mercredi 25 mai 2016

Israël: nouvelle dérive vers l'extrême-droite

                                          Benett, Netanyahou, Lieberman: trio terrible.


Actualisation du 27 décembre 2016 :

Avigdor Lieberman, ministre de la Défense du gouvernement de Netanyahou (voir ci-dessous sur sa nomination récente) escalade et a recours à des comparaisons scandaleuses .
Il a qualifié la conférence internationale sur le Proche-Orient qui se tiendra le 15 janvier à Paris de "procès Dreyfus".
Le gouvernement français organise cette conférence en présence des représentants de quelque 70 pays pour réitérer le soutien de la "communauté internationale" à une négociation sur la base de la solution à deux États, Israël et la Palestine.
 
"Une version moderne du procès Dreyfus"
"Il ne s'agit pas d'une conférence de paix mais d'un tribunal contre l'État d'Israël", a affirmé Lieberman lors d'une réunion des députés de son parti, Israël Beiteinou (extrême droite nationaliste)  "C'est une version moderne du procès [d'Alfred] Dreyfus avec l'État d'Israël et le peuple juif sur le banc des accusés [...]",

Le procès Dreyfus symbolise l'antisémitisme des autorités françaises à la fin du 19e siècle et sert ainsi à disqualifier l'initiative diplomatique en cours.

Il s'agit d'une manipulation grossière, qui salit la lutte contre l'antisémitisme, ainsi que la mémoire de Dreyfus et des "dreyfusards"  qui ont combattu pour la justice. 

Nous sommes d’autant plus sensibles à cette falsification en raison de notre référence à l'engagement de militants de gauche dans la lutte contre l'antisémitisme à l'époque de l'affaire Dreyfus (voir ici

MEMORIAL 98

Actualisation du 24 décembre 2016 :

L' ONU réitère sa condamnation de la colonisation et déchaine la fureur de Netanyahou.

Cette résolution du Conseil de sécurité exhorte Israël à "cesser immédiatement et complètement toute activité de colonisation en territoire palestinien occupé, dont Jérusalem-Est"
Elle est votée dans le double  contexte de la fin de la présidence Obama et d'une accentuation de la colonisation. Cette dernière s'étend notamment à la spoliation de terres "privées" palestiniennes c'est dire de terres dont les propriétaires palestiniens sont  parfaitement identifiés. 
Une loi dite de " régularisation" vient d'être votée au Parlement israélien par la majorité de droite et d'extrême-droite, afin de valider des colonies  "sauvages" installées par les colons les plus extrémistes. C'est le cas de la colonie d'Amona, dont l'évacuation décidée par la Cour suprême israélienne, ne cesse d'être reportée, alors que Netanyahou va au devant des exigences de ses habitants illégaux. 
L'élection de Trump, qui soutient la colonisation et rejette la création d'un État  palestinien, a sans doute joué un rôle dans la décision d’Obama en faveur de l'abstention sans veto des USA.  
L'annonce par Trump de la nomination d'un ambassadeur américain en Israël partisan de l'annexion des territoires palestiniens préfigure ce que sera sa politique. 
Les soutiens "antisionistes" de Trump, tels le néo-nazi Soral et les nazis américains, apprécient l'antisémitisme qui a entouré  sa candidature mais gardent évidemment le silence sur ces développements.

Face à ce vote Netanyahou se déchaine contre Obama et les pays qui ont agi pour le vote de la résolution. Il a ainsi annoncé la cessation du  modeste programme d'aide israélienne au Sénégal et proclamé qu'il n'appliquerait pas la résolution.

Nous réaffirmons que seul le retrait d'Israël des territoires, occupés illégalement depuis près de 50 ans (juin 1967)  et la naissance d'un État palestinien souverain permettront d'en finir avec la violence qui gangrène ces deux peuples (voir ci-dessous).

Memorial 98



 

Actualisation  13 juillet :


Les assauts  de la droite nationaliste israélienne contre les représentants de la société civile ont trouvé une traduction législative. Les députés ont adopté, lundi 11 juillet, un projet de loi liberticide, qui oblige les organisations non gouvernementales (ONG) recevant plus de la moitié de leur financement de gouvernements étrangers à en faire la déclaration publique et le rappel systématique à chaque publication. En cas de refus, elles s’exposeront à une amende.
Le texte ne mentionne pas le profil précis des ONG visées. Mais il va de soi qu’il s’agit de celles défendant les droits des Palestiniens, l’égalité entre Juifs et Arabes en Israël ou bien celles documentant les violences de l’armée en Cisjordanie ou lors des guerres successives dans la bande de Gaza. 
D'autres associations qui soutiennent la politique gouvernementale sont plutôt financées par des fonds privés, parfois opaques. Elles ne seront donc pas impactées par ces nouvelles règles.

Comme nous l'indiquions en conclusion de cet article (ci-dessous) Memorial 98 soutient ces associations et ONG menacées.

Memorial 98

Actualisation du 26 juin:

Yishai Schlissel, qui a tué Shira Banki,  et blessé plusieurs autres personnes lors de la Gay Pride qui s'est tenue à Jérusalem en juillet 2015, a été condamné dimanche 26 juin à la prison à perpétuité, assortie de 31 ans de détention.

En juillet de l'année dernière,  Shlissel s'était précipité sur le défilé qui parcourait Jérusalem, armé d'un couteau. Shira Banki, 16 ans, grièvement touchée avait succombé à ses blessures quelques jours plus tard, tandis que six autres personnes avaient été blessées.
Le geste de Shlissel avait causé un émoi d'autant plus grand en Israël que l'homme avait été libéré quelques semaines auparavant, après avoir purgé 10 ans de prison pour une agression similaire lors d'une précédente marche des fiertés à Jérusalem en 2005.
Il avait alors blessé trois personnes.
Il s'était abondamment répandu contre les homosexuels sur différents forums avant de passer à nouveau à l'acte l'année dernière.
Inculpé d'assassinat le 24 août, Yishaï Shlissel n'avait montré aucun remords devant le tribunal. Il avait même estimé que "la marche des fiertés devait être arrêtée pour permettre à l'âme de Shira Banki de s'élever vers le paradis".
"Quiconque participe à la Gay Pride de Jérusalem déclare la guerre à Dieu et celui qui défie Dieu ne peut demander à être plaint", avait-il martelé. La police israélienne avait été vivement critiquée pour son incapacité à l'empêcher de passer de nouveau à l'acte et des limogeages jusqu'aux plus hauts niveaux de l'institution avaient suivi cette attaque.

L'agression du 30 juillet avait été suivie le lendemain d'une attaque perpétrée par des extrémistes juifs contre la famille palestinienne Dawabshe. Plusieurs de ses membres, dont un bébé avaient été brûlés vifs dans le village de Douma, en Cisjordanie occupée. Ces deux événements violents avaient entraîné des mobilisations de protestation  et remis sur le devant de la scène la question de la violence de l'extrême-droite.



Memorial 98
 

L'entrée d'Avigdor Lieberman dans le gouvernement déjà très à droite de Netanyahou représente une signe particulièrement négatif.  Elle annonce une radicalisation de la politique de colonisation et de répression à l'égard de la population palestinienne. Elle porte aussi la menace d'atteintes accrues aux libertés démocratiques, notamment à l'égard des ONG et associations qui la contestent.

De plus, Lieberman, dont le parti ne représente que 4% des députés, ( 5 sur 120) obtient le ministère clé de la Défense et donc la maîtrise des territoires occupés.
Il succède au ministre de la Défense Yaalon qui est apparu comme défendant l’État de droit et une certaine modération.  Yaalon a déclaré, avant d'être contraint à la démission par  Netanyahou : " ... A ma grande tristesse, des éléments extrémistes et dangereux ont pris le contrôle d'Israël et du parti Likoud,. Ils en ébranlent les fondations et menacent de nuire à ses habitants."
Cette alliance représente donc un choix délibéré de Netanyahou, dont le gouvernement comporte déjà les représentants des colons religieux de Benett et des intégristes religieux. 

C'est l'exécution survenue à Hébron, le 24 mars dernier, qui a fait éclater la crise. 
Ce jour là le sergent israélien Elor Azaria, a tué, de sang-froid, un  assaillant palestinien qui avait été désarmé et gisait au sol, blessé. 
La scène avait été filmée et diffusée par une ONG israélienne, Betselem. Le chef d'état-major Eisenkot et le ministre de la Défense Yaalon ont  immédiatement estimé que le soldat devait être jugé et puni sévèrement pour son geste, qui ressemblait fort  à un assassinat. Netanyahou s'est au contraire placé du côté de l'extrême-droite la plus violente qui soutient le soldat, présenté comme un héros.  

Puis, à l'occasion des célébrations de la fête nationale d'Israël,  l'adjoint du chef d'état-major Yair Golan a mis en garde contre  le climat actuel de racisme et de violence en Israël, en référence à nouveau à l'exécution de Hébron et aux réactions qui l'ont suivie. A partir de sa propre histoire familiale,  il établissait un parallèle avec l' Europe et Allemagne de l'entre-deux-guerres (à lire), qui a vu la montée des périls. Il appelait à un examen de conscience de la société israélienne: " ...  Car s’il est quelque chose qui nous fait frémir dans le souvenir de la Shoah, c’est de discerner les processus nauséabonds intervenus en Europe en général et en Allemagne en particulier, il y a 70, 80, 90 ans, et de trouver la trace de leur présence ici parmi nous, aujourd’hui, en 2016. Car il n’est rien de plus facile que de haïr l’étranger ; rien de plus facile que de semer la peur ; rien de plus facile que la bestialité, le cynisme et l’auto-satisfaction..." .  Netanyahou a vivement attaqué ce discours et stigmatisé son auteur. Le ministre de la Défense a en réponse défendu la liberté de pensée et de parole des militaires, à la grande colère du Premier ministre.

La Défense et la peine de mort

Dans le même temps,  Netanyahou cherchait à élargir sa fragile coalition, qui disposait d'une majorité parlementaire minimale de 61 sièges sur 120.  Il a fait mine de négocier avec le parti travailliste dont le chef Herzog s'est prêté à la manœuvre, contre l'avis de la majorité de son parti. 
Mais en réalité il menait des tractations avec l'ancien ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, chef du parti ultranationaliste Israël Beitenou, pour le faire entrer dans sa coalition gouvernementale. Lieberman avait deux exigences dans le domaine sécuritaire : le poste de ministre de la Défense et l'instauration de la peine de mort pour les auteurs d'attentats. 
M. Lieberman avait ainsi exigé un retour en arrière de plusieurs décennies sur la question de la peine de mort. Il voulait  qu’elle puisse être prononcée par les tribunaux militaires et de plus à la majorité simple. Or, la justice militaire s’applique presque exclusivement aux Palestiniens en Cisjordanie. Par conséquent, les colons israéliens coupables de crimes graves auraient été exemptés de cette sentence, car jugés par des tribunaux civils, introduisant ainsi une discrimination supplémentaire. Au final, Lieberman a du abandonner temporairement son exigence, en raison notamment de l'opposition des instances judiciaires.
 Historiquement, la peine de mort n’a été appliquée qu’une seule fois en Israël , à l'égard de Adolph Eichmann,  condamné pour sa participation à la Shoah.

L'arrivée à ce poste stratégique de la Défense de ce politicien connu pour son extrémisme et ses déclarations provocatrices est plus qu'inquiétante.
 Lieberman a déjà plusieurs fois menacé de bombarder l’Égypte et Gaza. Il se dit prêt à liquider les chefs du Hamas. En tant que chef de l'armée, il serait appelé à gérer la Cisjordanie occupée, alors qu'il a multiplié les diatribes anti-arabes.
Avec l'arrivée d'Israël Beitenou, la coalition au pouvoir est ainsi la plus à droite qu'Israël ait jamais connu.

Le cancer de l'occupation et de la colonisation continue de dévorer la société israélienne. La poursuite de l'occupation des territoires palestiniens entraîne une spirale de violence et de mort.
L'extrême-droite se nourrit de cette domination  sur la vie quotidienne d'un autre peuple.
 
Seul le retrait d'Israël des territoires, occupés illégalement depuis près de 50 ans et la naissance d'un État palestinien souverain permettront d'en finir avec la violence qui gangrène ces deux peuples. Les forces qui soutiennent ces perspectives de paix et de justice ont plus que jamais besoin de soutien, alors qu'elle sont harcelées et mises en cause par le gouvernement. Il s'agit notamment des courageuses associations israéliennes telles que  Betselem, Hand in Hand et de nombreuses autres qui travaillent à la coexistence, contre le racisme et l’occupation.

lundi 23 mai 2016

Lutter contre le viol et l'excision en Afrique




Actualisation du 23 août 2016:

Portrait du chirurgien burkinabé le Dr Akotionga, qui a 70 ans poursuit le combat contre l'excision et opère bénévolement les femmes qui en sont victimes:
  

« L’excision est une coutume atroce dont il faut se débarrasser. » Bien qu’interdite par la loi, la pratique traditionnelle est encore en vigueur dans de nombreuses provinces.
« L’argument traditionaliste ne tient pas. Nous nous sommes déjà défaits d’autres traditions moins dangereuses. Avant, pour se distinguer, les 60 ethnies du Burkina Faso se scarifiaient le visage. Plus personne ne le fait aujourd’hui. Les gens se limaient les dents en pointe pour ressembler aux félins. Une tradition abandonnée elle aussi. Pourquoi garder l’excision ? Une coutume qui rend malade ou tue n’est pas une bonne coutume. »

Memorial 98



Le médecin congolais Denis Mukwege s’est spécialisé dans la reconstitution génitale des femmes victimes de violences sexuelles en temps de guerre.
 En l'espace de seize  années, il a opéré  plus de 50 000 femmes violées et mutilées de sa région. Nous avons relaté son engagement et retraçons ci-dessous sa contribution lors d'un colloque à Paris le 9 mars 2016.


 A partir de son expérience au Congo, le docteur Mukwege élargit son combat. Il souhaite désormais  s'investir pour faire régresser les mutilations génitales féminines au Burkina Faso.
Dans ce but, il collecte des fonds pour construire un Centre pluridisciplinaire avec comme modèle Panzi du nom de son hôpital construit à Bukavu en 1999.
La construction de la future clinique devrait commencer fin 2016 à Nakamtenga[1] avec l'aide de Yennenga Progress[2] .
Le personnel soignant donnera des conseils et des soins pour réduire la mortalité infantile et traitera des séquelles de l'excision.
Comme à Panzi cette clinique fournira une aide chirurgicale, psychologique et juridique.


Les mutilations génitales féminines (MGF)  

Deux cents millions de filles et de femmes souffrant de mutilations génitales ont été recensées dans trente pays à travers le monde. Quarante quatre millions sont âgées de quatorze ans ou moins.
La Somalie, la Guinée et Djibouti restent les pays où le taux de mutilation est le plus élevé.
Dans les trente pays où l'excision semble la plus répandue, la majorité ont été excisées avant d'avoir cinq ans.
Ces chiffres ont été publiés par le Fond des Nations Unies pour l'enfance[3] 
L'ONU s'est fixé pour objectif de faire cesser cette pratique d'ici à 2030.

Au Burkina Faso, cette pratique sévit toujours malgré son interdiction par la loi depuis 1996. L'excision est passible d'une peine de trois ans de prison portée à dix ans si la femme décède des suites de l'opération.
Afin de contourner l'interdiction l'acte est pratiqué dans la clandestinité ou bien dans un pays voisin où l'excision est tolérée.
Ces mutilations génitales revêtent différentes formes: ablation du clitoris, des lèvres, couture du vagin.

Un des acteurs de la mobilisation est le conseil burkinabé de lutte contre la pratique de l'excision (CNLPE)
Depuis 1990, il existe un numéro vert gratuit et des campagnes de sensibilisation. Le conseil concentre son action sur la prévention et la guérison des mutilations génitales féminines plutôt que sur la chirurgie réparatrice.


Des femmes et des organisations se mobilisent dans différents pays

Alimatu Dimonekene (Sierra Leone) a été excisée à l'âge de seize ans et "réparée".
Militante de la lutte contre l'excision au Royaume Uni, elle est la fondatrice de ProjectACEi, un groupe d'action à Enfield, près de Londres, qui aide à faciliter les relations de travail entre les professionnels et les communautés pour mettre fin à la mutilation génitale féminine.
Elle espère étendre son travail à l'échelle internationale.

Sahra Ali Samatar, ministre des femmes et des affaires familiales de Somalie se bat pour en finir avec cette pratique . Le premier ministre Omar Shermarke la soutient.
Une pétition a été lancée en ligne et signée par 1,3 million de personnes.

Edna Adan, qui a été la première sage-femme du Somaliland[4] et ex-ministre des affaires étrangères fait aussi campagne depuis quarante ans contre l'excision.
A 79 ans elle a fait construire à Hargeisa[5] une clinique où elle forme de jeunes sages-femmes.

Dans certains pays, l'excision est en régression (Libéria, Burkina Faso).
Dix-huit pays africains dont le Nigéria en juin 2015, ont interdit définitivement les mutilations génitales féminines proscrites par le droit international.
D'autres pays ont adopté des lois qui la déterminent en tant que "crime": le Kenya, l'Ouganda la Guinée-Bissau, le Nigéria, la Gambie et le Burkina Faso.



"Viols, armes de guerre : pour un tribunal pénal international en République démocratique du Congo".

Après la sortie du film "L'homme qui répare les femmes"[6] ,  un colloque  avait été organisé le mercredi 9 mars 2016 à la mairie de Paris

Des responsables et acteurs de ce combat étaient présents au côté du Dr Docteur Denis Mukwege, en partenariat avec le réseau féministe "Ruptures"


Le colloque

Dans la salle comble règne un brouhaha joyeux : beaucoup de femmes africaines, des femmes européennes en grand nombre, peu d'hommes. Plusieurs générations sont représentées.
Le Docteur Mukwege est assis dans le public. A ses côtés, le réalisateur du film, Thierry Michel et des élus ainsi que des représentantes des cinquante deux marraines[7] dont la doyenne a quatre-vingts seize ans.

Le colloque débute par une vidéo qui projette des images de femmes qui tentent de se reconstruire avec l'aide d'autres femmes. Des femmes médecins, assistantes sociales, avocates, psychologues, conseillères juridiques, médiatrices familiales toutes dévouées à la cause de leurs "'sœurs" victimes et bannies.
Les photos ont été prises dans l'hôpital de Panzi où elles sont accueillies dans "les maisons d'écoute".
Plusieurs intervenants vont faire une communication avant celle du Docteur Denis Mukwege.
Tous unis dans le combat qu'ils mènent pour faire reconnaître auprès d'un tribunal international les horreurs que subissent les victimes de ces hordes armées qui violent des femmes comme "une arme de guerre massive" ainsi que le martèle le Docteur Denis Mukwege.
Le colloque prendra fin par un cri d'alarme lancé par le réalisateur du film "l'homme qui répare les femmes, la colère d'Hippocrate".


La guerre en toute impunité depuis 1996

La plupart des femmes congolaises violées viennent de la région du Nord Kivu terrain de guerre depuis 1996. "Le minerai du sang" est l'objet de convoitise de hordes incontrôlables. Le Coltan source d'esclavagisme moderne génère le conflit le plus meurtrier depuis la seconde guerre mondiale. avec des millions de morts et de personnes déplacées.


Comment faire reconnaître ces crimes par un tribunal international

Maître Amuli Réty[8] avocat et Jean-claude Bagayamukwe Dunia, bâtonnier du barreau de Bukavu au Sud-Kivu, expliquent leur combat au quotidien pour faire condamner les bourreaux des femmes congolaises violées.
Confrontés à des obstacles socio-économiques, ils ont organisé des consultations gratuites. Le tribunal se déplace jusqu'aux villages les plus éloignés de la Cour.
Il faut des mois avant qu'un jugement soit rendu et personne ne sait comment l'appliquer. De toute façon les accusés font appel et tout est à refaire.
Les autorités gouvernementales ne montrent aucune volonté pour agir. La responsabilité revient aux Nations Unies.
Six cent incidents volontaires ont été recensés couverts par la loi du silence entre mars 1993 et juin 2003. La police scientifique et technique est financée à hauteur de 25 à 30 millions de dollars, et il n'y a toujours pas de fichier ADN. 


Le témoignage de Caddy Adzuba Furaha[9]

Caddy Adzuba Furaha témoigne avec détermination et inquiétude. Depuis l'âge de quatorze ans (elle en a trente quatre aujourd'hui) elle a connu la guerre. Sa propre mère a été violée. Au risque de sa vie, elle n'a pas hésité à aller dans des villages secourir des femmes abandonnées, laissées pour mortes.
Sa bataille est quotidienne pour dénoncer les violations des droits de l'Homme et offrir une vie meilleure aux femmes victimes de viols ainsi qu'à leurs enfants.

Le Docteur Denis Mukwege 

Le docteur Mukwege est applaudi, accompagné des youyous de femmes africaines qui lui témoignent toute leur reconnaissance.
Le ton de sa voix est grave pour nous raconter l'attaque de l'hôpital de Lemera en 1996.
Nombre de ses collaborateurs et patients ont été assassinés. Il n'y aura jamais de commémoration de ce massacre.

A la suite de cette destruction le docteur a créé l'hôpital de Panzi et sa fondation.
Il affirme que les viols ne sont pas des actes gratuits sexuels mais une volonté de tuer au sein même de villages entiers, en public, devant les hommes impuissants.
Beaucoup de femmes en meurent. Restent les enfants, porteurs de traumatismes psychologiques. Il y a un risque de contamination par le virus du sida. Nombre de ces femmes n'auront pas d'autres enfants. Elles sont confrontées à la précarité. La plupart d'entre elles ignorent qu'elles peuvent porter plainte.
Face à cette situation, la fondation Panzi propose des aides médicales, chirurgicales, psychologiques et socio-économiques.

Le réalisateur du film Thierry Michel conclut le colloque en lançant un cri d'alarme : " le silence tue, la parole aussi peut tuer"
Il cite en exemple l'assassinat de Floribert Chabaya[10] retrouvé mort dans sa voiture, ligoté.
La veille de ce colloque, aux Nations Unies, une lettre ouverte soutenue par cent quatre vingt deux femmes congolaises a été rendue publique afin de dire NON à l'impunité des auteurs de ces crimes.

L'ACAT[11]

Cette organisation se mobilise particulièrement contre la pratique de l'excision et soutient les actions du Docteur Mukwege en organisant dans différentes villes des débats qui font suite aux projections du film : "l'Homme qui répare les femmes". 

Évelyne L.














[1] Un village à une trentaine de kilomètres de Ouagadougou
[2] Réseau international d'entrepreneurs sociaux basé en Suède

[3]L'UNICEF est une agence de L'Organisation des Nations Unies pour l'amélioration de la condition des enfants
[4] Somaliland : République indépendante autoproclamée du nord de la Somalie
[5] Hargeisa : Capitale de la République du Somaliland
[6] "L'homme qui répare les femmes" : sortie nationale en salle le 17 février 2016

[7] Déclaration sur les viols comme arme de guerre en RDC et pour l'instauration d'un tribunal pénal signée par 52 marraines.


[8] Maître Amuli Réty, initiateur de la campagne des 52 marraines
[9] Caddy Adzuba Furaha, journaliste, elle a reçu plusieurs prix pour ses combats
[10]Floribert Chebaya fondateur de l'ONG "la voix des sans voix"
[11] ACAT : Action chrétienne contre la torture et la peine de mort

samedi 21 mai 2016

Laurent Wauquiez: un démagogue contre les migrants et les enfants juifs d'Izieu

                                     Izieu, refuge pour enfants, avant la rafle.


Actualisation du 19 décembre 

Nouvelle mobilisation importante pour l'accueil des réfugiés en Haute-Loire. C'est le département de Laurent Wauquiez, maire du Puy en Velay. C'est dans cette ville que plusieurs centaines de manifestants se rassemblés le 18 décembre, à l'occasion de la journée internationale des migrants de l'ONU.

A noter une de ses convergences supplémentaires avec le FN: Il y quelques jours, à son initiative le Conseil régional a installé une immense crèche de Noël dans les locaux du service public, contrairement aux principes de laïcité.

Le FN s’est félicité de cette décision. Au point que le président du groupe frontiste à la région, Christophe Boudot, a proposé une carte d’adhérent du FN à Laurent Wauquiez avant de se lever de son siège et de lui remettre en séance une rose bleue (le logo de Marine Le Pen pour la présidentielle, ndlr). La scène, s’est déroulée jeudi 15 décembre en fin d’après-midi en pleine séance à l’occasion du vote du Budget régional pour 2017.
Le chef local du FN a commenté   : « Compte tenu de vos états de service, vous êtes aujourd’hui prêt à rejoindre le Front national. Allez-y, c’est le moment » 

Memorial 98



 
Actualisation du 1er décembre 2016

La claque du pape à Wauquiez à propos des migrants. 

En recevant le 30 novembre une délégation d'élus de la région ARA dont Wauquiez, François a déclaré publiquement:

" Que la recherche du bien commun qui vous anime vous conduise à écouter plus particulièrement toutes les personnes en situation de précarité, sans oublier les migrants qui ont fui leurs pays à cause de la guerre, de la misère, de la violence. Ainsi, dans l’exercice de vos responsabilités, vous pourrez contribuer à l’édification d’une société plus juste et plus humaine, d’une société accueillante et fraternelle." 
Il s'agit d'une condamnation claire de l'agitation raciste de Wauquiez contre l'accueil (voir ci-dessous) 

L'ancien chef sarkozyste, redevenu filloniste et qui affiche en permanence ses convictions religieuses, est renvoyé à ses haines et à sa démagogie.

MEMORIAL 98

Actualisation du 12 novembre  

Wauquiez dans la lignée de Trump, en rajoute dans les allusions d'extrême-droite à propos des "classes moyennes en révolte" (voir ci-dessous)  Il rattache aussi ce résultat au Brexit. Or dans les 2 cas le racisme constitue un facteur important du résultat, comme indiqué ici et ici .
De la part de celui qui appelle à rejeter les réfugiés, il n'y a guère de surprise.

Voici son communiqué: " Laurent Wauquiez, Président des Républicains, félicite Donald TRUMP et le Parti Républicain pour cette élection et appelle chacun au respect du choix du peuple américain... Il faut tirer les conclusions de ce résultat, quelques mois après le Brexit. En démocratie, lorsque le peuple se sent ignoré et méprisé, il trouve un moyen de se faire entendre. Ce vote est notamment la conséquence d’une révolte des classes moyennes contre une élite dirigeante qui veut imposer ce qu’elles doivent penser. Dans notre pays également, une majorité silencieuse grandissante se sent toujours plus éloignée des orientations données à notre pays. Il y a urgence à redonner un cap à la France. " 

Memorial 98


Actualisation du 23 octobre
                                    Bienvenue aux réfugiés!
 
Malgré le vent et la bruine, quelque 2000 personnes ont gravi le Mont Mézenc (Haute-Loire) ce dimanche 23 octobre pour dire "bienvenue aux réfugié(e)s" et dénoncer la politique anti-migrants de Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Le choix du lieu de cette manifestation est significatif puisque le Mézenc est le site traditionnel des rentrées politiques du leader des Républicains.

Christine Chevalier, du Réseau Éducation sans frontière Haute-Loire, a rappelé quelques chiffres sur l'accueil des migrants dans la région. "Notre région doit accueillir 1784 migrants de Calais, soit une personne pour 4347 habitants, a-t-elle ainsi observé. Notre message, c'est de dire 'Bienvenue aux réfugiés !', qu'ils soient de Calais ou d'ailleurs. La France peut les accueillir. C'est une question de volonté, pas d'argent."

«Il nous a semblé d’autant plus important d’investir ce sommet, que le Mont Mézenc domine le plateau du même nom où, durant l’Occupation, en offrant asile et protection à des Juifs en proie aux persécutions, de nombreux habitants s’illustrèrent», peut-on lire sur la page Facebook de «L’Appel du Mézenc».
L’appel souligne que «tout un village» de la région (ndlr: Le Chambon-sur-Lignon, dont la mère de Mr Wauquiez est maire) s’est vu décerner le titre de «Juste parmi les Nations» pour avoir protégé des Juifs pendant la guerre.

Les militants étaient présents ce dimanche au Mont Mézenc à l'appel de plusieurs collectifs dont, la Cimade et la Ligue des droits de l'Homme afin de montrer leur "refus du discours ignoble" tenu en septembre dernier par Laurent Wauquiez, le président de la région. Le 16 septembre, il avait lancé une pétition afin de dire "non à la création de 'jungles' sur l'ensemble du territoire national" 

 
Memorial 98


Actualisation du 7 octobre 
 
Rebondissement: le FN attaque ouvertement le Mémorial d'Izieu et la mémoire de la Shoah

Le chef de file du FN en région Auvergne-Rhône-Alpes Christophe Boudot, tête de liste aux élections régionales, déclare ce 7 octobre que la mémoire de la déportation transmise par le Mémorial des enfants juifs d’Izieu serait trop "politisée" justifiant ainsi que ce Mémorial, voie sa subvention réduite.

Dans l'émission «Face à Face», sur la chaîne Télé Lyon Métropole, ce proche de Bruno Gollnisch (qui a dirigé en 1998 la région avec la droite)  a dit soutenir la décision de Laurent Wauquiez en mai dernier (voir ci-dessous) de couper la moitié des aides régionales distribuées à l'association par la région. 
Mais il l’argumenté ouvertement ainsi :  «Nous, nous l'aurions fait si nous étions au pouvoir. Parce que nous considérons que toutes ces choses mémorielles ne doivent pas être sur-subventionnées, a d'abord indiqué Boudot, avant d'ajouter: «Elle avait un budget très important, trop important à mon avis».
  «Je crois que nous, nous avons toujours voté contre ce genre de subventions, car ça aboutit toujours à une forme de repentance, toujours la même», a-t-il lâché. L'élu régional ajoute: «Je ne suis pas opposé du tout à subventionner la question mémorielle, il en faut. Mais je crois que la Maison d'Izieu était trop politisée, un peu “too much”. On s'en est servi pour faire acte de repentance, toujours».
Nul  besoin de préciser, on comprend que «la repentance» dont il s'agit concerne l'implication de l'État Français du maréchal Pétain dans la déportation massive des Juifs de France pendant la seconde guerre mondiale. 
Le FN garde un souvenir cinglant de ce Mémorial: le 19 juillet 1998, lors d'une cérémonie du souvenir  à Izieu, la regrettée Simone Lagrange, récemment décédée et à laquelle nous rendons hommage, apostropha publiquement le président du conseil régional Rhône-Alpes de l'époque, Charles Millon. Elle lui ordonna de quitter la commémoration, en raison de son alliance avec un parti raciste et négationniste, le Front National.
Boudot  a ensuite publié un message Twitter: «Mal informé sur cette question, j'ai commis une erreur d'appréciation. Je tiens à m'en excuser», a-t-il écrit.
  Boudot a reçu la pré-investiture du FN pour les prochaines élections législatives. Sa déclaration antisémite a lieu 4 jours après l’anniversaire de la promulgation du statut discriminatoire des Juifs par Pétain le 3 octobre 940
De son côté Laurent Wauquiez n'avait pas explicitement invoqué la dimension «politique» de la mémoire transmise à la Maison d'Izieu, mais de prétendues contraintes budgétaires alorsqu’il a multiplié par 40 la subvention aux organisations de chasseurs. Le président de région avait annoncé vouloir couper 40.000 euros de subventions au Mémorial avant de faire partiellement marche-arrière devant le tollé provoqué. 

Vu la proximité croissante de Wauquiez et du FN (voir ci-dessous), il reste à s'interroger sur la signification réelle de l'interprétation antisémite du dirigeant FN. 
Parle-t-il uniquement au nom de son parti ou exprime-t-il aussi les intentions de Wauquiez? 






 Memorial 98 

Actualisation du 27 septembre
  
Encore une claque pour Wauquiez

Dans sa croisade anti-migrants, Wauquiez a choisi d'instrumentaliser la mémoire de "Sœur Emmanuelle" en affirmant que cette dernière (décédée en 2008) aurait approuvé ses positions
L'association Asmae fondée par cette dernière dément vivement cette manipulation et précise:  " ... lorsque ces populations, n’ayant pas le choix, ont pris le risque de l’émigration, le pays dans lequel ils se rendent se doit de les accueillir, de les traiter dignement et de les soutenir dans leurs projets d’intégration. C’était la vision de sœur Emmanuelle et c’est le travail que continue de prôner son association Asmae en France comme à l’international. […] Étant donné sa faible connaissance de sœur Emmanuelle, M. Wauquiez n’est pas autorisé à penser à la place de sœur Emmanuelle..." 


 
Actualisation du 21 septembre 

Wauquiez apostrophé:
 

Jacques Livchine est né en 1943 dans le village héroïque du Chambon sur Lignon. Ses parents y étaient réfugiés. 

Il interpelle publiquement Laurent Wauquiez, maire de la ville voisine du Puy en lui adressant cette lettre:
 

"Monsieur le Président de la Région Rhône Alpes Auvergne, 

Monsieur Laurent Wauquiez

Je voudrais vous rappeler que le village du Chambon sur Lignon en Auvergne est le seul à avoir sa plaque de village des justes au mémorial Yad Vashem de Jérusalem (musée de la Shoah chargé de reconnaître les sauveteurs NDLR).

Je dois ma vie à ce village qui a accepté d’accueillir mes parents pourchassés par le nazisme et le pétainisme. Et vous, dont la mère Éliane est maire de ce village vous refusez d’accueillir dans votre immense Région, 1784 réfugiés ! A lui tout seul, le Chambon a accueilli 5000 réfugiés. 

J ’avoue que je suis à ce point navré que le mot pour qualifier votre attitude est à inventer tant elle est empreinte d’inhumanité, d’égoïsme et de calcul électoral.
 Si la déchéance de nationalité existait, c’est à vous que je l’appliquerais."

Nous saluons cette interpellation.

Memorial 98


Actualisation  du 16 septembre


Laurent Wauquiez, maintenant président du parti Les Républicains en remplacement de Sarkozy, est un des pires démagogues au sein de ce parti, au sein duquel la concurrence est pourtant rude.

La région qu'il préside, Auvergne-Rhône-Alpes, est la 2e plus riche du pays et compte 8 millions d'habitants. Elle devrait accueillir 1.784 migrants sur les 12.000 à répartir en France pour les évacuer de Calais et Paris.
 

"Une folie" qui "va multiplier les Calais un peu partout en France" a-t-il aussitôt hurlé.

Aujourd'hui, il va encore plus loin en demandant ouvertement aux maires de sa région de s'opposer par "tous les moyens"  à ce plan. 
Il a aussi décidé de proposer aux maires une aide juridique de la région pour s'opposer à cet accueil


Poursuivant sa croisade il manipule et salit le terme de "résistants" en l'attribuant à ceux qui refusent l’accueil des migrants et lance une pétition contre l'accueil des migrants.
Wauquiez est directement comptable du développement de la xénophobie et des violences qui en découlent.

Le Secours catholique dénonce les élus qui s'opposent aux centres et vise ouvertement Wauquiez ainsi qu'Estrosi et Pécresse dans une déclaration :
« Des maires, des présidents de région, incitent les élus locaux et la population à s'opposer, par tous les moyens, à la création de ces centres d'accueil. Ils font appel aux sentiments les plus bas pour susciter la peur, le rejet, le repli, le refus de ceux qui fuient la guerre et la violence de leur pays ».

MEMORIAL 98

 

Laurent Wauquiez, nouveau président de région Auvergne-Rhône-Alpe, s'attaque à la mémoire de la Shoah.

Il vient de décider de baisser la subvention régionale  pour la " Maison d’Izieu" (Ain), haut lieu de la mémoire de la persécution des enfants juifs pendant la Seconde Guerre mondiale
Nous appelons à signer et à diffuser la pétition qui proteste contre cette réduction de subvention 
  
Une première protestation locale a déjà contraint Wauquiez à limiter la réduction de la subvention, mais celle-ci doit être intégralement rétablie.
  
Wauquiez est connu pour ses opinions ultra-réactionnaires et sa proximité avec le pétainiste Patrick Buisson, lequel grenouille aussi avec Robert Ménard et Marion Maréchal Le Pen


La Maison d’Izieu, dans l’Ain, constitue un mémorial du sort des enfants juifs exterminés en France.
Le 6 avril 1944, Klaus Barbie donnait l’ordre d’y rafler puis déporter les 44 enfants juifs âgés de 4 à 12 ans et leurs sept éducateurs qui y avaient trouvé refuge. 
Ils furent  tous exterminés à Auschwitz, sauf une éducatrice qui survécut. 
Cet épisode tragique symbolise le sort des enfants durant la Shoah. 
On estime généralement qu'un million et demi d'enfants ont été tués durant la Shoah.   


La tragédie d'Izieu continue de résonner dans l'histoire actuelle. Elle représente en effet la preuve de l'implication directe de Klaus Barbie dans cette déportation des enfants. C'est elle qui est à l'origine de sa condamnation à la perpétuité lors de son procès en 1987. Il bénéficiait de la prescription pour ses crimes perpétrés dans le cadre de la lutte contre la Résistance. 

Izieu symbolise aussi le combat contre l'extrême-droite, depuis la période des années 1998-99 durant laquelle le Front National a géré la région Rhône-Alpes en commun avec une partie de la droite.
Ainsi, le 19 juillet 1998, lors d'une cérémonie du souvenir  à Izieu, la regrettée Simone Lagrange, récemment décédée et à laquelle nous rendons hommage, apostropha publiquement le président du conseil régional Rhône-Alpes de l'époque, Charles Millon. Elle lui ordonna de quitter la commémoration, en raison de son alliance avec un parti raciste et négationniste, le Front National. 
Simone Lagrange agissait en tant que présidente régionale de l'Amicale des déportés d'Auschwitz, mais aussi en tant que victime de Klaus Barbie, initiateur de la déportation des enfants réfugiés à Izieu  .
Ce jour-là, devant la stèle qui commémore le sort de 44 enfants et 7 adultes juifs raflés dans ce village et morts pour en 1944 à Auschwitz, Charles Millon fut mis en cause et  conspué.

Il n'est pas question de laisser toucher à la mémoire de ce lieu. 

Memorial 98