison « United Nation Detention Unit » dans le quartier des criminels de guerre qu’elle a inlassablement dénoncés.

  Elle a été condamnée, en tant que journaliste, pour avoir dénoncé un accord afin de ne pas incriminer l'état  de Serbie d’acte de génocide, empêchant ainsi les familles de victimes d’obtenir réparation.
Contrairement à certaines idées reçues, elle n’a jamais été jugée en tant qu’ex-employée du TPIY. De plus, dans cette affaire sans fondement juridique valable, le tribunal était la fois la juge et partie. Memorial 98 soutient depuis 2009 le combat de Florence Hartmann lui réaffirme son entier appui  et appelle à signer et diffuser la pétition internationale en sa faveur


Memorial 98

Il s'agit d'un événement historique dans la lutte contre les génocides et  les crimes contre l'Humanité, qui survient trois jours après la condamnation par la Cour Pénale internationale d'un autre auteur de crimes contre l'humanité.
Plus de vingt ans après le massacre génocidaire de Srebrenica et le siège sanglant de Sarajevo, l’ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, a été jugé, jeudi 24 mars, « pénalement responsable » du génocide à Srebrenica par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) de La Haye et condamné à quarante ans de prison.

Le 11 juillet 1995, alors que les milices serbes de Bosnie approchent de l'enclave de Srebrenica, des dizaines de milliers de civils musulmans prennent la route de Potocari, à 8 kilomètres de distance de la ville. C'est là qu'est basé le quartier général du bataillon néerlandais de soldats de la Force de protection des Nations unies (Forpronu). Quatre cent cinquante casques bleus y sont chargés d'assurer la protection des quelque 40 000 habitants de Srebrenica, en majorité des Musulmans .
Quand les miliciens serbes de Bosnie commencent à séparer les hommes des femmes, les "Casques bleus" le voient et laissent faire. Les hommes sont entassés dans des cars et seront exécutés. 8.000 hommes sont tués et jetés dans les fosses communes par les forces serbes. Ce massacre a été, à juste titre, qualifié de génocide par la Cour Internationale de Justice et par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY). L'ordre écrit donné en amont plusieurs mois en avance, puis sa réalisation par le tri et la séparation des hommes ainsi que leur extermination massive, "industrielle", portent les caractères du génocide. Srebrenica constitue le dernier génocide du vingtième siècle qui en connut tant.

 Karadzic a aussi été déclaré responsable, « en tant qu’individu », de plusieurs accusations de crimes commis pendant la guerre en Bosnie : prise d’otages, meurtres et persécutions.
 Radovan Karadzic était  inculpé de onze chefs d’accusation pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis pendant la guerre en Bosnie, qui a fait plus de 100 000 morts et 2,2 millions de déplacés entre 1992 et 1995. Il est le plus haut responsable à être jugé par le tribunal pour des crimes  commis pendant cette guerre, après la mort en 2006 de l’ancien président serbe Slobodan Milosevic au cours de son procès.


Les juges du TPIY ne l'ont pas condamné en revanche, par manque de preuves formelles, pour deux autres accusations de génocide, dans sept municipalités de Bosnie hors Srebrenica: « La chambre n’a pas été capable, sur la base des preuves présentées, d’identifier une intention  de génocide de la part de l’accusé (dans ces cas-là)"

Concernant Srebrenica et le massacre de 8000 Musulmans en juillet 1995, la preuve formelle existe puisque dès le mois de mars 1995, Radovan Karadzic signait un ordre à l'intention du chef militaire Mladic. 
C'est la fameuse "directive n° 7", qui ordonne aux soldats bosno-serbes de « créer une situation insupportable d’insécurité totale sans aucun espoir de survie ou de vie pour les habitants de Srebrenica ». 

Le génocide de Srebrenica est encore mal connu et reconnu, notamment en Serbie où la pression négationniste est forte. Le parallèle avec la position de l’État turc à l'égard du génocide arménien est frappante : les autorités serbes font des déclarations de contrition et de regret, reconnaissant des crimes, mais s'arc-boutent pour nier qu'il y ait eu un génocide planifié et commis par les milices serbes. Du coup, la population   est encouragée dans sa position de déni, comme c'est aussi le cas pour une grande partie de la population turque. Une réconciliation ne peut avoir lieu sans que soit reconnu le caractère génocidaire, exterminateur du massacre et la compréhension du processus d'"épuration ethnique" mis en œuvre à l'égard des musulmans bosniaques et qui a fini par culminer dans le génocide. 
De ce point de vue on en est encore  loin du compte, malgré les efforts de valeureux militant.e.s serbes qui œuvrent pour la reconnaissance du génocide 
Ceux qui font profession d'attiser la haine contre les musulmans se placent du côté de Karadzic, comme avant lui de Milosevic . C'est le cas notamment de l'extrême-droite qui dans le monde entier a toujours soutenu le nationalisme serbe et sa violence exterminatrice.

On peut aussi le constater dans des réactions aux articles qui font état aujourd'hui de la condamnation de Karadzic. Les deux exemples ci-dessous figurent sur la page FB du journal Le Monde:
 "Giacomo Kasanova brave homme Karadzic, qui a contenu l'invasion musulmane dans son pays. Un visionnaire quand on voit ce qu'il se passe dans les pays européens aujourd'hui. Tout le monde aurait dû suivre son exemple. L'Histoire reconnaîtra son erreur dans quelques années et les musulmans terroristes de Belgique sont la preuve qu'il fallait les éliminer avant qu'ils n'agissent!! 
Aubin de Nessac Une éradication de musulmans est au contraire un sauvetage de l'humanité, un débarras de la Terre de ces illuminés dégénérés qui croient en un dieu imaginaire, un ami avatar !!! L'humanité n'a pas besoin de ça, quand il y a un nid de termites, il faut le détruire pour que la maison ne tombe pas en ruines." 

 Le combat contre les génocides et leur négation doit se poursuivre à chaque instant afin de contribuer à empêcher  la diffusion des idéologies de haine qui permettent de telles horreurs. 

Memorial 98

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