mercredi 14 décembre 2016

Agir pour les Syriens, contre la barbarie d'Assad et Poutine.


                                          Alep détruite



Mise à jour du 24 juin 2017


Mise à jour du 22 juin 2017: 



Scandaleuse déclaration de Macron à propos de la Syrie: il ne voit pas de "successeur légitime à Assad" et il faut donc, selon lui, maintenir ce dernier en place, avec l'aide de Poutine. 

La seule condition est qu'il n'utilise pas d'armes chimiques car cela fait trop désordre, mais, si on comprend bien,  tout le reste est permis: bombardements non-chimiques, tortures à grandes échelle, assassinats. 
Cette position représente une grave régression par rapport aux positions développées lors du précédent quinquennat, notamment sur le départ nécessaire d'Assad et son jugement.

Ce glissement vers l'alignement sur des positions "nationalistes françaises" et d'alliance avec Poutine doit être combattue.

Memorial 98 propose aux associations avec qui elle agit dans ce domaine d'organiser une protestation publique

 


Mise à jour du 28 mai 2017

Lors de la visite de Poutine à Paris, nous manifesterons avec les Collectifs et associations afin de protester à nouveau contre les massacres en Syrie, quelques semaines après l'attaque chimique de Khan Sheikhoun .

Memorial 98  
 

Rassemblement : disons STOP à Poutine
Lundi 29 Mai 2017 à 18 h 30 Esplanade des Invalides (face à la rue de l’Université, Métro Invalides).
Le Président de la République, Emmanuel Macron, recevra le Président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine le lundi 29 mai au Grand Trianon à Versailles à l’occasion de l’exposition sur la visite de Pierre le Grand en France en 1717. Espérons que cette commémoration historique soit également l’occasion pour notre diplomatie de revenir dans le jeu du règlement de la tragédie syrienne.
Pour rappel, alors que les diplomaties des pays européens et des USA font chaque jour des déclarations offusquées pour se donner bonne conscience, Monsieur Poutine, avec son aviation, est partenaire et complice du boucher de Damas depuis l’été 2015 dans le bombardement des populations civiles et des structures médicales. Il a fait en sorte de réitérer à Alep la « solution » tragique qu’il avait expérimentée à Grozny (capitale de la Tchétchénie) , ville martyre.
Nous attendons de cette rencontre qu’elle soit l’occasion de faire admettre à Monsieur Poutine que sa duplicité ne peut plus abuser la Communauté internationale. L’arrivée ces derniers jours du premier contingent de parachutistes russes dans le sud de la Syrie à Suweida, juste en face des unités d’élite de la coalition formée par les États-Unis, n’est pas de nature à apaiser la situation, d’autant plus qu’il s’agit des premières forces terrestres que Moscou envoie vers le Sud de la Syrie où, jusqu’à présent, les opérations russes se cantonnaient à des frappes aériennes.
Au-delà des déclarations d’usage, Monsieur Poutine doit s’engager de façon pérenne:
♦ pour le respect du droit international humanitaire en Syrie,
♦ pour l’application pleine et entière de la Résolution 2254 du Conseil de sécurité de l’ONU prévoyant une feuille de route pour parvenir à une transition politique passant par un cessez-le-feu et des élections libres sous contrôle international.
♦ à ne plus légitimer Bachar al Assad et son clan dont les monstrueux crimes de guerre et crimes contre l’humanité sont chaque jour davantage révélés.
À Paris lundi, la France doit avoir la détermination de le lui faire savoir.
Rassemblement Lundi 29 Mai 2017 à 18 h 30
Esplanade des Invalides (face à la rue de l’Université, Métro Invalides).
Organisations s’associant au rassemblement : Collectif pour une Syrie libre et démocratique (PSLD) ; Comité de Coordination de Paris de soutien à la Révolution syrienne ; Appel Solidarité Syrie ; MRAP ; SouriaHouria ; La Déclaration de Damas ; Appel Solidarité Syrie ; Memorial98, CEDETIM ; Cosmopolitan Project Foundation ;

Mise à jour du 16 avril 2017: Horreur à Idleb


Nos pensées pour les dizaines de morts de l'attentat à Idleb à proximité d'Alep.
A ce stade plus de 120 personnes en sont victimes, dont des dizaines d'enfants qui ont manifestement été ciblés. Des personnels humanitaires, des "Casques blancs" et des membres des groupes"rebelles" ont également été tués. Aucune revendication n'a été publiée. Nous n'oublions pas le bilan effroyable de la répression du régime Assad dont récemment son bombardement à l'arme chimique de la ville de Khan Cheikhoun, le 4 avril, qui a fait 87 morts.
 Assad nie sa responsabilité dans cette attaque et évoque comme d'habitude un "complot". Une fois de plus un média public français s'est porté au secours d'Assad afin de passer le message de négation du bourreau. Cette fois-ci c'est l'AFP qui se prête à l'opération de propagande, trois mois après l'entretien avec France-info organisé par  le député fillionisteThierry Mariani le 8 janvier dernier.
Assad nie carrément l'évidence: « Nous ne savons pas si ces enfants ont été tués à Khan Cheikhoun, nous ne savons même pas s'ils sont vraiment morts. » Pourtant, les autorités syriennes, mais aussi russes, ont bien confirmé qu'un incident de type chimique avait eu lieu dans cette localité. mais ont argué, contre toute évidence, que l'aviation syrienne avait frappé un « entrepôt » des rebelles qui contenait des « substances toxiques ». La population syrienne a plus que jamais besoin de notre soutien.

MEMORIAL 98


Collectif pour une Syrie libre
et démocratique (PSLD)

Paris le 4 avril 2017

  Août 2013  


  Avril 2017  
Alors que 70 délégations sont réunies à Bruxelles sur l’avenir de la Syrie, en toute impunité, Bachar Al Assad continue de gazer les Syriens 
Rassemblement Place de la République à Paris 
Jeudi 6 avril à 18H




Les avions de guerre du régime d'Assad à l'aube ont frappé ce matin la ville de Khan Sheikhoun dans la région d'Idleb[1] avec des bombes chargées de gaz toxiques provoquant des symptômes semblables à ceux causés par le gaz sarin. Environ 70 personnes auraient été tuées et 200 autres blessées. Les premières photos et vidéos des suites de l'attaque montrent clairement un crime horrible semblable à celui que le régime Assad a commis à l'est de la Ghouta près de Damas à l'été 2013, que la communauté internationale a laissé impuni.

L'armée de l'air du régime d'Assad a également effectué un massacre contre des civils dans la ville de Douma, dans l'est de la Ghouta tuant 32 personnes, y compris des femmes et des enfants.

Le régime d'Assad continue d'utiliser des armes interdites à l'échelle internationale dans les bombardements de zones civiles, en violation flagrante de la 4ème Convention de Genève et des Résolutions 2118, 2209, 2235 et 2254 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Ces crimes sont le résultat de l’incapacité de la communauté internationale à assurer la protection des civils.

Nous appelons à la mise en œuvre de l'article 21 de la résolution 2118 du Conseil de sécurité de l'ONU, selon lequel le Conseil doit prendre des mesures en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies en cas de non-respect, y compris le transfert et l'utilisation d’armes chimiques.

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir en urgence pour condamner ce crime et mener une enquête immédiate. Des mesures urgentes doivent être prises pour :

- instaurer enfin une protection des populations par une exclusion aérienne d’avions de guerre et le libre accès de l’aide humanitaire.

- tenir pour responsables de ces crimes et sanctionner ceux qui les ont ordonnés, exécutés, en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies.

L'incapacité de prendre des mesures concrètes et urgentes serait comprise par les populations comme un nouvel abandon et par le régime d'Assad comme un nouveau permis de tuer, y compris avec des armes proscrites par le droit international.


Rassemblements dans plusieurs villes
Paris : Jeudi 6 Avril 2017 – République 18h.



[1] Données du Communiqué de la Coalition Nationale Syrienne.

Mise à jour du 4 avril 2017
Nouveau massacre par l'utilisation de gaz toxiques.

 Plus de soixante personnes victimes de bombardements aériens menés par l’aviation du régime Assad et de l'armée russe à Idlib. Horreurs particulières: une dizaine d'enfants ont été tués et, comme souvent, l’hôpital qui accueillait les victimes a été lui-même bombardé.
L'acharnement contre les structures de santé et contre les sauveteurs (les "Casques blancs") est une caractéristique de la terreur mise en œuvre par Assad et Poutine.
 Honte aux candidats à la présidentielle française qui soutiennent ce duo de massacreurs: tous à droite et à l'extrême-droite et un à gauche. En sera-t-il question lors du débat télévisé des 11 candidats de ce 4 avril ?
MEMORIAL 98

 Mise à jour du 18 mars  2017 

6e anniversaire du début de la révolte contre la dictature Assad et Daech.
 La révolte est  toujours vivante malgré Poutine et son déluge de bombes.



Mise à jour du 11 janvier 2017

Confirmation: le criminel de guerre nazi Aloïs Brunner, jugé responsable de l'assassinat de quelque 130.000 juifs d'Europe durant la Seconde Guerre mondiale et adjoint d'Eichmann a été accueilli et employé par le régime Assad en Syrie. 
Une enquête approfondie parue dans la revue XXI siècle  ( et ici) confirme les informations déjà connues et qui éclairent à nouveau sur la nature du régime Assad père et fils.
Ceux qui, notamment à gauche, soutiennent le régime prétendument laïque et progressiste d'Assad sont une fois de plus confrontés à la véritable nature de cette dictature. 
Les journalistes français qui viennent de tendre un micro complaisant à Assad et de lui offrir une tribune de propagande dans le sillage de Thierry Mariani sont également interpellés par ces confirmations. 
De même que par la mémoire de leur confrère grand reporter GILLES JACQUIER de France 2 . Le journaliste a été tué en Syrie, il y a cinq ans jour pour jour, par un obus de mortier à Homs.
Il a été victime d'un guet-apens des forces du régime Assad et d'une manipulation d'une propagandiste du régime dénommée Anne-Marie de la Croix ( voir ici), très populaire dans le réseau complotiste de défense du régime syrien  Les journalistes français qui viennent de tendre le micro à Assad et de lui offrir une tribune de propagande n'ont manifestement pas eu la moindre pensée pour leur confrère, victime de ce massacreur. Depuis le 11 janvier, une esplanade parisienne porte son nom ; honneur à sa mémoire.

Memorial 98


Actualisation du 8 janvier:

Le criminel de guerre Assad invité à une séance de propagande sur la radio publique France Info dès ce 8 janvier et en version longue le lundi 9 janvier. 

Il se permet de justifier les massacres d'Alep en lançant: "Toutes les guerres sont mauvaises, c'est parfois le prix à payer" On notera que c'est exactement l'argument de mauvaise foi qu'utilisent ses soutiens français de droite et de gauche. 

Le prétexte des "terroristes" d'Alep qui sert à justifier son terrorisme d’État est factuellement faux puisque Daech a été expulsé de la ville depuis janvier 2014 par ces mêmes forces révolutionnaires contre lesquelles la dictature syrienne s’est acharnée. C’est contre une cité libérée de Daech depuis près de trois ans que le régime Assad, la Russie et l’Iran ont mené la campagne la plus meurtrière du conflit syrien.

Actualisation du 7 janvier 
Memorial 98 lors du rassemblement place Saint-Michel ce jour



Actualisation du 5 janvier :

Le combat de la population syrienne contre la dictature et contre Daech se poursuit. De plus, les armées russe, iraniennes/Hezbollah et du régime ne cessent de violer la trêve et de mettre en danger les populations civiles.
Dans le cadre d'une mobilisation internationale qui se déroulera dans plus de vingt capitales, nous soutenons l'initiative du rassemblement "La Syrie veut la Liberté", organise par des Syriens de Paris
Samedi 7 janvier à 16 h (et non 15h comme annoncé précédemment)
Place Saint-Michel (métro Saint-Michel)

Actualisation du 2 janvier
  
" Marche civile pour Alep": mise au point de Memorial 98

. Nous avons annoncé cette marche partie de Berlin, sur la base d'informations provenant de collectifs partenaires dans le soutien à la résistance syrienne. Mais nous sommes maintenant informés de graves problèmes d'orientation et de fonctionnement dans cette marche. L'organisatrice principale déclare (témoignage de participant.e.): "je ne sais pas ce qui se passe a Alep et je ne veux pas le savoir, je veux seulement des corridors humanitaires"...
Plus tard à l'arrivée d'une étape long débat, car les drapeaux de la révolution syrienne ont été interdits par les organisateurs. Après plusieurs heures de débat, une écrasante majorité des personnes présentes vote pour que les personnes qui souhaitent porter le drapeau de la révolution puissent le faire... Lendemain matin... changement... plus possible d'avoir le drapeau, c'est uniquement le drapeau blanc et c'est tout, menace d'appeler la police, exclusion de la marche. This is NOT a Civil March For Aleppo . C'est la marche d'Anna Alboth, pacifique, neutre... on marche mais on ne nommera pas les coupables" donc aucune référence à Assad et Poutine. En revanche la présence de Russia Today (média officiel de Poutine) est acceptée. Il apparaît donc que cette marche est manipulée et instrumentalisée au nom du "pacifisme". En conséquence, avec les autres associations, nous retirons notre soutien à cette initiative et mettons en garde contre la manipulation en cours.
Actualisation du 26 décembre: Marche civile pour Alep ( voir ici)

Ils viennent de partir de Berlin. Plus de 300 participants sont en marche vers Alep.
Ils exigent de l'aide aux civils, la protection des droits de l'homme et l'élaboration d'une solution pacifique pour le peuple d'Alep et d'autres villes assiégées en Syrie .

Actualisation du 23 décembre

Alep: jours de rage, de tristesse, de défaite et de mensonge. 

La "reconquête" d'Alep-Est par l'armée d'Assad est une fumisterie. L'envahissement de la ville-martyr est due uniquement à la puissance et à la cruauté des bombardements de l'aviation et de l'artillerie russe depuis septembre 2015, ainsi qu'à la présence massive des troupes iraniennes et de leurs sous-traitants tels le Hezbollah.

Un bataillon de la police militaire russe a aussi été déployé  à Alep pour assurer la "sécurité", selon le ministre de la défense russe, Sergueï Choïgou. Le bataillon russe compte entre 300 et 400 soldats, selon le premier vice-président du comité du Conseil de la Fédération pour la défense et la sécurité (chambre haute du Parlement), Franz Klintsevitch. « Il s’agit de jeter les bases pour un service de police dans la ville libérée »,
 
On notera qu'il s'agit de la première intervention militaire de la Russie en dehors des frontières de l'ancienne Union soviétique depuis la guerre d'Afghanistan (1979-1989).
 
Au lendemain de la prise d'Alep, la population syrienne en lutte contre la dictature et pour ses aspirations démocratiques a plus que jamais besoin de notre soutien. Les manifestations et rassemblements doivent se poursuivre, sans que nous nous laissions démoraliser par la puissance de Poutine, fort surtout de la lâcheté de ceux qui prétendent soutenir les Syriens et l'ont laissé faire.

MEMORIAL 98

Actualisation du 21 décembre

Alep/ Srebrenica: appel bouleversant de survivants du génocide de Srebrenica (Bosnie) en 1995 à propos d'Alep. Ils organisent une manifestation au cimetière où reposent les victimes du génocide (extrait)  :
"Nous regardons avec effroi ce qui se passe à Alep, en Syrie, des femmes, des civils sont victimes d’atrocités...
Il y a seulement vingt et un ans, à Srebrenica, en Bosnie-Herzégovine, nous étions comme les gens d’Alep. Nos pères, nos frères, nos enfants étaient horriblement massacrés et d’autres le furent plus loin, dans le silence et nous regardions comme nous regardons Alep aujourd’hui. Nous lancions des appels désespérés à la communauté internationale.
Vendredi 23 décembre, nous organiserons une manifestation pacifique au mémorial et au cimetière de Potočari où sont enterrés beaucoup de nos êtres chers tués durant le génocide de Srebrenica. Nous appelons une fois de plus le monde à ouvrir les yeux devant la situation en Syrie. Il y a 21 ans, le monde a fermé les yeux et nous a laissé nous faire massacrer comme des animaux. Nous espérons que tous ont tiré des leçons de cette douloureuse expérience. Nous espérons que le monde ne fermera pas les yeux une nouvelle fois. Nous espérons qu’il n’y aura plus jamais de Srebrenica, pour personne et nulle part au monde.

Les enfants de Srebrenica."
Voir ici le texte complet de l'appel et le contexte historique de Srebrenica.
Lors du rassemblement parisien de solidarité avec Alep le 19 décembre, un porte-parole de Memorial 98 a présenté l'appel de Srebrenica; à voir et entendre ici

Actualisation  du calendrier des rassemblements ci-dessous à la fin du texte
Face au désastre d'Alep, on entend et lit une lamentation toxique largement relayée par les médias: " Nous sommes impuissants, nous sommes coupables" 
Qui est ce "nous", vague et démobilisateur ? 

Ce discours d'auto-flagellation place dans une même case, d'une part ceux et celles qui manifestent d'une manière ou d'une autre leur soutien à la population syrienne contre Assad et Daech, et d'autre part les forces politiques, les gouvernements et institutions internationales qui ont laissé faire Assad et Poutine, voire les ont soutenus.

On peut se sentir défait, battu, en colère, mais pas "coupable" ou "impuissant" car cette  dernière attitude constitue un cadeau fait aux massacreurs et bloque les mobilisations qui se poursuivent.
 
Tant de personnes ont passé et passent de nombreuses heures à soutenir les réfugiés syriens, à manifester, à expliquer, à combattre la propagande pro-Assad ou pseudo-pacifiste; il faut élargir ce mouvement à tous ceux et celles qui sont horrifié.e.s par ce qui se passe à Alep, même s'ils/elles semblent  se "réveiller" seulement  maintenant.

Le discours de l'"impuissance de la communauté internationale" exonère en fait les gouvernements de leur responsabilité politique. Car si tout le monde est "impuissant" alors personne n'est responsable. On laisse en place le droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU et le tour est joué.
 

En revanche pour ceux et celles qui veulent sincèrement agir, il est l'heure de se bouger tous azimuts,tout d'abord en participant systématiquement aux initiatives publiques et en en prenant l’initiative, en les relayant. Mais aussi en expliquant, en combattant pied à pied contre la propagande complotiste, contre les rouge-brun, contre Fillon et Le Pen qui soutiennent les massacreurs , contre la trahison de la gauche qui converge avec eux.

Il y a assez de travail pour tous et toutes, notamment sur les réseaux sociaux, sans le laisser impressionner par la vague très organisée des supporters de Poutine et d'Assad, maintenant renforcés par ceux de Trump

Le combat n'est pas terminé en Syrie, la résistance et la population ont plus que jamais besoin de nôtre soutien: agissons!


Nous citons ici un texte publié il y a plus de 5 ans, le 5 Juin 2011, par  Memorial 98, quelques semaines après le début des manifestations en Syrie et toujours d'actualité, comme de nombreux autres dossiers à retrouver sur le site ( en utilisant le moteur de recherche) :
" L’histoire se répète tragiquement : face à d’immenses manifestations, face aux massacres perpétrés à l’arme lourde, face à la dictature, les gouvernements assistent sans réagir au massacre du peuple syrien.
Le prétexte pour le quasi-silence face à la guerre menée contre le peuple, est que le régime syrien constituerait un « facteur d’équilibre » au Moyen-Orient.
C’est la vieille antienne qui considère que pour des impératifs « géopolitiques » certains peuples n’ont pas droit à la justice et à la liberté, ni même aux droits élémentaires.
Le pays est dominé par l’armée et les services secrets ; la famille Assad et ses alliés ont fait main basse sur l’économie, la police politique espionne toute activité, les enfants même sont menacés, battus, torturés.
Le soutien apporté par Chavez à cette dictature sanglante, comme à celle de Kadhafi, est un crime impardonnable.
Qu’attend la gauche française, qu’attendent les associations de défense des droits de l’homme pour organiser des initiatives de soutien au peuple syrien ?" 

  
Actualisation du 15 décembre 

Alep: Syrie liste des manifestations de soutien  prévues dans les prochains jours 
Jeudi 15/12
Paris 15h - Ambassade de Russie
Paris 19h - Place André Tardieu (7e à proximité de l'ambassade de Syrie)
Saint-Etienne 16h30 - Place du peuple
Metz 18h30 - Arsenal de Metz
Avignon 18h30 - Hôtel de ville
Rennes 19h - Place de la République
Nice 18h - Place Garibaldi

Vendredi 16/12

Aix-en-Provence 15h - Place de la Mairie
Montpellier 18h - Place de la Comédie

Samedi 17/12

Lyon 16h30 - Place de la Comédie
Lille 14h - Place de la République
Lorient 16h - Place Aristide Briand (Cercle de silence)
Nancy 17h - place Stanislas
Marseille 15h - Vieux port de Marseille
Bordeaux 15h - Place de la Victoire
Strasbourg 15h30 - Place de la Gare





A Paris le rassemblement  pour Alep le mercredi 14 décembre a été un succès: beaucoup d'émotion a l'écoute des témoignages de Syriens. Nombreux jeunes, les mots d'ordre sont fortement repris, notamment: "Bachar Poutine assassins, liberté et démocratie en Syrie " et le cri répété "Alep!" 

 Actualisation vendredi 16 décembre:

L'évacuation des civils d'Alep est à nouveau bloquée par les troupes d'Assad et de Poutine. La population reste menacée. Aucun accord n'est respecté. Il faut absolument maintenir la pression afin de sauver les dizaines de milliers de personnes en danger. 
Memorial 98 appelle tous tous ses ami.e.s à participer aux rassemblements et à diffuser l'information

Nouvelles dates: 

Paris lundi 19 à 18 h Place Stravinsky ( à côté Centre Pompidou) afin d'exiger une "trêve globale" en Syrie, organisé par Collectif Syrie dont Memorial 98 fait partie

Toulouse mardi 20 à 18 H  Métro Jean Jaurès Allées Franklin Roosevelt  
 
Srebrenica ( Bosnie) 23 décembre cimetière de Potocari  
 Paris  24 décembre  Rassemblement de 15h à 17h à proximité de l’ambassade d’Iran.
Place d'Iéna - 75016 Paris
Métro : Trocadéro ou Iéna
Pour dénoncer les crimes de guerre des mollahs d’Iran et de leurs milices en Syrie, et en solidarité avec la ville martyre d'Alep.
Soyez nombreux !
 


 

MEMORIAL 98

mardi 6 décembre 2016

6 décembre: en mémoire de Malik Oussekine et Abdel Benyahia




Ni oubli, ni pardon: 30  ans après, jour pour jour, nous pensons à Malik Oussekine, tué par les "pelotons voltigeurs" de la police parisienne dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986, en pleine mobilisation étudiante contre les lois Devaquet. 

Memorial 98 salue sa mémoire, se souvient de la responsabilité directe de Pasqua et Pandraud, ministres de l'Intérieur et de la Police de l'époque ainsi que de celle de Chirac chef du gouvernement.
Les pelotons voltigeurs ont été mis en service par Pandraud . Ce sont des policiers montés à deux sur une moto tout-terrain ; l’un conduit, l’autre est armé d’une matraque. Ils ont comme mission de « nettoyer » les rues après les manifestations en pourchassant les  prétendus « casseurs ».  Ce corps de police fut dissous à la suite de cette affaire. Le ministre Devaquet démissionna, sa réforme fut retirée ainsi que le projet gouvernemental raciste qui s'attaquait au droit du sol (voir ici


On se souvient aussi comment le Front National a, un an plus tard, commenté sa mort : « Des Français comme les Oussekine, on peut s’en passer […]. On se souvient de la mort du petit casseur gauchiste nommé Malik Oussekine. Malgré son état de santé lamentable, il n’avait pas hésité à attaquer en pleine nuit les forces de police chargées du maintien de l’ordre » (extrait du journal du Front national du Var , 20 janvier 1988).

Quant aux assassins de Malik Oussekine, les voltigeurs Schmitt et Garcia, ils ne seront inculpés que de "coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner". Aux assises, en 1990, ils s’en tireront avec cinq ans de prison avec sursis pour le premier, deux ans pour le second.

Nous nous souvenons également de Abdel Benyahia tué dans la même nuit  du 5 au 6 décembre 1986 à Pantin à l'âge de 20 ans, par un inspecteur de police qui n’était pas en service. Dans les manifestations qui suivirent, les noms de Malik Oussekine et d'Abdel Benyahia étaient associés,   même si aujourd'hui, malheureusement, la mémoire du second se perd. 
Ainsi  lorsque Malik Oussekine est enterré au à Paris , une manifestation à la mémoire des deux,  Malik Oussekine et d'Abdel Benyahia, réunit plusieurs centaines de milliers de personnes.



  
 Au lendemain de la mort d'Abdel Benyahia, pendant 48 heures, c’est le blackout total dans tous les services.
 La famille n’est avertie que le 8 décembre de l’endroit où a été transporté le corps.  Le policier Savrey est n'est inculpé que d' "d’homicide involontaire" et laissé en liberté sous contrôle judiciaire. Il avait 1, 83 grammes/litre d'alcool dans le sang. Maître Forster avocat de la famille Benyahia déclara alors  : "C’est sur réquisition du ministère que le juge d’instruction n’a pas délivré de mandat de dépôt à l’encontre du policier". 
A la Cité des 4000 (La Courneuve) où habitait la famille Benyahia, se constitua le Comité justice pour Abdel qui s’acharne à réclamer la vérité. Six mois après le meurtre, le crime est requalifié "d’homicide volontaire" et Savrey est incarcéré. Le procès,  aux assises a lieu en novembre 1988. Des policiers déclarent  à la barre : "Vous savez bien que dans la police tout le monde boit ; un autre fonctionnaire aurait eu le même geste. On peut imaginer alcoolémie ou pas, qu’on aurait abouti au même résultat".  Le  réquisitoire demandait  : 8 ans  de réclusion. Verdict du jury : 7 ans de réclusion.

En cet anniversaire on se souvient aussi de la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré le 27 octobre 2015 ( voir ici) avec le scandale de l'impunité policière et plus près de nous de la mort d'Adama Traoré, victime des violences des gendarmes,  mort le 19 juillet à la gendarmerie de Persan après son interpellation. Sa famille et ses amis sont harcelés depuis.

Nous n'oublions pas et réclamons la justice, la vérité ainsi que la fin de l'impunité.

MEMORIAL 98

lundi 28 novembre 2016

Face à l'extrême-droite, cri d'alerte d'une survivante autrichienne de la Shoah



Actualisation du 20 décembre 2016

Hofer/Poutine: le parti d'extrême-droite  FPÖ et le parti de Poutine nommé Russie unie, passent une alliance officielle.  L'accord a été signé lors d'un voyage à Moscou de la direction du parti fasciste autrichien.

Ils prévoient notamment de   de coopérer pour « renforcer l’éducation des jeunes générations dans un esprit de patriotisme ». L ’accord fait du FPÖ « une cinquième colonne poutinienne en Europe », comme l'indique le député autrichien Öllinger

Le FPO de Hofer plonge des racines profondes dans l'histoire du nazisme dont il est issu, comme l' a rappelé la survivante Gertrude qui a lancé un cri d'alerte contre ce parti ( ci-dessous ainsi que dans la vidéo ci-dessus).

Pour mémoire en France l'extrême-droite (FN, Soral, De Villiers) et la droite radicale (MoranoThierry Mariani conseiller de Fillon ainsi que ce dernier  ) sont des visiteurs et courtisans habituels de Poutine.

Ce dernier dispose aussi de soutiens à gauche (notamment Jean-Luc Mélenchon) dont les partisans devraient se poser de sérieuses questions suite à cette alliance.

Memorial 98 


Actualisation du 7 décembre

Après la défaite de Hofer, le FN a la gueule de bois. Il espérait une victoire du FPÖ, parti d’extrême droite,. Gilles Lebreton, eurodéputé frontiste et membre du bureau politique, s'en prend sur Twitter à celle qu'il nomme avec mépris "Mamy Gertrude". Au delà de l'insulte antisémite, on note l'inquiétude du chef frontiste qui met en garde contre ce qu'il appelle " la diabolisation" et qui n'est que le rappel de ce que représentent ces partis d'extrême-droite, héritiers du fascisme.

 Gilles Lebreton @Gilles_Lebreton
: la diabolisation médiatique de mamy Gertrude a vaincu notre allié. A méditer avant de repartir au combat !


Actualisation du 4 décembre à 18h:

Bonne nouvelle : le parti d'extrême droite FPÖ a reconnu la défaite de son candidat Hofer dimanche soir dans la course à la présidentielle autrichienne, nettement remportée selon les projections par l'écologiste Alexander Van der Bellen à plus de 53 %. Mais le score de 46% pour l'extrême-droite reste énorme et inquiétant.

Merci à Trudi/Gertrude, survivante du nazisme, dont la vidéo d'appel à combattre Hofer a rencontré un énorme écho.

A noter le message de Marion Le Pen à Hofer au nom des "patriotes du monde entier", nom de code de l'Internationale des fascistes. Elle pensait sans doute que la partie était gagnée et que le racisme allait connaitre un nouveau succès, après la victoire du Brexit et de Trump. Mais aujourd'hui  cette Internationale "noire" encaisse un camouflet et elle avec.

 

Cher , je vous souhaite le succès pour ce dimanche. Les patriotes du monde entier sont avec vous !
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Memorial 98
 
Le 4 décembre aura lieu à nouveau  une élection présidentielle en Autriche. 
Elle opposera  encore une fois le représentant de l'extrême-droite (FPÖ) Norbert Hofer et Alexander Van der Bellen, candidat  soutenu par les Verts. Cette élection s'annonce serrée. Lors du premier scrutin,  ensuite annulé pour des raisons administratives, Van der  Bellen ne l’avait emporté que de 35 000 voix, alors même que tous les sondages annonçaient la victoire de Hofer. 


Dans ce contexte, une survivante de la Shoah en Autriche , Gertrude, âgée de 89 ans, lance un cri d'alerte dans une vidéo déjà vue trois millions de fois sur FB et dont le lien est ici 

Devant la caméra, elle dénonce le fait que le FPÖ,  parti fondé après-guerre par d’anciens nazis, « monte les gens les uns contre les autres », et « tente de faire remonter à la surface ce que le peuple a de plus bas, comme cela a déjà eu lieu par le passé ». 

Elle a ajouté avoir été particulièrement choquée par les propos de Heinz-Christian Strache, dirigeant du FPÖ, qui déclarait récemment que l'arrivée de migrants pourrait provoquer une "guerre civile" dans le pays.
Gertrude a appelé la jeunesse à voter pour le candidat  Alexander Van der Bellen, ajoutant: "C'est probablement ma dernière élection (...) mais les jeunes ont encore la vie devant eux et ils doivent s'assurer qu'ils prendront les bonnes décisions"

Elle fait aussi référence directement  à la persécution des Juifs de Vienne, notamment lors du rattachement de l'Autriche à l’Allemagne nazie en mars 1938 et lors  de la Nuit de Cristal (pogrom nazi du 9 novembre 1938 en Allemagne et en Autriche), en rappelant qu: 
« Quand les Juifs ont dû nettoyer les trottoirs ( sur ordre des nazis) , les Viennois les ont montrés du doigt en rigolant (voir ici) . Et c’est cette haine qu’on essaie de faire sortir de nouveau chez les gens. Et cela fait mal. Et de cela j’ai peur. »

Elle affirme avoir déjà entendu en 1933 et 1934, lors de l'ascension du cléricalo-fascisme,  le slogan actuel  du FPÖ, « Que Dieu me vienne en aide ». Elle estime que le candidat de ce parti, Norbert Hofer, « n’a pas grand-chose à voir avec la religion ». Elle parle d’une « fausseté hypocrite » qui lui saute au visage. « J’ai vécu la guerre civile à l’âge de 7 ans. Jamais je ne l’oublierai. J’ai vu les premiers morts à cette époque. Ce ne furent malheureusement pas les derniers. »

Gertrude  a été déportée à Auschwitz quand elle avait 16 ans avec ses deux jeunes frères et ses parents. Elle seule a survécu.

A cette occasion nous rendons hommage à une autre "vieille dame", si jeune dans ses combats comme Gertude. Il s'agit d'Irmela Mensa-Schramm qui traque les graffiti et slogans nazis et racistes à Berlin et dans toute l'Allemagne.

Quelque jours après la commémoration de la Nuit de Cristal et après la victoire de Trump, le cri d'alerte de Gertrude résonne en Autriche, en Europe et dans le monde entier.

Nous le reprenons à notre compte

Memorial 98

samedi 19 novembre 2016

#ParisAgainstTrump, 19 novembre 2016

Une première manifestation contre Donald Trump a réuni des centaines de participantEs ce 19 novembre à Paris. Beaucoup de colère mais aussi de solidarité avec des pancartes et des slogans réaffirmant explicitement la nécessité de l'unité de toutes les luttes contre toutes les formes de racisme et d'antisémitisme, contre le sexisme , l'homophobie , la transphobie ou le validisme. Très peu d'organisations progressistes françaises étaient présentes, mais beaucoup d'antiracistes étaient quand même venus, d'où aussi des pancartes anti-FN et de bienvenue aux réfugiés.

Évidemment, l'extrême-droite antisémite et raciste avait choisi de venir jouer la provocation. Les plus connus d'entre eux, Vincent Lapierre et son équipe d’Égalité et Réconciliation, le site de Soral, ont été reconnus et éconduits fermement. Face à leur volonté manifeste de chercher les coups pour jouer les martyres, des slogans antifascistes et un cordon sanitaire a fini par les repousser. 
Ils n'étaient cependant pas seuls, puisque des militants d'un autre média d'extrême-droite, Independenza Web TW, ont également déambulé dans la manifestation. Ces incidents illustrent une nouvelle fois la nécessité d'une vigilance accrue dans les mobilisations: de nombreuses personnes ne savent pas qui sont les fascistes qui se présentent comme "journalistes indépendants", et c'est aussi aux organisateurs qu'incombe la responsabilité de protéger les gens contre l'extrême-droite, même si chacun doit être prudent de son côté et ne pas s'exprimer devant une caméra sans s'être renseigné avant sur l'identité des prétendus " journalistes". 


 













MEMORIAL 98

dimanche 13 novembre 2016

13 novembre: hommage à Rosa Parks et à la lutte contre la ségrégation raciale.



                              Rosa Parks et Martin Luther King



Le 13 novembre 1956 représente une date majeure dans l’histoire du mouvement des droits civiques et de la lutte contre la ségrégation raciale  aux États-Unis. 


Ce jour là, la Cour suprême des USA statua par l'arrêt dit « Browder v Gale », qui proclama que la ségrégation dans les bus était anticonstitutionnelle. 

Cette décision répondait au mouvement de boycott des bus ségrégués lancé à Montgomery, en Alabama, depuis le 5 décembre 1955, au lendemain de la condamnation de Rosa Parks (voir ci-dessous)  La nouvelle ne parvint à Montgomery que le 20 décembre suivant. Le boycott cessa le lendemain, après 381 jours de mobilisation.   

Quelques jours après l’élection d’un Trump qui a mené une campagne raciste et discriminatoire, il est important de se souvenir du long combat, encore largement inachevé, des Afro-américains vers l’égalité des droits. 
La multiplication des crimes racistes commis par la police mais aussi le terrorisme d’extrême-droite dirigé contre les Afro-américains comme à Charlotte en juin 2015 indiquent la gravité de la situation. 
 D'ores et déjà, après la présidentielle, les actes et paroles racistes sont en forte augmentation aux USA, comme lors du Brexit  en Grande-Bretagne    

La ségrégation raciale était répandue dans les transports publics aux États-Unis, et même officialisée par une décision de la Cour suprême en 1896

Dans les bus de Montgomery, les quatre premiers rangs étaient réservés aux Blancs. Les Noirs, qui représentaient 75 % des usagers, devaient utiliser les places à l'arrière du bus. Ils pouvaient néanmoins s'asseoir dans la zone centrale, mais seulement jusqu'à ce que des Blancs en aient besoin ; ils devaient alors soit céder leur place et aller vers le fond, soit quitter le bus. 
Si les places centrales étaient occupées, les Noirs devaient tout de même acheter leur billet à l'avant, mais devaient ressortir du bus avant de rentrer par la porte arrière pour rejoindre les emplacements qui leur étaient destinés au fond du bus.

C’est contre cette discrimination  raciste que se dresse Rosa Parks lorsque, le 1er décembre 1955, elle refuse d'obéir au conducteur de bus Blake qui lui demande de laisser sa place à un Blanc et d'aller s'asseoir au fond du bus.

Depuis de nombreuses années, la communauté noire se plaint de la situation. Avant le refus de Rosa Parks, devenu célèbre, Claudette Colvin, une adolescente âgée de 15 ans avait été arrêtée le 2 mars 1955 pour avoir enfreint ce règlement, et d'autres personnes l'avaient payé durement, parfois de leur vie.
Rosa Parks en témoigne : « Ma résistance à ces mauvais traitements dans le bus n'ont pas commencé avec cette arrestation. J'ai fait beaucoup de marche à pied à Montgomery. » 
Elle en fait l'expérience un jour pluvieux de novembre 1943, quand le même chauffeur de bus James Blake, comme à son habitude, lui demande de payer sa course à l'avant, redescendre et de remonter par la porte arrière. Voyant que du monde gêne l'accès par l'arrière, elle décide d'aller directement vers le fond. Blake furieux, la main sur son revolver, l'empoigne pour la ramener vers l'avant. Elle laisse alors tomber son sac à main et s'assied un instant sur un siège réservé aux passagers Blancs pour le récupérer. Blake lui laisse à peine le temps de descendre du bus, qu'il redémarre. Rosa Parks marche plus de huit kilomètres sous la pluie. Ironie du sort, ce sera le même chauffeur le 1er décembre 1955, alors qu'elle cherchait à l'éviter depuis cet événement.

Ce jour de 1955, elle n'avait pas planifié son geste, mais une fois décidée, elle l'assume totalement. Après son travail, elle prend le bus vers 18 heures. Alors qu'elle s'est assise au milieu, quatre personnes blanches montent à l'arrêt devant l’Empire Theater mais il n'y a de places assises que pour trois passagers. Le quatrième le signale à Blake qui demande aux Noirs d'une rangée du milieu d'aller à l'arrière. Ces derniers refusent puis finalement les trois hommes noirs obtempèrent mais Rosa reste dans cette rangée, acceptant uniquement de se déplacer à droite.
Blake, furieux qu'elle refuse de se déplacer dans la colored section, descend du bus et appelle son chef qui lui demande de faire venir la police. Elle est arrêtée, emmenée au poste de police de l'Hôtel de ville puis transférée à la prison. Elle prend contact avec  un avocat noir  membre de la NAACP, principale association de défense des droits des Noirs américains. Celui-ci comprend l'intérêt symbolique du combat à mener. Il appelle un avocat blanc, Clifford Durr, qui accepte de contester la loi sur la ségrégation dans les bus. Ils la font libérer le lendemain soir.

La nuit suivante, cinquante dirigeants de la communauté afro-américaine, emmenés par un jeune pasteur peu connu à l'époque, Martin Luther King, se réunissent pour discuter des actions à mener à la suite de l'arrestation de Rosa Parks . Ils y fondent la Montgomery Improvement Association, dont ils élisent King comme président. Il y popularisera les pratiques de la désobéissance civile.


Le mouvement a trois revendications immédiates :
1.   Que les Blancs et les Noirs puissent s'asseoir où ils veulent dans l'autobus.
2.   Que les chauffeurs soient plus courtois à l'égard de toutes les personnes.
3.   Que des chauffeurs noirs soient engagés.

Boycott

Jugée et inculpée de désordre public ainsi que de violation des lois locales le  5 décembre, Rosa Parks écope d'une amende de 10 dollars (plus 4 dollars de frais de justice). Ses avocats décident de faire appel.

La veille du procès, 35 000 tracts sont distribués pour inviter les Noirs à ne plus emprunter les bus le lundi 5 décembre. Le mot d'ordre fut repris par The Montgomery Advertiser, le journal noir local. Le mot d'ordre fut reconduit après une réunion à l'église. 
C'est le début du boycott des bus de Montgomery ; il se prolongera 381 jours. Des douzaines de bus publics restèrent au dépôt pendant des mois jusqu'à ce que la loi sur la ségrégation dans les bus publics fût levée. La plupart  des usagers marchèrent à pied ; des taxis conduits par des Noirs firent des trajets au tarif du bus (10 cents). Quelques Blancs les rejoignirent, parfois par idéologie, parfois simplement parce qu'ils avaient besoin que leurs employés noirs viennent travailler. Peu à peu, grâce en partie à l'écho international qu'eut le mouvement, des fonds ont commencé à arriver, permettant de mettre en place un service d'autobus parallèle, ou plus modestement l'achat de paires de chaussures.
Des actes racistes violents furent perpétrés, y compris le dynamitage des domiciles de Martin Luther King et de l'avocat Edgar Nixon.
Ce mouvement provoqua beaucoup d'autres protestations contre la ségrégation menée aux États-Unis.

Décision de la Cour suprême

Finalement, le 13 novembre 1956, la Cour suprême des USA statua par l'arrêt dit « Browder v Gale », qui proclama que la ségrégation dans les bus était anticonstitutionnelle. La nouvelle ne parvint à Montgomery que le 20 décembre suivant. Le boycott cessa le lendemain.

Toutefois, la violence continua avec des tirs contre les bus et le domicile de Luther King et des explosions visant les églises fréquentées par les Noirs. Et, si la ségrégation avait été abolie dans les bus de l’État , ce n'était pas encore le cas pour les liaisons entre les différents États. Un groupe de jeunes fonda le Freedom Ride (qui peut se traduire par les voyages de la liberté), mais après quelques jours, un de ces bus fut stoppé par le Ku Klux Klan ; ses occupants furent frappés et le car brûlé. Ce n'est qu'en 1964  que les lois ségrégationnistes furent abrogées par le Civil Rights Act qui interdit toute forme de ségrégation dans les lieux publics, puis en 1965  par le Voting Rights Act qui supprime les tests et les taxes imposés pour devenir électeur. Ces moyens étaient utilisés afin d’empêcher les Afro-américains de voter.

                              Manifestation à Memphis en 1968

Alors que s'ouvre aux États-Unis une période d'affrontements, nous rendons hommage aux combattant.e.s des droits civiques et de l'égalité, à Rosa Parks, Martin Luther King et tous les autres, pionniers d'un avenir nécessaire.



Actualisation du 14 novembre: hommage à deux autres héroïnes, Barbara Henry et Ruby Bridges

14 novembre 1960 : la lutte contre la ségrégation raciale et pour les droits civiques des Noirs bat son plein.

Le président Eisenhower a concédé l’ouverture des écoles blanches aux Afro-américains.
Ruby Bridges, alors âgée de 6 ans, est la première à franchir les portes d’une école de La Nouvelle-Orléans, sous les huées et les projectiles d’une foule blanche déchaînée.

Face aux menaces de mort, de kidnapping et de torture que la famille Bridges reçoit, le président Eisenhower envoie, le lendemain, quatre gardes fédéraux (Marshalls) pour la protéger (ci-dessous)



Les parents blancs retirent immédiatement leurs enfants de l’établissement. 

Tous les enseignants, à l'exception d'une professeur blanche nommée Barbara Henry, refusèrent également de faire cours s'il y avait une enfant noire dans l'école. Pendant un an, Mme Henry enseigna donc uniquement à Ruby, comme si elle enseignait à toute une classe.
Son père perdit son emploi suite à et ses grands-parents, agriculteurs du Mississippi, furent renvoyés de leurs terres.

Ruby Bridges, aujourd'hui Bridges Hall, vit toujours à La Nouvelle-Orléans. Elle est maintenant la porte-parole de la Ruby Bridges Foundation, fondée en 1999 pour promouvoir « les valeurs de la tolérance, du respect et de l'appréciation des différences ». Décrivant la mission de cette association, elle dit : « le racisme est une maladie importante ».



Memorial 98