lundi 28 septembre 2015

Le Bon Coin justifie la publication d'une annonce antisémite: agissons !


Mise à jour du 28 septembre, 16h30: la mobilisation paye. En moins d'une heure, le site Le Bon Coin interpellé sur Twitter et par mail, avec copie de notre article, a retiré l'annonce incriminée, alors que celle-ci se trouvait sur le site depuis le 5 septembre. Merci à toutes et tous , n'hésitez pas à utiliser le tweet ci-dessous, où Le Bon Coin affirme que les annonces antisémites et pro-nazies sont bannies sur son site, pour protester contre d'autres annonces éventuelles ! 




 Depuis le 5 septembre, sur le site d'occasions Le Bon Coin, on trouve une édition du pamphlet antisémite " Le Juif International" d'Henry Ford, ré-édité par l'entreprise d'Alain Soral Kontre Kulture. 

Aux États-Unis ce pamphlet extrêmement violent écrit dans les années 20 par le grand patron de l'automobile reste encore aujourd'hui une des références importantes des groupes suprémacistes blancs, ceux qui sont à l'origine d'attentats et d'assassinats de plus en plus fréquents: en témoignent à quelques semaines d'intervalles, la tuerie perpétrée par Dylan Roof dans une église puis celle intervenue quelques semaines plus tard dans un cinéma, toujours en Louisiane, toutes deux accomplies  par des néo-nazis.

Le "Juif International ", qui développe abondamment un racisme biologique assorti d'appels à peine masqués à l'extermination sera une source d'inspiration pour Adolf Hitler, qui y trouvera notamment la trame de sa dénonciation hallucinée du "judéo-bolchevisme" et de la "finance capitaliste juive" comme les deux facettes du même complot de la même "race honnie". On y trouve déjà l'arme du négationnisme et du retournement victimaire qui se développera après la Shoah: Ford explique à ses lecteurs américains que les pogroms en Europe de l'Est n'existent pas et qu'ils ne sont qu'une invention juive pour masquer leur invasion programmée des États-Unis en une fuite face aux persécutions. 

L'ouvrage est également porteur d'un racisme global construit à partir de la rhétorique antisémite: les Juifs , déterminés à affaiblir la race blanche, se serviraient des autres races inférieures, "orientales" et et "africaines" pour accomplir leur projet: ainsi l'ouvrage décrit-il le jazz comme une manifestation du grand complot destiné à propager le métissage culturel et à abâtardir les Blancs, par tous les moyens possible. 

Bien évidemment, l'ouvrage est disponible en français sur de nombreux sites néo-nazis. Mais sa vente par la maison d'éditions d'Alain Soral a été empêchée par une décision judiciaire ordonnant le retrait de nombreux passages de l'ouvrage en 2013, décision contre laquelle Soral a fait appel, mais qui reste exécutoire pour le moment. 

Comme souvent, et malgré l'ampleur de la tâche, des antiracistes ont immédiatement écrit au site "Le Bon Coin " pour demander le retrait  de l'annonce et l'application par Le Bon Coin d'une politique de retrait des annonces de vente d'objets ou d'ouvrages incitant à la haine raciale.

Voici la réponse du site :  

"Bonjour,

Il est possible que cette annonce soit abusive mais nous n'avons pas suffisamment d'éléments pour la supprimer.
Vous êtes libre de ne pas donner suite si vous ne le souhaitez pas. Merci pour votre confiance et à bientôt sur notre site."

Cette réponse est un très bon exemple de l'hypocrisie globale des justifications habituelles des grands sites de commerce ou des hébergeurs de contenu sur le net: tous, lorsqu'ils sont pris la main dans le sac par de grands médias sur leur complaisance vis à vis des contenus antisémites, racistes, islamophobes ou homophobes font référence à la possibilité pour les internautes de signaler ces contenus. Tous arguent de la grande quantité de contenus postés sur leurs sites et de l'impossibilité de les modérer en temps réel, et tous prétendent cependant être prêts à faire le nécessaire si on leur signale ces contenus. 

Ainsi en juillet 2014, le Bon Coin finit-il par supprimer une annonce qui mentionnait explicitement ne pas accepter les "gens d'Afrique " dans son gîte, après qu'une mobilisation suffisante ait eu lieu pour déclencher des articles de presse. De même en 2013, où à l'occasion du bad buzz déclenché après la publication d'une annonce immobilière raciste, le site déclare être "particulièrement vigilant" et avoir mis en place des "filtres" qui détectent les contenus racistes.

En réalité, le seul "filtre" est celui de notre mobilisation, et les responsables du site n'hésitent pas à se contenter d'un odieux " si t'aimes pas t'achète pas", quand celle-ci n'est pas assez grande.

Puisque le respect des lois antiracistes est en option assumée pour Le Bon Coin , puisque celui-ci est prêt à faire du commerce sur la haine si le rapport de forces n'est pas suffisant, nous invitons tous nos lecteurs à se mobiliser.



Merci d'envoyer cet article avec une phrase d'introduction courtoise mais ferme , exigeant le retrait immédiat de l'annonce sur le formulaire de contact du site  disponible ici.

Exemple d'introduction

" Bonjour, extrêmement choqué par la publication d'une annonce proposant à la vente le pamphlet raciste d'Henry Ford, vente explicitement condamnée par une décision de justice, je suis très étonné de votre fin de non-recevoir opposée à des personnes ayant protesté contre cette annonce. Je remarque que votre site ne prévoit pas l'incitation à la haine raciale dans votre rubrique "Abus". Je me joins donc à l'association Mémorial 98 pour exiger le retrait immédiat de cette annonce, mais également des explications sur votre position initiale de maintien. Dans l'attente, je diffuse l'article joint le plus largement possible. 

Si vous avez un peu plus de temps, vous pouvez également poster cet article dans les commentaires des posts de la page Facebook du Bon Coin ou les interpeller sur Twitter @leboncoin.

dimanche 27 septembre 2015

Grèce: un ministre antisémite et homophobe nommé puis expulsé par Tsipras.



Dans le nouveau gouvernement grec d'Alexis Tsipras formé le 21 septembre , une nomination ministérielle a déjà fait déjà scandale et à conduit à un limogeage express en raison des propos antisémites d'un des ministres. Il s'agit de Dimitris Kammenos député du parti souverainiste de droite ANEL, membre de la coalition, désigné comme ministre délégué aux infrastructures et au transport et "démissionné" en  24h  .

Kammenos est ouvertement antisémite, même s’il prend soin de  rester à la limite de ce que les lois punissent en Grèce. Ces lois, un peu améliorées en 1979,  demeurent  particulièrement laxistes en matière de négationnisme, ce qui a permis aux divers néo-nazis dont ceux du parti Aube Dorée d'échapper à des condamnations dans ce domaine.

 Deux exemples ont particulièrement choqué. En 2013, Kammenos  avait  diffusé  la rumeur antisémite et complotiste bien connue à propos des attentats du 11 septembre à New York: " n’oubliez pas; aucun juif n’est allé au travail le 11 septembre 2001 alors que 2 500 d’entre eux étaient employés au World Trader Center”, ce qui laisse entendre que les "Juifs" sont responsables de cet attentat.

Il a poussé  la provocation en juin dernier jusqu’à utiliser une photo d’Auschwitz (voir illustration de l'article) pour comparer la zone euro à ce camp nazi d’extermination de Juifs durant la seconde guerre mondiale. Il avait réalisé un photomontage  remplaçant le sinistre " Arbeit Macht Frei" par "We stay in Europe (nous restons en Europe)".  Face aux protestations, il avait confirmé en indiquant qu'à ses yeux la comparaison était justifiée puisqu'il s'agissait d'un "Holocauste" économique

Connu aussi pour ses positions homophobes, il s’est notamment opposé très brutalement, par le biais des réseaux sociaux, à la Gay Pride.

Dès les premières protestations contre sa nomination, Kammenos  a utilisé  les prétextes habituels dans ces cas. Il a ainsi soutenu que son compte Twitter avait dû être piraté  et a même publié un communiqué dans lequel il condamne “le racisme, l’homophobie et l’antisémitisme”.

Kammenos a été éjecté en 24h mais on ne peut que s'interroger sur le fait même qu'il ait pu être nommé au gouvernement. Son antisémitisme était bien connu, dans un pays dont le troisième parti en terme de députés est Aube Dorée (néo-nazi) et dans lequel la hiérarchie religieuse orthodoxe, particulièrement puissante et dotée de prérogatives officielles, diffuse des thèmes antisémites et négationnistes.
L'ensemble du parti ANEL, associé de la coalition Syriza,  défend des positions réactionnaires notamment dans le domaine de l'"Identité nationale" et des libertés. La présence de ce parti dans les gouvernements Tsipras successifs depuis janvier 2015 représente un facteur particulièrement négatif. 

 
La communauté juive de Grèce compte aujourd'hui quelque 6000 personnes. Environ 55 000 de ses membres, qui vivaient principalement à Thessaloniki (Salonique), ont été massacrés durant l'occupation nazie.
Salonique, que l’on nommait la « Jérusalem des Balkans », capitale du judaïsme sépharade, comptait plus de  55000 Juifs avant la Shoah ; 54000  furent expédiés dans les camps d'extermination nazis. Près de 98 % de la population juive totale de cette ville connut ainsi la mort durant la guerre. Cela n'empêche pas le Métropolite Anthimos (évêque orthodoxe) de Salonique de faire des déclarations antisémites.
 
Une partie de la gauche grecque est contaminée par la tradition antisémite en vogue dans son pays. Elle ajoute à sa condamnation de la politique des gouvernements israéliens des considérations relevant de l'antisémitisme.
Ainsi le compositeur  Mikis Théodorakis  a plusieurs fois dérivé dans cette direction.   Dès 2003, lors d’une conférence de presse, il avait  déclaré : « Aujourd’hui, nous pouvons dire que ce petit peuple (juif) représente la racine du Mal. Il se croit très important et est très entêté ».  Depuis, Théodorakis persiste dans la même veine.

L'affaire Kammenos, survient 3 mois après le cas de Guillermo Zapata, élu à la municipalité de Madrid avec  liste de la coalition citoyenne soutenue par Podemos, limogé après la découverte de  messages antisémites et négationnistes postés sur son compte Twitter et dont nous avons fait état dans ces colonnes. Elle sonne comme un avertissement très grave, montrant au sein de partis de gauche, une tolérance inexcusable à l'égard de positions antisémites. Un "ménage" et une vigilance approfondie sont nécessaires afin de combattre ce fléau.    




vendredi 25 septembre 2015

Maïtena Biraben: dehors la propagandiste du FN !



La déclaration de soutien aux idées du FN de Maïtena Biraben, présentatrice du "Grand Journal",  représente un acte gravissime qui doit être sanctionné immédiatement.  Son affirmation répétée face à Me Dupont-Moretti« ... Mais pourtant les Français se reconnaissent dans ce discours de vérité qui est tenu par le Front national » ne constitue pas un "dérapage",  contrairement au terme repris en boucle et qui sert à banaliser la gravité de ses propos  .

Il est inconcevable que celle qui a exprimé  et répété son soutien aux idées du parti frontiste puisse poursuivre son travail de propagandiste médiatique, explicite ou plus dissimulé, en faveur du parti de la haine et de la violence.

On peut multiplier les interprétations sur les intentions de la présentatrice et ses qualités professionnelles, sur le lien de son positionnement avec la stratégie politique de Bolloré, propriétaire et censeur de Canal Plus, proche de Sarkozy et de toute la droite dure.
 On peut aussi noter l'alerte supplémentaire que représente le dévoilement de ce que pense réellement une personnalité des médias,venant après l'attaque raciste d'Olivier Mazerolle (RTL)  contre la nouvelle ministre du travail, Myriam El Khomri.

Mais les faits sont là et nécessitent que les antiracistes se mobilisent.  Rappelons que Marine Le Pen, présidente du FN, parti de la "vérité" selon la présentatrice, est déférée en correctionnelle et sera jugée le 20 octobre  pour "incitation à la haine raciale" après avoir  comparé les «prières de rue» des musulmans à l'occupation nazie de la France.

Il ne faut pas craindre l'accusation de censure qui paralyse et sert de prétexte pour ne pas agir contre les propagandistes de la haine, comme dans d'autres cas ( Dieudonné, Soral, Zemmour et autres Houellebecq)

On rappellera deux choses aux thuriféraires de la "liberté d'expression". 
 D'une part, les journalistes ne sont a priori pas censés étaler leurs préférences politiques ni appeler au soutien d'un parti particulier, à moins qu'ils ne s'expriment dans un média lié à ces partis politiques. A ce titre, la défense de M. Biraben par l'avocat pénaliste Dupond-Moretti, son interlocuteur du Grand Journal, est incohérente. Celui-ci, qui par ailleurs demande l'interdiction du FN, qu'il considère comme un parti "non républicain", se porte au secours de la présentatrice. Il compare ses propos à ceux (funestes) de Laurent Fabius en 1984: "Le Front national pose les bonnes questions mais apporte de mauvaises réponses" Mais les propos terribles de Fabius étaient tenus par un responsable politique et alors premier ministre et pas par une présentatrice "objective". Sans doute Dupont-Moretti regrette-il de ne pas avoir été assez réactif sur le plateau du Grand Journal et de ne pas avoir rappelé qu'il est favorable à la mise hors la loi du parti frontiste.

D'autre part, le FN n'est pas un parti comme les autres, contrairement à ce que certains médias martèlent en boucle. Maïtena Biraben en est d'ailleurs la preuve, elle qui n'hésite pas à bafouer les règles minimum de respect de la vie démocratique, en se servant de son audience pour soutenir ouvertement le parti politique dont elle pense qu'il exprime la "vérité". Il y a là une arrogance coutumière à l'extrême-droite, celle qui hurle sans arrêt contre les collusions supposées de la classe politique avec les journalistes, mais exige que ses propres soutiens médiatiques puissent afficher leur collusion assumée et ne pas en subir les conséquences. La mobilisation immédiate de tous les dirigeants du FN aux côtés de M. Biraben en témoigne.


Nous appelons donc au retrait immédiat de Maïtena Biraben de la présentation de toute émission à caractère politique et à une sanction de son acte de propagande en faveur du FN. Nous appelons à protester  auprès au du Conseil supérieur de l'Audiovisuel (CSA)  et auprès de Canal Plus, notamment sur leurs pages Facebook et comptes Twitter.   


mardi 22 septembre 2015

Hongrie: la politique criminelle d'Orban doit être stoppée immédiatement.




Actualisation du 26 décembre  2016: hommage au prêtre Nemeth

"Sauvez-nous avant qu'on meure de froid !": bravant l'hostilité des autorités,  le prêtre hongrois Zoltan Nemeth offre chaleur et réconfort à des migrants frigorifiés.

Dans la salle attenante à son presbytère, les soutanes accrochées au porte-manteau voisinent avec les matelas et les sacs à dos de 14 demandeurs d'asile --Kurdes irakiens, Afghans, Camerounais, Nigérians, Cubains et Congolais, chrétiens et musulmans-- réfugiés là.

Le cri d'alarme est arrivé début décembre sous la forme d'un courriel adressé par l'un d'entre eux à ce prêtre catholique. Le père Nemeth, 61 ans, assure n'avoir pas hésité à répondre à l'appel.

"Je ne suis pas un héros, c'était mon devoir de chrétien de les aider", explique le prêtre, curé de la paroisse de Kormend, une ville de 12.500 habitants adossée à la frontière autrichienne où un camp de réfugiés a été ouvert l'été dernier.

Mais les installations, de simples tentes militaires chauffées à l'aide d'un poêle à bois, n'y sont pas adaptées à la neige et aux températures glaciales de l'hiver hongrois, témoigne un des hôtes du père Nemeth.

"Il fallait que quelqu'un reste éveillé toute la nuit pour remettre du bois sur le feu si on ne voulait pas avoir trop froid", explique à l'AFP ce Camerounais chrétien d'une trentaine d'années souhaitant garder l'anonymat, et que le curé a "embauché" comme servant de messe.

Les conditions précaires du camp de Kormend, qui n'est pas ouvert à la presse, ont été dénoncées comme "inhumaines" par l'ONG Migszol, qui a reproché aux autorités hongroises de chercher "volontairement à faire geler les gens dans des camps de tentes".

Bien que le pape François et plusieurs Eglises européennes se soient mobilisés pour l'accueil de migrants, l'action du père Nemeth reste isolée en Hongrie, où le Premier ministre Viktor Orban a multiplié les initiatives visant à décourager l'arrivée en masse de réfugiés, qu'il a qualifiée de "poison" pour la "civilisation occidentale".

Au plus fort de la vague qui a vu plusieurs centaines de milliers de migrants transiter par le pays l'an passé, le cardinal hongrois Peter Erdö avait donné le ton en prévenant qu'au regard du droit national, toute aide à un migrant relèverait du "trafic d'êtres humains" ( voir ci-dessous sur les fractures au sein de l’Église ). En revanche, de nombreux autres prêtres s’étaient préoccupés à l'époque du sort des migrants. 

A l'inverse cet automne, le père Imre Kozma, devenu une célébrité mondiale en 1989 en recueillant des milliers de réfugiés d'Allemagne de l'Est peu avant la chute du Mur, a de son côté appelé à soutenir le référendum national anti-migrants organisé par M. Orban.

"Je me sens un peu seul",  dit Zoltan Nemeth. Seuls deux de ses collègues prêtres lui ont jusqu'à présent exprimé leur soutien, souligne-t-il.

Les campagnes xénophobes menées depuis deux ans par le gouvernement ont également eu un effet sur certains de ses propres paroissiens, dont quelques uns ont accusé ce prêtre d'être "anti-Hongrois" et "non-chrétien", rapporte l'intéressé.

"L'un d'eux m'a arrêté dans la rue pour m'assurer que les migrants me tueraient comme ils l'ont fait avec ce prêtre en France", souligne le curé, dans une allusion à l'assassinat du père Hamel par un jihadiste en Normandie en juillet.

Mais des Hongrois de tout le pays, "aussi bien pratiquants qu'athées", lui ont aussi adressé des messages de soutien, sourit-il.

"Comment peut-on être pris au sérieux en tant que chrétien si on parle des Évangiles sans les vivre?", s'interroge le prêtre, citant volontiers en modèle le pape François et ses actions en faveur des gens dans le besoin.

Pour sa part, c'est au cours d'un séjour missionnaire de trois ans en Afrique du Sud que le prêtre hongrois a "appris à ignorer religions, races et classes sociales et à ne voir que les personnes", assure-t-il.

Pour ses pensionnaires, tous en attente d'une décision d'appel concernant leur demande d'asile, l'avenir s'annonce incertain: la Hongrie n'a accordé cette année un statut de réfugiés qu'à moins de 400 personnes sur près de 30.000 demandes. Et la plupart des pays européens, dont l'Autriche voisine, refoulent désormais les migrants venus de Hongrie.


Mise à jour du 26 novembre 

Autour de Trump, l'Internationale raciste et ultra-réactionnaire continue à se mettre en place; Orban y figure en bonne place.





Après avoir décidé de recevoir comme  premier responsable politique étranger le britannique Nigel Farage, dirigeant ultra-raciste du parti Ukip et vainqueur du Brexit (voir ici
Trump a appelé le Premier ministre  hongrois Viktor Orban et l'a invité à se rendre à Washington, a déclaré ce dernier.

Par le passé, l'Union européenne et les États-Unis ont critiqué la manière "autoritaire" de diriger d'Orban. Ainsi depuis 2010 il n'a jamais eu de rencontre bilatérale avec Barack Obama.

Le Premier ministre hongrois était d'ailleurs le seul chef de gouvernement européen avec Poutine à se montrer enthousiaste suite à la victoire surprise de Trump.

Mise à jour du 3 octobre: 

Échec pour Orban, puisque la participation au référendum n'atteint pas les 50% nécessaires légalement pour sa validation.
Ce résultat fait suite à l'appel au boycott ou au vote nul préconisé par  toute l'opposition politique et des organisations progressistes. 
Cet échec est un début, une épine dans le pied d'un des gouvernements en pointe dans l'offensive européenne contre les réfugiés. Les résultats sont là: une majorité de la population hongroise n'a pas jugé que les réfugiés consistaient un péril qui nécessite de se positionner contre et ce malgré l'énorme campagne gouvernementale. Pour une fois, la fameuse majorité silencieuse n'est pas forcément celle qu'on dit.

Mise à jour du 2 octobre 2016

Orban met en œuvre le référendum anti-migrants qu'il a annoncé. La question soumise est particulièrement tendancieuse:  "Voulez-vous que l'Union européenne décrète une relocalisation obligatoire de citoyens non-hongrois en Hongrie sans l'approbation du Parlement hongrois ?"
La campagne gouvernementale a consisté en un déchainement de racisme et de démagogie en évoquant les millions de migrants musulmans se préparant à déferler sur la Hongrie. Il s'agit en fait de 1300 réfugiés qui devraient être "relocalisés" selon le plan européen.
A la veille du vote, les néo-nazis associés au parti d'extrême-droite Jobbik qui soutiennent la position de Orban se sont rassemblés sur la place centrale de Budapest. 
L'UE a certes annoncé que le référendum n'avait aucune valeur juridique mais en cas de succès Orban sera incontestablement renforcé.  
 L'Union Européenne et toutes ses instances doivent de toute manière  sanctionner immédiatement  le gouvernement hongrois.

MEMORIAL 98
 
Mise à jour du 24 août 2016:

Orban provoque un nouveau scandale antisémite et anti-Rom.
Une quarantaine de personnalités hongroises ont annoncé aujourd'hui rendre leur Croix de chevalier, une prestigieuse décoration nationale, pour protester contre l'attribution de celle-ci à un polémiste régulièrement épinglé pour ses dérapages à caractère raciste et antisémite.
Zsolt Bayer, un proche du premier ministre Orban, s'est vu décerner la Croix de chevalier samedi des mains du président Janos Ader, déclenchant une vague de protestations.
En 2013, il avait notamment, dans une tribune parue dans le journal Magyar Hirlap, comparé les membres de la minorité rom à des "animaux" qui "ne devraient pas exister", ce qui avait valu une condamnation de la publication à une amende. Il avait traité  les Juifs d'"excrément puant"
Parmi les personnes ayant retourné la Croix de chevalier, le président de la principale organisation juive hongroise, Andras Heisler, a expliqué ne pas vouloir faire partie d'un "même groupe de personnes" que M. Bayer. "C'est un raciste, un antisémite qui pollue la Hongrie avec ses idées virulentes contres les tsiganes, qui détruisent la nation", a-t-il estimé.
On peut protester sur la page FB de l'Ambassade de Hongrie à Paris (Avis et /ou commentaires) en indiquant: " Avec Memorial 98 protestation contre la décoration de Zsolt Bayer, raciste et antisémite"
 https://www.facebook.com/ambahongrieparis/




Mise à jour du 3 juillet 2016:

Orban se sert du Brexit pour organiser un référendum anti-migrants 

La Hongrie organisera le 2 octobre un référendum voulu par le gouvernement sur le plan européen de répartition des réfugiés dans les pays membres de l’Union européenne (UE)
La question, très orientée, sera la  suivante : « Voulez-vous que l’Union européenne décrète une relocalisation obligatoire de citoyens non hongrois en Hongrie sans l’approbation du Parlement hongrois ? »

Le gouvernement hongrois ultra-réactionnaire  a débuté dès le mois d’avril sa campagne pour le non, agitant notamment le spectre de « terroristes » parmi les réfugiés.

Memorial 98


Mise à jour du 28 mai 2016:

Un groupe de quatre lycéens hongrois, de 17 ans à peine, a monté un collectif pour distribuer nourriture, jouets et vêtements dans les villages roms défavorisés et les camps de migrants Ils expliquent: " ... ici, la plupart des associations caritatives, même si elles font du bon travail, sont encadrées… par des institutions religieuses. Il y a aussi des ONG internationales, mais il n’est pas toujours facile d’y trouver sa place et d'être pris au sérieux lorsqu’on a 17 ans. C’est pour cela que nous avons créé "Most". Nous voulions faire partie d’une association indépendante dans laquelle tous les jeunes puissent se reconnaître..."
 Nous rendons hommage à leur combat.


Memorial 98


Ainsi donc le gouvernement Orban déclare une guerre ouverte aux migrants, en faisant voter une loi renforçant les pouvoirs de la police et de l’armée à l’encontre des migrants. Ce texte entérine la possibilité de déployer massivement des militaires aux frontières et les autorise dans certaines conditions, ainsi que la policiers, à utiliser contre les migrants toute une batterie d’armes dites "non létales": balles en caoutchouc, engins pyrotechniques, grenades lacrymogènes et fusils à filet. 

Ces mesures de violence organisée s'ajoutent à l'ensemble  de celles déjà prises par le gouvernement de la droite radicale en place à Budapest: généralisation des barbelés, mur "anti-migrants"  le long de la frontière avec la Serbie, utilisation de chiens menaçants, policiers et soldats systématiquement masqués et gantés, traitement dégradants et déshumanisants telles que ces scènes dans le camp de Röszke et dans lesquelles la nourriture est jetée aux migrants. On comprend que les migrants passant par la Hongrie fassent tout afin d'éviter les contrôles et la prise de leurs empreintes digitales. 
En effet les migrants ne désirent aucunement s'établir en Hongrie mais se dirigent vers l'Allemagne et l'Autriche toutes proches.



Pour Orban, il s'agit donc d'une véritable croisade de la haine, sous prétexte de défense d'une Europe "chrétienne". C'est ce qu'on retrouve dans un entretien avec le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) publié le jeudi 3 septembre, dans lequel il affirme que l’afflux des réfugiés en Europe, « musulmans dans leur majorité », constitue une menace pour l’identité chrétienne de l’Europe.  

Le discours actuel de Viktor Orban se trouve dans la droite lignée de la tendance nationaliste  qu’il a fait prendre à son gouvernement depuis qu’il est revenu au pouvoir  en 2010. Cette apologie des « valeurs chrétiennes » de l’Europe mises en danger par l’arrivée de migrants de confession musulmane fait en effet un écho direct aux propos qu’il tenait en 2013 à Londres sur « le rôle des valeurs traditionnelles dans l’avenir de l’Europe »
A l’époque, le dirigeant hongrois soulignait déjà que « la démocratie, en Europe, repose sur la chrétienté ». Il a d'ailleurs enrôlé dans se croisade la haute hiérarchie catholique locale.  Les Églises d’Europe se sont mobilisées pour répondre à l’appel du pape afin d’accueillir des migrants, sauf un mouton noir : l’Église catholique de Hongrie. Pour son chef,  le cardinal Péter Erdö, les catholiques ne peuvent ouvrir leurs portes aux migrants car cela reviendrait à faire du «trafic d’êtres humains». Car pour l’évêque László Kiss-Rigó, «ce ne sont pas des réfugiés, c’est une invasion.» 
 Assurant, dans une interview au Wall Street Journal reprise par les médias hongrois  : «Le pape ne connaît pas la situation. Ils crient "Allah Akhbar", ils veulent prendre le pouvoir.» Ce ne sont pas de vrais malheureux car «ils ont de l’argent». Devant le scandale, Péter Erdö s'est ravisé et vient d'envoyer une lettre au Pape pour l’assurer qu’il suivrait ses conseils.

Si le haut de la hiérarchie semble confite dans une attitude ultraconservatrice et servile à l'égard de Orban, la Conférence des évêques hongrois a en revanche appelé à écouter le pape (60 % des Hongrois sont catholiques, mais 10 % sont pratiquants). Le monastère bénédictin de Pannonhalma, à l’ouest de Budapest, qui avait caché des Juifs pendant la 2e guerre, a ouvert ses portes à plusieurs familles de réfugiés. Et Tamás Liszkai, curé de Röszke, localité frontalière où affluent les arrivants, a offert des lits aux familles. «C’est notre devoir de les aider», pense ce prêtre de 39 ans.

Affiches et questionnaires anti-migrants

Depuis quelques mois, son gouvernement de droite dominé par le Fidesz (Union civique hongroise) distille les ferments d’une propagande  clairement tournée contre les étrangers de passage. Une nouveauté en Hongrie, où le racisme et la violence sont  historiquement plus tournés contre les minorités, les  Juifs et les Roms. Les Juifs de Hongrie ont subi une extermination foudroyante en 1944 après avoir été discriminés et exclus par les gouvernements fascisants d'avant-guerre. La communauté juive de Hongrie manifeste son inquiétude face à la réhabilitation étendue des collaborateurs des nazis. Quant à la minorité Rom, elle subit une persécution permanente, haineuse, perverse. Elle est désignée comme responsable de tous les maux de la société. Des mesures discriminatoires de travail forcé sont mis en œuvre à son encontre. 

Pour Orban, l’attentat contre Charlie Hebdo en janvier dernier est devenu un argument servant son nouveau thème fétiche: les étrangers sont des profiteurs ou des terroristes en puissance.

Début mai, le gouvernement a envoyé 8 millions de questionnaires à la population  comportant douze questions, dont celle-ci: « Êtes-vous d’accord avec le fait que les migrants menacent l’existence et l’emploi des Hongrois ? » Cette campagne ouvertement hostile aux migrants s’est illustrée par des affiches officielles réclamant aux étrangers de ne pas « prendre le travail des Hongrois »  Les étrangers représentent des boucs émissaires parfaits afin de faire oublier  la corruption du pouvoir et la chute de popularité du Fidesz face à l’extrême droite du Jobbik. Un parti qui avoue lui-même ne pas pouvoir, sur la question des migrants, être plus répressif que le gouvernement.

Une partie de la société hongroise exprime sa solidarité envers les migrants. Plus de 10000 personnes ont manifesté dans ce sens à Budapest le 14 septembre. Une aide importante a été mise en œuvre par des bénévoles. Des maires de villages roms et des organisations étudiantes de cette minorité persécutée par le gouvernement d'extrême-droite et par les milices de Jobbik se sont portées au devant des exilés qui marchaient sur les routes hongroises.  

Mais maintenant on atteint le point de non-retour et la responsabilité de l'Union Européenne est directement engagée.
Il ne s'agit pas seulement de la Hongrie mais de l'ensemble des gouvernements de l'Union Européenne, qui semblent fort bien s'accommoder de la garde des frontières par les fascistes hongrois. Aucun dirigeant politique au pouvoir dans un pays de l'Union ne peut ignorer de quels crimes il portera la responsabilité, s'il n'intervient pas pour que le gouvernement hongrois soit contraint de renoncer à ses mesures. Or Orban et son parti sont membres du Parti Populaire Européen (PPE) qui regroupe la droite conservatrice dont Les Républicains. D'ailleurs Orban se réclame du soutien de Sarkozy. Zemmour quant à lui, défend ouvertement le gouvernement hongrois.  

Orban et son gouvernement doivent être sanctionnés immédiatement par l'Union Européenne et toutes ses instances. 
On a pu voir récemment le poids de celles-ci face à la Grèce. Ceux qui n'agissent pas contre la Hongrie seront comptables des conséquences.

MEMORIAL 98




lundi 14 septembre 2015

Zemmour et le "génocide contre l'Allemagne millénaire"

Tous les sites de l'extrême-droite la plus violente, en commençant par Fdesouche et Égalité et Réconciliation de Soral, ont applaudi et repris la chronique d'Eric Zemmour sur RTL ce vendredi 11 septembre.

Et pour cause, on n'en est plus à de quelconques euphémismes en matière de racisme, ni même à de l'ethno-différentialisme. Cette fois, c'est le retour, sur RTL, du racisme biologique le plus ouvert qui soit, sans que cela ne suscite de réaction de la radio. On comprend que Marine Le Pen souhaite nommer Zemmour ministre de la Culture (!)   , et sans doute aussi de la Propagande, dans un futur gouvernement qu'elle formerait.

La charge contre Angela Merkel lancée par celui qui a déjà réhabilité Pétain, prend donc la forme d'une apologie de "l'Allemagne millénaire" selon lui détruite par le multiculturalisme.  Suit une tirade apocalyptique sur le remplacement par les réfugiés " des petits  blonds que les autochtones n'ont pas fait",  une accusation de génocide de ces mêmes "autochtones blonds" portée contre Angela Merkel au travers d'une assimilation des Allemands aux Indiens exterminés sur le continent américain. Les 800 000 réfugiés vont faire des "petits" annonce Zemmour, qui sciemment a choisi le vocabulaire utilisé pour décrire la reproduction des animaux.  Il a  d'ailleurs  commencé la déshumanisation des enfants migrants dès le début de sa chronique en raillant ce "continent de mamans qui ne supportent pas la photo d'un enfant mort".

En creux de cette diatribe, il ne manque que le mot aryen , que Zemmour remplace encore ( mais pour combien de temps ?) par "autochtone". Pour le reste, même un néo-nazi fanatique trouverait peu à redire à cette chronique: quand le respect de la vie humaine et même celle des enfants est raillée comme une dangereuse sensiblerie qui amènera le génocide des hommes blonds si elle n'est pas combattue, on est bien dans l'appel ouvert à la violence raciste la plus abjecte. 

De même la métaphore de Merkel en mère indigne  qui condamne ses propres enfants en ouvrant grand la porte aux hommes envahisseurs qui vont procréer en masse et génocider les Allemands, tout comme la condamnation des femmes modernes qui n'enfantent pas et trahissent ainsi leur devoir patriotique relève directement de l'imagerie suprémaciste blanche.

Zemmour, en réalité ne fait que pousser à son terme ses déclarations précédentes: dès 2008, l'affirmation de l'existence des races, puis par exemple, en 2014 lors de la Coupe du Monde, des déclarations "footballistiques": "l’Allemagne, elle gagnait que quand il n’y avait que des dolichocéphales blonds". Le terme dolichocéphales était utilisé par les théoriciens racialistes du début du 20e siècle pour qualifier le haut du panier de la "race blanche", censée notamment avoir un crâne plus allongé que les inférieurs.

Pour ces propos là, RTL avait reçu une mise en garde du CSA. Autant dire pas grand-chose, pour une radio qui laisse désormais libre cours au racisme biologique ouvert, et aux références assumées au suprémacisme blanc.

Celles-ci s'inscrivent dans un contexte précis: celui de la violence néo-nazie en Allemagne, contre laquelle Merkel a pris fermement position. Mais aussi celui des traitements inhumains, volontairement dégradants contre les migrants en Hongrie, par le gouvernement d'extrême-droite d'Orban., à qui Zemmour ne cesse de rendre hommage dans cette même chronique. Mais aussi celui des manifestations néo-nazies en Pologne ce samedi.

En France, c'est évidemment de ce type de mouvements dont rêvent l'extrême-droite ou Zemmour. D'ailleurs, des groupes de fascistes, du FN ou des Identitaires tentent ici et là d'attaquer les manifestations pour les migrants: c'est ce qui s'est passé à Metz ce samedi par exemple

Eric Zemmour , comme les médias qui le relaient , profitent d'un sentiment de fatalisme , généré par la répétition et l'aggravation permanente de son propos raciste. On proteste moins, parce qu'après des années et des années de montée de son délire de haine, beaucoup se contentent d'un " de toute façon, c'est Zemmour". 

Mais il n'y a pas de raison de se résigner; chacune de ses interventions doit être dénoncée, et ne pas passer inaperçue. Rappelons que sur la même radio, Olivier Mazerolle vient de mettre en cause les origines de la ministre Myriam El Khomri. Concernant Zemmour,  I-Télé a fini par lui supprimer sa chronique, et si RTL s'est obstinée à le défendre, une mobilisation forte pourra changer la donne.  C'est une nécessité, car désormais, c'est la propagande des groupes suprémacistes blancs qu'il diffuse à grande échelle.

vendredi 11 septembre 2015

Devedjian révèle les dessous du racisme de la droite française


Les propos de Devedjian sont fascinants (et fascisants) en ce qu'ils révèlent des pensées de dirigeants de la droite française, comme  il y a quelques semaines lorsque Sarkozy évoquait la "fuite d'eau" que représenterait l'afflux de réfugiés  et lors des fameuses déclarations de son acolyte Brice Hortefeux.

Le député des Hauts-de-Seine (Les Républicains, LR)  président du conseil général du 92, ancien ministre de Sarkozy et Chirac, ancien secrétaire général de l'UMP, a lancé cette "blague" à propos des Allemands:
« Ils nous ont pris nos juifs, ils nous rendent des Arabes. »
Cet humour, déjà abject de la part de n'importe qui, revêt une résonance particulière dans le cas de Devedjian.  Celui-ci est un ancien militant de choc (condamné pour violences)  du groupe fasciste et antisémite Occident, dans lequel il combattait pour l"Algérie française". Sa préoccupation pour les Juifs est donc plus que sujette à caution. C'est aussi un récidiviste en terme de propos nauséabonds orientés politiquement; en 2007 il avait traité de "salope" une élue lyonnaise du Modem, Mme Comparini  qui avait combattu contre l'alliance de la droite  et du FN lors des régionales de 1998


 Mais au delà de sa personnalité de voyou, que dit Devedjian dans ces quelques mots? 

Pour lui ce sont les "Allemands" et non les nazis qui sont responsables de la Shoah. Cela lui  permet au passage d'évacuer la collaboration, Pétain et la participation des autorités françaises à l'extermination, puisque c'est uniquement une responsabilité d'Allemands qui "nous ont pris nos Juifs" .

Il rejoint ainsi Sarkozy, qui, acharné à combattre la "repentance " française et désireux déjà de flatter l'électorat  du FN  avait, lors de sa campagne de 2007, rejeté la mention  de la participation du régime de Vichy à la déportation des Juifs de France. Pour le chef de la droite, la "repentance" devait être réservée aux Allemands coupables de "folie" due à «… la redoutable absence de l’idée de Dieu… »  Sarkozy avait même boycotté, quelques jours après son élection en 2007, la cérémonie du 8 mai qui marque la fin de la 2e guerre mondiale et la défaite du nazisme. En effet il ne voulait pas apparaître aux côtés de Chirac qui avait reconnu,  le 16 juillet 1995, la responsabilité des autorités françaises en déclarant lors de la commémoration de la rafle du Vel' d'Hiv: "... Oui, la folie criminelle de l'occupant a été, chacun le sait, secondée par des Français, secondée par l'État français. La France, patrie des Lumières, patrie des Droits de l'homme, terre d'accueil, terre d'asile, la France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable..." 

Devedjian attaque les "Allemands" actuels et leurs leaders de droite, qui à la différence de la droite française, ont  décidé d'accueillir des centaines de milliers de réfugiés. C'est donc louche à ses yeux et à ceux de Sarkozy, Hortefeux et autres. L'idéologue de la droite radicale française, le pétainiste Eric Zemmour (qui a d'ailleurs  fait ses premières armes dans le 92 auprès de Pasqua, tout comme Devedjian), va encore plus loin en mettant en cause Angela Merkel en tant que femme qui représente "l'incarnation d'un continent de mamans qui ne supportent pas la photo d'un enfant mort" et constate avec rage que " l'Europe est égalitaire et fraternelle... sous la férule teutonne".  Les déclarations de Jean-Luc Mélenchon sont d'ailleurs également douteuses puisqu'il met en cause Merkel l"opportuniste" en déclarant : "... Et la voici qui prend sa mine sucrée et dit: maintenant nous allons accueillir du monde. Cela tombe d'autant mieux qu'il leur manque du monde".

Les explications à la limite du complotisme répandues un peu partout prétendent doctement que "les Allemands" accueillent des réfugiés surtout  parce qu'ils  auraient besoin de main-d’œuvre (voire même d"esclaves")  et de population en raison d' une démographie chancelante. Mais pourquoi dans ce cas les patrons allemands n'acceptent-ils pas plutôt les centaines de milliers de personnes européennes, notamment issus des Balkans, qui ne demandent qu'à venir travailler en Allemagne ?
Pour les tenants de la théorie du complot , ceux à "qui on ne la fait pas" il ne vient pas à l'idée que la coalition droite-SPD au pouvoir réagit ainsi pour répondre avant tout à l’opinion publique allemande, marquée en effet par la mémoire du nazisme et de ses conséquences et qui est très favorable à l’accueil des réfugiés. Les médias manifestent leur surprise face à la mobilisation en cours en Allemagne et en Autriche. Pourtant tout le monde a pu voir les scènes d'accueil dans les gares de Francfort et Munich et encore avant les banderoles de soutien aux réfugiés dans les stades de foot. Mais cela ne correspond décidément pas à l'image des "Allemands" et surtout cela met en lumière la grande frilosité des pouvoirs publics français. Du coup les médias omettent de rappeler les grandes chaines humaines qui avaient mobilisé des centaines de milliers de personnes en Allemagne à peine réunifiée contre les crimes racistes des années 90. Ils méconnaissent le travail quotidien d’associations de défense des réfugiés comme Pro-Asyl.

Enfin Devedjian attaque évidemment l'arrivée d'"Arabes". Rien d'étonnant de sa part et on se trouve ici au cœur de la ligne des Républicains. Mais il fait ainsi un signe direct et d'actualité à l'islamophobie galopante, au  Front National, à Robert Ménard maire de Béziers, aux maires "Les Républicains" qui ne veulent que des "chrétiens". Il  se place dans la continuité absolue de Sarkozy, qui ne cesse de radicaliser son propos, après avoir comparé les réfugiés à une fuite d'eau et appelé à défendre les Églises de France contre les musulmans. 

Devedjian se pique de théoriser l'avenir de la droite française; ainsi lors de la campagne de Sarkozy en 2007 il  regrettait la situation où" la droite est sortie honteuse de la (2eme) guerre"  et  se réjouissait de la " "la droitisation de la société (qui) permet aujourd'hui ce réajustement idéologique qui anticipe la victoire politique".

Avec ses déclarations si révélatrices, il replonge dans cette xénophobie d'une droite qui a comme seuls programmes la lutte contre l'"envahissement" et le cri sinistre " à bas les Arabes". 

 

 


mercredi 9 septembre 2015

Concours de haine de maires contre les réfugiés






Mise à jour du 25 mars 2017




Gérard Dézempte, dont la décision discriminatoire sur les réfugiés a été annulée par la justice,  parraine Marine Le Pen pour la présidentielle
Le tribunal administratif de Grenoble a annulé une décision de ce maire de Charvieu-Chavagneux (Isère) qui se disait prêt à accueillir des réfugiés à la « condition expresse » qu’ils soient chrétiens.



L’affaire remonte à septembre 2015, en pleine crise des migrants. À l’époque, le maire de Charvieu-Chavagneux  avait pris la décision d’accueillir des réfugiés, mais à la « condition expresse » qu’ils soient chrétiens.
Il  arguait alors que, au Moyen-Orient, « la minorité chrétienne est discriminée et anéantie en raison de sa qualité de minorité chrétienne » et qu’il fallait donc « revenir au principe même qui fonde le droit d’asile, c’est-à-dire la persécution qui engendre l’accueil »,
C’est cette décision que le tribunal administratif de Grenoble a annulé, le 16 mars, confirmant une première décision de suspension en référé, en novembre 2015, après un recours de la préfecture, opposée à la décision communale.
Le tribunal estime en effet que « la commune n’est pas fondée à soutenir qu’eu égard aux persécutions dont ils font l’objet dans leurs pays d’origine, les chrétiens réfugiés en France se trouveraient dans une situation différente des autres réfugiés pour leur hébergement, ni que la différence de traitement entre réfugiés (…) serait justifiée par l’intérêt général ».
Le tribunal rejette aussi l’argument de la sécurité, mis en avant par la ville. Elle avait plaidé que « les chrétiens n’attaquent pas les trains armés de kalachnikov, qu’ils n’abattent pas des journalistes au sein de leur rédaction et qu’ils ne procèdent pas à la décapitation de leur patron »,

 
Égalité devant la loi.
Lors de l’audience, le rapporteur public avait aussi demandé l’annulation de la décision, se fondant notamment sur l’article 1 de la Constitution qui « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ».
Cet article « interdit de traiter différemment les individus sur la base de critères comme la religion, la race ou l’origine ethnique », avait argumenté l’avocat de SOS Racisme, partie civile au dossier, interrogé par France 3. « En réservant des logements à une catégorie de population, cette décision excluait le reste [des migrants] et générait donc une discrimination fondée sur la religion, poursuivait-il. Elle méconnaissait donc le principe d’égalité devant la loi. »
Le tribunal a condamné la ville à verser 600 € à l’association au titre des frais engagés.

Une autre décision fait scandale
Récemment, le maire divers droite de la ville, qui a parrainé Marine Le Pen pour l’élection présidentielle, a de nouveau fait scandale, en interdisant les cours d’arabe et de turc à l’école primaire (une vingtaine d’élèves en bénéficiaient), au motif qu’« on est en train de donner la possibilité à des gens de lire un certain nombre de documents qui leur permettront de se radicaliser ». La suppression de « l’enseignement des langues et cultures d’origine » à l’école est une des 144 engagements du programme de Marine Le Pen.

MEMORIAL 98 

 
Évidemment Robert Ménard, maire de Béziers est hors-concours: les fascistes dans son genre sont toujours les plus forts dans la manipulation et dans l'expression de la haine. La Une du journal municipal de Béziers ci-dessus constitue de plus un faux grossier, puisque qu'il s'agit d'une photo de l'agence AFP prise le 18 juin en Macédoine. Les deux  pseudo-pancartes faisant référence à Béziers ont été rajoutées par la mairie de Ménard sur la photo originale, qui n'en comporte évidemment pas. Pour mémoire Ménard est soutenu par le Front National, mais aussi par le parti Debout la France du député Dupont-Aignan.

Mais plusieurs maires "Les Républicains" ne sont pas loin de Ménard. Ce sont tous ceux qui déclarent ne vouloir accueillir que des "chrétiens" car les réfugiés "musulmans" sont à leurs yeux des terroristes en puissance. Le premier à lancer cette idée discriminatoire et islamophobe a été le maire de Roanne, qui a été suivi par plusieurs autres membres de son parti.

L'exemple le plus frappant est celui de Gérard Dézempte, maire de Charvieu-Chavagneux dans  l'Isère, dont nous retraçons le parcours. Il a fait adopter par le conseil municipal de sa ville,  à l'unanimité,  une résolution visant "pallier la politique étrangère irresponsable de l’État (il soutient Bachar El Assad) en accueillant une famille de réfugiés, à la condition expresse que ce soit une famille chrétienne".  Il justifie ce choix en reprenant les mots du FN: "« l’entrée de milliers de clandestins chaque année […] entraîne l’arrivée massive d’infiltrés djihadistes sur le territoire ».

Son parcours est significatif: Dézempte est un multi-récidiviste. Maire depuis 1983, conseiller général et ancien conseiller régional, RPR, il a été partisan de Charles Millon c'est dire de l'alliance au conseil régional de Rhône-Alpes avec le FN de Bruno Gollnisch en 1998. A nouveau UMP, Gérard Dézempte a déjà défrayé la chronique en  matière de racisme et d'islamophobie.

Voici un extrait de ses "exploits:
- 1989 : un bulldozer envoyé par sa mairie détruit "par erreur" un local de prière musulman. Il a fait l'objet d'un non-lieu.
- 1994 : sous sa présidence, la commission d'attribution de logement de l'Opac de l'Isère réalise le logiciel "Habitat 400", pour planifier la répartition des étrangers et des Français d'origine étrangère.
- 1997 :  il veut organiser un référendum local proposant l'instauration d'un "seuil de tolérance" d'étrangers dans les HLM de la commune. Cette mascarade est annulée par la Cour d'appel de Lyon.
-2000:  les Ghezzal, un couple de Français d'origine maghrébine, souhaitent acheter un pavillon sur le territoire de sa commune. Après avoir signé un compromis de vente avec les propriétaires, les époux Ghezzal reçoivent une lettre de la mairie les informant de son intention d'utiliser son droit de préemption pour transformer cette maison en local associatif. Mais quelques mois plus tard, ils apprennent que la vente s'est concrétisée avec un autre acheteur, dont le nom sonne plus "français", sans que la mairie n'ait usé de son droit de préemption. En novembre 2006, Gérard Dézempte était condamné à trois ans d'inéligibilité et 1 500 euros d'amende. Condamnation confirmée par la Cour d'appel de Grenoble en novembre 2006. L’affaire est encore en cours, suite à des aspects juridiques sur la préemption fictive, non reconnue par la Cour de Cassation comme mode de discrimination.

Entre-temps, en 2013, Dézempte a été condamné  pour avoir participé à l’élaboration du PLU (Plan local d’urbanisme) alors que ce PLU concernait des parcelles foncières dont il est le propriétaire. Un homme digne de confiance et un modèle d’honnêteté.

Sans surprise Dézempte soutient le régime syrien et déclare que cette crise migratoire est liée "à l’inconscience de son président (F. Hollande), qui a décidé d’attaquer Bachar Al-Assad et qui réalise que ce n’était pas une bonne chose". C'est aussi le cas de Ménard à Béziers qui proclame son soutien au régime Assad, comme toute l'extrême-droite française et européenne.
La porosité entre des fractions des Républicains et le Front National fait une nouvelle démonstration de sa nocivité, sur le dos des réfugiés syriens.

Le mouvement de soutien et de solidarité à l'égard des réfugiés et de tous les migrants est plus que jamais nécessaire. C'est de sa force que dépendent les décisions qui seront prises par les maires et le gouvernement.

Memorial 98