dimanche 14 mai 2017

Argentine: mobilisations contre l'impunité des tortionnaires de la dictature militaire


                              
                                        Immense mobilisation en Argentine


Mise à jour du 2 juin 

L’immense mobilisation contre l’impunité bouleverse les enfants des tortionnaires, qui sortent du silence.
 « C’est un monstre, je le répudie. ».  Celle qui parle en ces termes de son propre père est la fille d’un des plus sordides symboles de la dictature argentine (1976-1983), Miguel Etchecolatz. Aujourd’hui âgé de 88 ans, l’ancien policier est en prison, quatre fois condamné à la réclusion à vie, reconnu coupable de près d’une centaine d’homicides, enlèvements et tortures, commises à l’époque où il était le chef des 21 centres de détention illégale mis en place par le régime militaire dans la province de Buenos Aires.
Depuis le retour de la démocratie, le travail de mémoire avait été porté par les familles des quelque 30 000 disparus, notamment les Mères et les Grands-Mères de la place de Mai. Mais aujourd’hui, c’est au tour des enfants des tortionnaires de faire entendre leur voix.
Mariana D., la fille de Miguel Etchecolatz, a raconté son histoire à une revue numérique argentine « Anfibia ». Dans une longue interview, publiée récemment, elle décrit son enfance aux côtés du tortionnaire, qui signifiait, dit-elle, vivre avec « un être infâme » et « sans scrupule » qui provoquait en elle de la « terreur ». Si elle se présente comme Mariana D., c’est parce qu’elle a obtenu de la justice, en 2016, de pouvoir changer son nom de famille, synonyme, pour elle, « d’horreur, de honte et de douleur ». Elle se dit aujourd’hui « entière, libérée », mais préfère ne pas dévoiler sa nouvelle identité.
A la suite de ce témoignage, et sans la connaître personnellement, d’autres filles de tortionnaires ont osé à leur tour briser le sceau du silence qui pèse sur leurs familles. Elles ont créé une page Facebook, « Histoires de désobéissance, fils et filles de génocidaires pour la mémoire, la vérité et la justice », pour témoigner et partager leur expérience.
« Nous nous sommes réuni.e.s pour (…) prendre position, parce que nous ne nous sentions pas représentés par les voix des familles de tortionnaires qui s’exprimaient jusqu’à présent », expliquent-elles sur la présentation de la page. Les familles des militaires concernés ont, en effet,  toujours soutenu publiquement leurs parents, accusés de crimes contre l’humanité.
« Lutte pour la mémoire, la vérité et la justice »
« Ce dont nous sommes en train d’accoucher nous donne la force de participer à la lutte pour la mémoire, la vérité et la justice », a ainsi posté sur Facebook Liliana Furio, dont le père a été lui aussi condamné à perpétuité.
 « Je ne ressentais pas de la haine, mais de la tristesse, parce que je voulais qu’il change », a confié pour sa part Erika Lederer, fille d’un obstétricien de la maternité clandestine de Campo de Mayo, à Buenos Aires, où sont nés de nombreux enfants d’opposantes éliminées après leur accouchement puis donnés en « adoption » à des militaires, parfois même aux assassins de leurs parents.
Un des principaux détonateurs de ces témoignages a été la sentence rendue le 2 mai par la Cour suprême, ouvrant la voie à une réduction des peines de prison des anciens tortionnaires ( voir ci-dessous). Miguel Etchecolatz, entre autres, avait demandé à en bénéficier. Mais ce verdict avait soulevé une telle indignation que, quarante-huit heures plus tard, le Congrès avait approuvé à l’unanimité une loi pour freiner cette mesure, et des centaines de milliers de citoyens avaient manifesté à Buenos Aires.
Ce jour-là, au milieu de la multitude de manifestant-e-s se trouvait Mariana D.. Elle descendait dans la rue pour la première fois. C’est alors qu’elle a décidé de raconter son histoire. Avec d’autres filles de tortionnaires, elle a aussi décidé de participer, le 3 juin, à la nouvelle manifestation du collectif féministe Ni Una Menos (« Pas une [femme] de moins »), créé en 2015 pour lutter contre les violences sexistes qualifiées en Amérique latine de « féminicide ».
Aujourd’hui psychologue et professeure dans une université privée, Mariana, elle-même victime de la violence de son père, qui frappait ses trois enfants, est convaincue qu’Etchecolatz, auquel sa famille ne rend plus visite depuis plusieurs années, « mérite de mourir en prison ».

La lutte contre l'impunité des tortionnaires et des auteurs de violences contre les femmes nécessite notre solidarité, d'autant que certains des bourreaux sont réfugiés en France ( voir ci-dessous)

MEMORIAL 98







Mobilisation contre l'impunité d'un tortionnaire présumé réfugié en France; soutien de MEMORIaL 98

« LA JUSTICE FRANÇAISE DOIT EXTRADER L’EX-POLICIER ARGENTIN, MARIO SANDOVAL »

Paris, Buenos Aires – Le jeudi 1er juin, la Chambre de l’Instruction de la Cour d’appel de Versailles tiendra audience sur la demande, soumise il y a 5 ans par la République d’Argentine, d’extrader Mario Sandoval. Ancien officier de la police de Buenos Aires, il est poursuivi en Argentine pour crimes contre l’humanité commis durant la dictature (1976-1983). Pour nos organisations, il est temps que Mario Sandoval soit extradé et réponde de ses actes devant la justice argentine.
Cette audience fait suite à l’arrêt de la Cour de Cassation de février 2015 qui était revenue sur l’autorisation d’extradition donnée par la Chambre de l’Instruction de la Cour d’Appel de Paris, en mai 2014.
Mario Sandoval est poursuivi dans le cadre de l’enquête menée par le juge argentin Sergio Torres sur les crimes commis au sein de l’École supérieure de mécanique de la marine (ESMA) de Buenos Aires, le plus grand centre de détention et de torture clandestin, dans lequel plus de 5 000 détenus ont disparu durant la dictature. Mario Sandoval est mis en cause, alors qu’il était agent de la coordination fédérale de la police argentine, dans l’enlèvement et la disparition, en octobre 1976, d’Hernan Abriata, militant de la Jeunesse universitaire péroniste.
Mario Sandoval s’est installé en France en 1985, au retour de la démocratie en Argentine.
La famille Abriata, en particulier la mère d’Hernan, Beatriz, âgée de 90 ans et témoin impuissant de l’enlèvement de son fils par Mario Sandoval et son commando, réclament justice depuis plus de 40 ans.
Nos organisations appellent la Chambre de l’Instruction de la Cour d’Appel de Versailles à suivre l’exemple de la Cour d’Appel de Paris. Elle doit prendre la mesure de l’importance du jugement de Mario Sandoval par la justice argentine dans le cadre de la lutte contre l’impunité que mène ce pays, conformément aux obligations internationales de la France, en matière de poursuites des auteurs de disparition forcées.
Elle doit ainsi faire écho aux propos du Procureur général de la Cour d’Appel de Paris, François Falletti, qui au terme du procès devant la Cour d’Assises de Paris d’anciens responsables de la dictature chilienne, rappelait en 2010 : « Lorsque le sentiment de surpuissance passe par la torture, la dégradation, la négation de l’existence, le message doit être clair. Cela doit donner lieu à des sanctions quel que soit le temps, quel que soit l’espace » .


Audience le 1er juin à 9h00
Cour d’Appel de Versailles,
5 rue Carnot 78 000 Versailles
RER C Gare de Versailles Château / Rive Gauche

Co-signataires :

FIDH -Fédération internationale des ligues des droits de l’homme.
Son organisation membre en France :
LDH -Ligue des Droits de l’Homme
Ses organisations membres en Argentine :
CAJ – Comité de Acción Jurídica
CELS – Centro de Estudios Legales y Sociales
LADH – Liga Argentina por los derechos del hombre
Avec :
ACAT – Action des chrétiens pour l’abolition de la torture
FAL – France Amérique latine,
Assemblée de citoyens argentins en France

MEMORIAL 98

Paris, le 30 mai 2017

Immenses mobilisations contre un projet aboutissant à l'impunité des tortionnaires de la dictature.



Des centaines de milliers d’Argentin.e. s brandissant les symboliques foulards blancs des Mères et grands-mères de la place de Mai ont défilé le 10 mai à Buenos Aires, contre la décision de la Cour suprême d’alléger la peine d’un ancien tortionnaire de la dictature (1976-1983).

« On doit protester pour qu’ils n’osent pas relâcher les auteurs de génocides à nouveau », a ainsi déclaré une participante,  Alba Cervantes,  qui portait autour du cou la photo de son frère disparu le 20 septembre 1977, Miguel « Cacho » Cervantes. Des marches similaires ont eu lieu dans d’autres villes argentines.

Le 3 mai, la Cour Suprême,  plus haute juridiction du pays, avait accepté de raccourcir la peine d’un ex-agent paramilitaire, Luis Muiña, condamné à 13 ans de prison pour enlèvement et torture d’opposants sous le régime militaire. Il avait profité d’une loi connue sous le nom « Deux pour un », en vigueur de 1994 à 2001, permettant de compter comme double chaque jour passé en détention provisoire au moment d’appliquer la peine prononcée en jugement.





La loi visait à réduire la surpopulation carcérale et aucune limite n’était prévue, pouvant ainsi s’appliquer aux délits de droit commun comme aux crimes contre l’humanité. Dans le cas de Luis Muiña, le premier à en bénéficier, il avait passé  de neuf ans en prison avant d’être jugé. Mardi 2 mai, un tribunal fédéral avait  déclaré la loi « inconstitutionnelle » tandis que deux autres anciens bourreaux se sont empressés de demander à bénéficier de la même mesure, provoquant un tollé dans le pays, profondément marqué par cette page  terrible de son histoire.
 En effet  pendant la dictature militaire de 1976 à 1983, 30 000 opposants au régime ont disparu ou ont été tués par les militaires, selon les chiffres des associations de défense des droits de l'homme

Recul de l'impunité

Signe de l’émotion, les députés, puis les sénateurs ont adopté en urgence, dans la journée du 10 mai et à l’unanimité, une loi limitant la portée de la décision de la Cour Suprême. Les auteurs de crimes contre l’humanité ne pourront plus bénéficier de réductions de peines. 

Le combat des "Mères de la place de Mai",

C'est l'occasion aussi de saluer et faire connaître l'extraordinaire combat des "Mères de la place de Mai",  organisation fondée en 1977, en pleine dictature militaire . Ces femmes se rassemblaient tous les jeudis après-midi depuis le 30 avril de cette année, en plein centre de la capitale argentine, afin de réclamer des informations sur leurs enfants et petits-enfants "disparus".

Pendant la dictature argentine. 500 nourrissons ont été volés à leurs parents, selon les associations. Les prisonnières enceintes étaient gardées jusqu'à l'accouchement puis leur bébé leur était enlevé. Et "parfois les enfants de moins d'un an aussi ont été volés »,. Les nourrissons étaient remis à des proches du régime, qui dissimulaient tout de son origine à l'enfant adopté.

Les militaires leur ayant ordonné de « circuler » en raison de l’état de siège qu'ils avaient décrété, les mères et grands-mères  décidèrent de tourner en rond sur la place sur la place de Mai (Plaza de Mayo) en face du palais présidentiel de la Casa Rosada. Elles marchaient pendant une demi-heure, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, remontant ainsi symboliquement le temps et critiquant l’impunité des militaires responsables des massacres et des tortures.
En signe de protestation, les Mères portaient des foulards blancs (symbolisant les langes en tissu de leurs bébés) pour commémorer la disparition de leurs enfants.
Plusieurs des fondatrices ont été assassinées en décembre 1977 par le colonel Astiz, en même temps que des religieuses françaises engagées à leur côté.
Leur travail avait déjà permis d’identifier 97 des 500 enfants enlevés ou nés en détention durant la période militaire et clandestinement adoptés par les familles des militaires, policiers ou de proches du pouvoir.


                              Manifestation des mères et grand-mères sur la place de Mai

La lutte contre l'impunité et pour le retour des disparu(e)s constitue un de nos engagements majeurs, dans le cadre du combat contre le négationnisme.

De Buenos-Aires à Alger, de Mexico à Santiago du Chili, ce combat se poursuit jusqu' à soit retrouvée la trace de ceux et celles qui ont été enlevé(e)s et qu'en soient punis les responsables.

Memorial 98




vendredi 5 mai 2017

Marine Le Pen confirme son fascisme: submergeons la.



La prestation de Marine Le Pen (ici à gauche avec le néo-nazi Chatillon) lors du débat télévisé du 3 mai a montré en direct, devant des millions de personnes, le visage hideux de la violence fasciste.

Il semble que la confrontation à cette agressivité provoque de l’étonnement alors que la parti frontiste baigne depuis toujours dans la violence: l'anniversaire de l'assassinat de Brahim Bouarram par des milices du FN  avait lieu trois jours avant le débat .
En effet le FN a été largement banalisé et dédiabolisé par les médias et les hommes politiques qui ont repris ses thèmes xénophobes, en gardant comme angle de critique à son égard uniquement ses propositions économiques et anti-UE 
Certains commentateurs manifestent leur surprise face à la « faiblesse » voire à la « nullité » de la cheffe du FN .
Une fois de plus ils montrent au mieux leur ignorance et leur incompréhension et au pire leur minimisation de ce que représente le FN .
Ils ont sans cesse relayé les intox du FN  à propos de son prétendu « souverainisme » ils le qualifient de « populiste ». Maintenant Marine Le Pen se révèlerait brusquement « nulle ».

Or la cheffe du FN est une fasciste, héritière d'un courant dont le programme et l’agitation reposent avant tout sur la thématique de « l’envahissement par les métèques ». C’est le cœur permanent de la thématique d’extrême-droite en France. C’est ce que montre le grand historien du fascisme français, Zeev Sternhell dans un texte important.

Certes, Marine Le Pen s’adresse à des couches populaires, dans une mise en scène bien connue dans l’histoire fasciste, et elle  parle donc « social ». 
Mais elle délivre un message qui, enrobé dans une  démagogie dont elle ne croit pas le premier mot, désigne comme responsable de leur misère les « étrangers qui passent avant nous » « les musulmans » » ainsi que le « mondialisme », terme codé pour désigner les Juifs qui dirigeraient le « système ».
La présence massive et le rôle des néo-nazis tels que Frédéric Châtillon, Axel Loustau et Philippe Péninque est apparue au grand jour dans la campagne. Ce groupe d’anciens du GUD dirige la machine financière du FN et pèse d’un poids important. Chatillon était d’ailleurs présent lors du dernier meeting de campagne de MLP en Picardie le 4 mai.

Les nouvelles révélations sur les messages racistes, islamophobes et antisémites de candidat.e.s investies par la FN pour les législatives à venir sont éclairantes. Le cas de Catherine Blein, conseillère régionale de Bretagne et  candidate désignée aux législatives jusqu’à la publication des ses diatribes est significatif : racisme, homophobie, islamophobie omniprésente, antisémitisme, négationnisme

 Pas de « Ni-Ni » pas de « renvoi dos à dos »   

Le ni-ni est défendu par les fractions les plus réactionnaires de la droite, symbolisées par ceux dont le pedigree est éclairant :  Laurent Wauquiez, Eric Ciotti, Nadine Morano, Lionnel Luca
Mais il est aussi toléré, voire encouragé par des responsables de gauche, au nom du renvoi dos a dos Macron et Marine Le Pen. Ceux-ci représenteraient respectivement les deux « extrêmes », selon la formule artificielle et calamiteuse de la « consultation Internet » organisée par la direction de la campagne Mélenchon et qui a  abouti sans surprise à un résultat confus et démobilisateur. Or  Marine Le Pen est une fasciste, à la différence de son adversaire. Dés lors, on ne peut pas les considérer comme équivalents et également dangereux.

 Le risque de l'abstention et du vote blanc

Face à la « contre-performance » de MLP, il y a un risque important d’abstention et de vote blanc,  motivé par l’idée qu’elle a perdu et sera de toute manière battue. Il ne servirait donc à rien de faire baisser son score.
C’est d’ailleurs ce que semblent indiquer les derniers sondages, qui font état d’une abstention importante, notamment à gauche.
Or dans ce cas le score proportionnel de la candidate FN monte automatiquement. C’est inévitable et c’est inacceptable, sauf à valider le message du FN qui serait porteur de la « révolte des Français »  
Le pourcentage relatif du FN doit être le plus faible possible. C’est un enjeu crucial afin de créer un rapport de force face à ce parti ultra-réactionnaire et  face à ceux qui dansent au son de sa musique. 
C'est ce qu'indique le dirigeant de la CGT Philippe Martinez qui est allé au-delà de la position initiale de sa centrale en appelant à voter pour Emmanuel Macron. « Je souhaite que Marine Le Pen fasse le score le plus bas possible, a déclaré le secrétaire général de la CGT. Et que Macron fasse le score le plus haut possible »
Un score au 2e tour de 70 % - 30 % n'équivaut pas à un résultat à 60 % - 40 %. Dans ce dernier cas, il y aurait encore plus de racisme, de discriminations et de violences contre ceux et celles que le FN désigne comme les "intrus" .  
Les dirigeants du FN sont conscients de cet enjeu. Ainsi Marion Maréchal Le Pen vient de déclarer que si Marine Le Pen obtenait plus de 40 % des voix au second tour de la présidentielle, « ce serait déjà une énorme victoire qui nous positionnerait à l’avenir comme la seule véritable opposition crédible ».

Un vote contre l’Internationale du racisme et du fascisme
   Avec Trump et Poutine, par une facho russe

Le vote contre le FN représente aussi une protestation contre les relais et correspondants internationaux de Marine Le Pen : de Bachar El  Assad qu’elle soutient en permanence, à Trump qui vient tout juste de remporter une victoire contre l’amorce d’assurance-maladie de l’Obamacare alors que le FN prétend défendre la Sécurité sociale, à Poutine qui réprime violemment son opposition et en Tchétchénie fait traquer les LGBTQ par son homme de main Kadyrov, à Orban croisé anti-migrants et aux tenants du Brexit dont elle s’est encore revendiquée lors du débat télévisé.
Après les victoires électorales de la droite radicale, il est temps de renverser la vapeur et de les faire reculer.

Un vote antiraciste et antifasciste, sans hésitation


Le 2e tour a lieu à la veille du 8 mai, anniversaire de la défaite du nazisme et de la Libération. On peut y voir un symbole.  Il faut tout faire afin de battre les fascistes du FN, pour réduire leur influence électorale et leurs idées. Il s'agit donc de voter massivement pour Emmanuel Macron, sans aucunement approuver son programme ou ses projets, ni lui donner un quelconque chèque en blanc. C’est le geste que nous ferons et auquel nous vous appelons, tout en poursuivant nos actions de solidarité avec les réfugiés et migrants .

Troisième article dans cette série ; voir les deux précédents, qui abordent plus en détail la permanence de l'antisémitisme et du négationnisme au sein du FN et la violence meurtrière de ses nervis

MEMORIAL 98






 


lundi 1 mai 2017

Contre le FN, qui a assassiné Brahim Bouarram: pas d'abstention !

                                 Tract et visuel diffusés par Memorial 98



La commémoration de la mort de Brahim Bouarram le 1er mai prend cet année un caractère tout à fait particulier.
Elle a lieu a quelques jours du 2e tour de la présidentielle et du risque de succès de ce parti, qui a déjà récolté plus de 7 millions de voix lors du premier tour.

                                         Saïd Bouarram appelle à voter contre le FN  


Dédiabolisation ?

La supercherie de la "dédiabolisation " a récemment subi quelques accrocs, avec la révélation de la persistance d'un antisémitisme ancré au sommet du FN, chez Marine Le Pen et Florian Philippot. 
 Il s'agit aussi du négationnisme antisémite symbolisé notamment par Jean-François Jalkh,  le président qu'ils ont voulu placer en intérim et qu'ils ont du retirer en catastrophe face aux révélations.

La candidature de MLP est aussi soutenue, financée, parrainée par son père, toujours président d'honneur du parti qu'il a fondé et transmis à sa fille, laquelle n'a jamais modifié le nom de cet parti marqué par le fascisme. 

La présence massive et le rôle crucial rôle des néo-nazis tels que Frédéric Châtillon, Axel Loustau et Philippe Péninque apparaît au grand jour. Ce groupe d’anciens du GUD dirige la machine financière du FN et pèse d’un poids important.

Violence omniprésente

L’anniversaire de l'assassinat de Brahim Bouarram rappelle que l'histoire du FN est marquée par le violence raciste de ses membres et des milices qui gravitent autour de lui. 

Le meurtre du jeune Ibrahim Ali à Marseille en 1995  par des nervis frontistes a précédé de quelques semaines seulement celui de Brahim Bouarram.

Depuis les violences n'ont cessé de s'accumuler, comme le recensent nos dossiers . Ces crimes ont été traités avec une grande indulgence par la justice,  notamment dans le cas des assassins de Brahim Bouarram, comme nous le montrons ci-dessous.

Un parti fasciste 

Au delà des travestissements, le FN a été et demeure un parti non seulement ultra-réactionnaire mais également clairement ancré dans la centralité qu'il attribue au racisme, à l'exclusion, symbolisées par la "Préférence nationale" qui équivaut  à une "chasse aux métèques". 
Les mots d'ordre les plus populaires de ses meetings sont "La France aux Français" et  "On est chez nous" .  
Il exploite cyniquement la misère afin d'imposer son programme d'exclusion et de xénophobie. 
C'est un parti inscrit dans la longue chaîne des organisations fascistes qui ont mené aux pires catastrophes et aux génocides, comme le montre sa volonté de lier intimement antisémitisme, négationnisme et racisme anti-immigrés.
 En effet, c’est le souvenir du nazisme et de la collaboration qui explique la difficulté à faire passer  l’orientation de la « préférence nationale ».
 Le FN n'est pas "populiste" ou " souverainiste": c'est le parti de la haine fasciste. Il rassemble autour de lui tout ce que la pays compte de néo-nazis comme Soral et Dieudonné,  de  nostalgiques de l'Algérie Française comme Ménard, de  racistes, d'antisémites, de pétainistes, d'homophobes comme Sens Commun et la "Manif pour tous" . Le soutien de Christine Boutin et de son acolyte Jean-Frédéric Poisson   le symbolise.

Battre le fascisme 

Face à un tel parti et à son programme d'exclusion, il ne saurait y avoir d'hésitation, d'abstention ou de vote blanc. 
Il ne faut pas laisser s’installer progressivement l’idée que l’extrême droite pourrait un jour accéder au pouvoir. De plus, un score au 2e tour de 70 % - 30 % n'équivaut pas à un résultat à 55 % - 45 %. Dans ce dernier cas, il y aurait encore plus de racisme et de discriminations. 

Ce parti fasciste et antisémite doit être battu dans les urnes et dans les têtes. Sa démagogie sociale ne représente qu'une posture et un maquillage de ce qui constitue le cœur de son idéologie raciste et antisémite. Il y a quelques mois en pleine bataille sur la loi Travail, le directeur de campagne de Le Pen,  David Rachline et son acolyte Ravier ont proposé au Sénat des mesures ultra-libérales et défavorables aux syndicats.

Marine Le Pen elle-même ne cesse d'attaquer les syndicats notamment la CGT, qu'elle inclut dans sa dénonciation de "l'oligarchie" en citant " Les syndicalistes, les artistes les journalistes ..." 

Il faut tout faire afin de battre les fascistes du FN, pour réduire leur influence électorale et leurs idées. Il s'agit donc de voter massivement pour Emmanuel Macron, sans aucunement approuver son programme ou ses projets, ni lui donner un quelconque chèque en blanc. 




Memorial 98  

1er Mai 2015: Vingtième anniversaire de l'assassinat
Ce moment de mémoire et de rassemblement anti-fasciste aura lieu au moment même où le Front National défilera à quelques centaines mètres de là. Alors qu'il est secoué par les scandales financiers et des tiraillements internes, le parti frontiste procédera sans doute à une surenchère raciste. Les récentes déclarations de l'UMP Christan Estrosi lui offrent aussi l'opportunité d'une surenchère dans ce sens.

Nous rappelons ici à quel point les assassins de Brahim Bouarram ont été traités avec indulgence par la police et la justice. C'est d'ailleurs le cas habituel pour les auteurs de violences fascistes, comme dans le cas de la mort de Clément Méric. 
Le 1er mai 1995 Brahim Bouarram est jeté à la Seine, en marge d'un défilé du FN, par des militants néo-nazis, dont il sera très vite établi qu'ils avaient des liens habituels avec le parti d'extrême-droite. Plusieurs d'entre eux étaient en effet utilisés régulièrement comme membres du service d'ordre par les responsables du FN de leur département d'origine, la Haute- Marne. 

Moins d'un an après le meurtre, plusieurs des co-accusés sont libérés pendant l'instruction alors en cours. Quatre témoins ont d'abord relaté des faits accablants et concordants démontrant que l'ensemble des néo-nazis cherchait activement une victime en scrutant les berges de la Seine, bien avant de tomber sur Brahim Bouarram. Mais en quelques mois, ces quatre personnes se sont toutes rétractées, notamment une jeune femme qui apparaît muette et terrorisée au cours des audiences. Le juge, pourtant, ne tient aucun compte du caractère troublant de ces rétractations tardives générales, et relâche les co-accusés. L'un des présents à la ratonnade a d'ailleurs été relâché bien avant, comme si la possibilité de pression sur les témoins n'avait aucune importance

Par ailleurs, le responsable du service d’ordre central du FN ( nommé DPS) comme celui du FN de la Haute Marne ne seront jamais inquiétés. Ils avaient pourtant attendu une semaine avant de donner l'identité des accusés à la police et s’étaient auparavant rendus au domicile de ces derniers, ce qui leur a laissé tout le temps pour se débarrasser d'éléments compromettants et élaborer une stratégie de défense.
Au procès lui-même, les peines des co-accusés du meurtre de Bouarram permettront à trois d'entre eux de ne pas retourner en prison, la peine ferme d'un an étant couverte par la détention préventive, et les trois ans restants étant du sursis. Un seul co-accusé, David Halbin fera un an de prison, mais seulement parce qu'il était resté libre le temps de l'instruction. Quant à celui qui a poussé Brahim Bouarram dans la Seine, Mickaël Freyminet, il écopera d'un jugement très modéré de huit ans de prison ferme.  

Sept ans plus tard, on retrouvera son nom cité dans une autre affaire de meurtre : en septembre 2002, une bande de néo-nazis tabasse François Chenu à Reims, le jette à l’eau, puis le repêche pour l'achever à coup de rangers. François Chenu était homosexuel, le seul mobile du meurtre. Après les faits, les jeunes néo-nazis avaient passé de nombreux coups de fil à leur mentor un peu plus âgé qui n'était autre que le meurtrier de Brahim Bouarram. Mickaël Freyminet. Celui-ci,qui avait déclaré avoir abjuré ses croyances et avait osé demander pardon à la compagne de Brahim Bouarram, s'était, dès sa libération, immédiatement relancé dans l'activisme néo-nazi. Il avait d’ailleurs rencontré les trois meurtriers de François Chenu lors d’un camp organisé par cette mouvance.


MEMORIAL 98