lundi 30 mars 2015

Le négationnisme, une opinion comme une autre pour l'Université de Grenoble ?

Ce mercredi 1er avril , Jean Bricmont animera plusieurs débats sur la "liberté d'expression" à l'UFR 1 de l'Université de Grenoble.

Depuis longtemps, Jean Bricmont est plus connu pour ses affinités avec l'extrême-droite antisémite que pour ses travaux universitaires. Bricmont est en effet de ces polémistes à qui la mouvance antisémite ouvre toujours ses colonnes : il suffit de chercher ce qu'il pense du négationnisme sur Google pour tomber sur un long entretien donné à Silvia Cattori, de la mouvance dieudonniste et soralienne ou mieux encore sur une de ses lettres à Paul Eric Blanrue, l'hagiographe du négationniste Faurisson. Lettre où Jean Bricmont tutoie « amicalement » (ce sont ses termes) celui qu'il nomme affectueusement « Cher Paul Eric ». De fait, entre Paul Eric Blanrue et Jean Bricmont, il y a un point commun ancien: les deux sont d'ardents "zététistes", et c'est d'ailleurs une association également "zététiste" qui invite aujourd'hui le second. En France, Blanrue a co-fondé le cercle zététique et animé celui-ci sans que ses prises de positions royalistes et sa collaboration avec des journaux d'extrême-droite ne fassent problème avant le milieu des années 2000.

Quant au contenu des entretiens et lettres ouvertes de Jean Bricmont sur des sites d'extrême-droite, il ne laisse guère de place à l'ambiguïté concernant ce que Jean Bricmont pense des négationnistes. Mr Bricmont reconnaît ainsi un « grand courage » aux révisionnistes, comme il dit. Quel courage en effet que celui consistant à nier l'assassinat de millions de gens par des génocidaires , et à insulter les survivanTes de ce génocide....

Quant à son avis réel sur les thèses négationnistes, il est transparent : en effet, Bricmont, bien loin de respecter une soit-disant « neutralité », emploie constamment les mots-clefs de la rhétorique antisémite et négationniste : pour lui  les lois protégeant les victimes des génocides et leur mémoire constituent par exemple une « propagande de guerre », une « sacralisation » , une « diabolisation de l'ennemi ». Le négationnisme est une forme d'antisémitisme parmi les plus violentes : il s'agit en effet d'accuser les victimes d'avoir inventé les crimes et donc de les désigner comme les bourreaux « véritables ». Dans ce contexte prétendre que les lois contre le négationnisme sont de «  la propagande de guerre » et de la « diabolisation de l'ennemi » ,n'est évidemment pas autre chose que soutenir le mensonge négationniste.

D'ailleurs comme tous les propagandistes de l'extrême-droite, Mr Bricmont farouche défenseur de la liberté d'expression des néo-nazis, ne trouve par contre jamais à redire contre les dictateurs comme Assad ou Khadafi, "victimes innocentes de l'Occident, dominé par Israël".

La prose de Jean Bricmont n'a donc rien d'extraordinaire, ni d'innovant au regard de celle de ses amis ouvertement d'extrême-droite, comme Paul Eric Blanrue.

Mais son prestige de scientifique et d'"intellectuel" lui permet d'être invité à l'université par ses pairs.qui défendent cette invitation au motif que Mr Bricmont dénoncerait le « délit d'opinion chez les négationnistes comme chez les autres ». Du moins, c'est la réponse qui a été faite par l'Université sur son compte Facebook . Voici donc le négationnisme intronisé par la direction d'une université comme une opinion parmi d'autres, ni plus, ni moins....et l'Université serait donc un lieu qui n'aurait pas à trancher entre diverses « opinions », qui se valent toutes.



On voit là tout l'objectif qui se dissimule derrière la volonté d'abolir les lois antiracistes, et parmi elles, celles qui condamnent une des formes pernicieuses de la propagation de la haine, le négationnisme. Il s'agit bien de mettre au même niveau la recherche historique et le mensonge le plus éhonté, la charlatanerie et la science. Au nom du droit à « douter de tout », l'objectif des Bricmont et consorts n'est jamais que la destruction de la raison au profit des thèses les plus délirantes, sans aucun début de preuve. Dans le monde merveilleux de la liberté d'expression totale, tout ne sera qu'opinions, la parole de l'historien mise au même niveau que celle du négationniste, l'expérience de la victime au même niveau que le mensonge du bourreau.

Evidemment, ce nivellement par le bas aboutit dans les faits à la domination des faussaires et de l'extrême-droite. Ainsi l'Université de Grenoble fait de Jean Bricmont un invité d'honneur qui a le libre choix de son intervention mais prévient d'éventuels contradicteurs : ne seront admis que ceux qui respecteront devant le Maître « la rigueur argumentative que nécessite un tel débat ».

Bref, celui qui défend la liberté inconditionnelle d'expression des négationnistes, dont on cherchera en vain la « rigueur argumentative », est à la tribune, mais dans les gradins, chacun est prié de mesurer ses mots s'il souhaite s'exprimer.

Evidemment, les antiracistes n'ont rien à faire dans un « débat » avec un polémiste qui donne du « cher ami » aux antisémites comme Paul-Eric Blanrue, et qui s'épanche à longueur d'année dans les médias d'extrême-droite.

La seule question posée par l'invitation faite à Jean Bricmont est celle de la banalisation des défenseurs des néo-nazis négationnistes au sein de ce qui est censé être un lieu de savoir et de culture.

Le négationnisme n'est pas une opinion, c'est une oppression directe des victimes de racisme et d'antisémitisme, et l'Université n'a pas à être le relais de ses propagandistes à peine masqués.

C'est pourtant ce qui se passe aujourd'hui à Grenoble.

Vous pouvez protester en transmettant ce texte ou le vôtre à la direction de l'Université.

dimanche 29 mars 2015

Nouvel assaut antisémite médiatique de Roland Dumas

Nouvel assaut antisémite médiatique de Roland Dumas (après sa sortie en février dernier, et le soutien que lui a apporté Jean Marie Le Pen): comme à l'accoutumée avec l'antisémitisme, on en revient toujours au crachat sur les victimes directes du génocide perpétré par les nazis, quel que soit le prétexte initial de la charge .

Dumas s'en prend donc aux victimes de Klaus Barbie et à leurs avocats, les accusant d'avoir tenté de "monopoliser" le procès contre le tortionnaire au détriment des victimes de la Résistance. L'ignominie du propos se passe de commentaire, surtout quand on connaît les amitiés de Roland Dumas. En effet, s'il y eut lors de ce procès quelqu'un qui chercha à salir la Résistance, ce fut évidemment Jacques Vergès, l'avocat de Barbie, qui tenta de faire passer Raymond Aubrac pour le dénonciateur de Jean Moulin. Or Vergès et Dumas furent de très bon compagnons et défendirent notamment ensemble Laurent Gbagbo, le président ivoirien corrompu renversé et arrêté. 

On ne saurait minimiser le danger représenté par Roland Dumas au prétexte de son âge: en effet, son statut lui permet de répandre ses mensonges orduriers et son antisémitisme dans les grands médias, et cela s'ajoute évidemment à la réhabilitation de Vichy par Zemmour, également très médiatisée. 

C'est ainsi que l'antisémitisme français directement hérité du pétainisme se banalise de nouveau.

vendredi 27 mars 2015

Un local syndical vandalisé par l'extrême-droite à Metz

Une attaque à coups de masse, cela fait du bruit et c'est donc risqué. Mais les résultats électoraux donnent des ailes aux militants néo-nazis, et là où le FN n'a pas encore les moyens légaux de faire fermer les locaux du mouvement social et de la gauche, ses troupes de choc se chargent de commencer le travail.
 Et c'est dès la nuit du dimanche 22 mars 2015 au lundi 23, juste après le 1er tour des élections départementales, qu'un local syndical est vandalisé à Metz. Vitrines détruites, tags GUD et croix celtiques.
Rappelons qu'il n'y a nulle extrapolation à lier le GUD et le FN, puisque de nombreux proches de Marine Le Pen sont issus de ce groupe ultra-violent.

Lire l'article de Memorial98 publié avant les élections départementales : Front National, c'est arrivé près de chez vous

jeudi 26 mars 2015

Un exploitant de salles rompt son contrat avec Dieudonné et voit sa démarche validée en justice

Quand on veut, on peut : le spectacle de Dieudonné est pour le moment annulé par décision de justice à Avignon. Ou plus exactement, la justice a confirmé que la rupture de contrat, à l'initiative d'Avignon Tourisme, qui gère le Parc des Expositions, vis à vis des producteurs de Dieudonné, n'était pas abusive.

Ici, pas de procédure bâclée et vite fait pour dire qu'on a tenté quelque chose: mais des avocats qui ont travaillé sur le contenu du contrat et ses clauses, et démontré que la maison de production de Dieudonné reste volontairement très vague lorsqu'elle loue une salle, se contentant d'un intitulé "Dieudonné en tournée" sans préciser la nature du "spectacle" et son orientation.

En effet, un exploitant de salles n'a absolument pas d'obligation de louer à n'importe qui pour n'importe quoi sans garantie, ni précisions, comme le laissent penser les gros patrons de ce secteur qui prétendent toujours être pieds et poings liés devant le fasciste.

Lire aussi l'article Dieudonné, la guerre c'est la paix et autres saluts nazis inversés

mercredi 25 mars 2015

Viré des mobilisations, le FN met la pression sur des enseignants et parents d'élèves de Marseille

Dans le sillage des manifestations contre la réforme des rythmes-scolaires, qui a vu la création de collectifs de "gilets jaunes", très marqués à droite, et surtout des mobilisations contre une fantasmée "théorie du genre", l'extrême-droite a visiblement pris l'habitude d'exiger sa place dans les luttes autour de la question scolaire.

Ici un collectif d'enseignants et de parents d'élèves réunis pour obtenir la rénovation d'une école de quartier subit les pressions et provocations d'élus FN, sous la houlette du nouveau maire de secteur (à Marseille), après avoir refusé leur participation lors d'un rassemblement en janvier dernier.

Voir le détail sur le site d'un syndicat enseignant : http://13.snuipp.fr/spip.php?article1187
 

dimanche 22 mars 2015

Une organisation d'extrême-droite déboutée dans une plainte pour "racisme anti-blanc"

C'est une invention de l'extrême-droite, mais qui a tendance à se répandre : le soit-disant "racisme anti-blanc". Certaines associations antiracistes ont d'ailleurs repris ce concept, notamment le MRAP dans la défense en 2010 d'un couple de Perpignan, dont l'un des membres est un militant de l'extrême-droite catholique.

L'association AGRIF, tendance chrétienne intégriste, et dont le président (Bernard Antony) est un ancien député FN, avait porté plainte contre un livre et un clip intitulés "Nique la France". Les deux auteurs étaient donc inculpés aux motifs d' « injure publique » et de « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’un groupe. »

Le tribunal a estimé le 19 mars 2015, selon ce qu'en rapporte l'AFP, que la notion de racisme anti-blanc "ne recouvre aucune réalité légale, historique, biologique ou sociologique", que "la blancheur ou la race blanche" n'est "en aucune manière une composante juridique de la qualité des Français" et que "les Français blancs dits de souche ne constituent pas un groupe de personnes" au sens de la loi de 1881 sur la liberté de la presse.

Pour comprendre ce jugement, il faut avoir une définition correcte de que l'on appelle racisme. 
Le racisme est un phénomène social, il implique des rapports collectifs particuliers, économiquement, politiquement. Le racisme comporte notamment des aspects d'oppression (étatique, culturelle) et d'exploitation économique d'une ou plusieurs minorités.
Il est important de souligner cette dimension sociale.
Oui, un « Blanc », un "Français de souche" peut se faire traiter de fromage blanc ou ponctuellement être en minorité numérique. Mais cela ne conduira pas à ce qu’il soit contrôlé au faciès par la police ; à ce qu’il se voit refuser, parce qu'il est blanc, l’entrée d’une boite de nuit ou un logement ; ni à ce qu’il soit en butte, parce qu'il est blanc, à des tracasseries administratives pour refaire sa carte d’identité. Ni à ce qu’on questionne, parce qu'il est blanc, la légitimité de sa citoyenneté française ou son « intégration ».  Ses seuls nom ou couleur de peau ne donnent pas lieu à des discriminations.

Le racisme est une notion qui a émergée de réalités historiques : la colonisation des Amériques, de l'Afrique, de grandes parties de l'Asie et de l'Océanie, et les luttes qui ont été menées pour l'égalité et l'indépendance; l'émigration vers l'Europe et la poursuite de politiques et de modes de fonctionnement racistes, dans l'embauche, le traitement médiatique, etc...
Or ces réalités historiques et contemporaines, ce sont l'esclavage pour les Noirs, le statut des indigènes en Algérie, ce sont les boulots les plus durs et les conditions de logement les plus dégradées pour les immigrés en France, ce sont les liens faits en permanence entre origine maghrébine ou africaine et délinquance.


Les divisions qu'opère le racisme ne sont pas les seules à exister, elles se croisent et se superposent avec celles nées de l'exploitation capitalisme, avec le sexisme et l'homophobie (et donc une vision viriliste), avec le nationalisme et la xénophobie.
Mais en invalidant la notion de "racisme anti-blanc", la justice a remis quelques pendules à l'heure.

Reste encore du chemin à parcourir, pour faire condamner les auteurs de violence racistes, y compris ceux qui agissent dans le cadre des institutions, faire disparaître les tribunes des propagandistes de haine, combattre l'antisémitisme et l'islamophobie.
Un chemin qui passe notamment par les luttes communes et le refus des identités assignées et figées, d'où qu'elles viennent. 

mercredi 18 mars 2015

Un journal gratuit publie une interview élogieuse sur le commissaire à la monnaie du Reich nazi

Ce n'est pas un fake, c'est bien le site du journal 20Minutes qui publie un article intitulé «Hjalmar Schacht, le banquier d'Adolf Hitler, était un génie»
Il s'agit d'une interview avec l'économiste Jean-François Bouchard, qui " s'est penché sur la vie de Hjalmar Schacht, l'argentier surdoué du Fürher..."


Le travailleur dans l'empire de la croix gammée : affiche du SPD en 1932
Et c'est bien une longue apologie du commissaire du Reich à la monnaie, un nazi qui aurait sauvé l'Allemagne à trois reprises et qui aujourd'hui, ferait des miracles pour nos économies s'il était encore de ce monde. C'est bien un article qui décrit l'Allemagne nazie, comme un paradis économique et social redressé par une politique extraordinaire (à part le détail de la guerre, évidemment).
N'allez pas croire que l'auteur de l'hagiographie consacrée à ce nazi soit lui-même nazi: non, pas du tout, puisque le merveilleux commissaire du 3ème Reich n'était pas nazi lui même, seulement patriote, c'est Hitler qui était nazi.
Cette ligne de réhabilitation du 3ème Reich n'est pas nouvelle: elle a été mise en oeuvre par la défense des nazis dès le procès de Nuremberg. L'intégralité des accusés s'y présentait comme de vertueux patriotes manipulés par Hitler et Goebbels qui étaient déjà morts. Tous les nazis inculpés prétendaient n'avoir fait qu'agir pour le bien de l'Allemagne dans la stricte sphère de leurs compétences évidemment purement techniques.
Mais que cette ligne de défense nazie se retrouve aujourd'hui dans un journal gratuit de diffusion massive en dit long sur l'ambiance actuelle. Surtout à quelques jours d'une élection où l'extrême-droite "dédiabolisée" est annoncée comme la grande gagnante du scrutin.


La défense de la "bonne économie nazie" est la marque de fabrique de nombreux défenseurs de ce régime. Ce fut notamment le cas de Jörg Haider, le fasciste autrichien. Tous ces apologistes passent soigneusement sous silence la masse de travail forcé et de pillage à l'échelle de l'Europe mis en oeuvre par les nazis. Ce pillage s'exerçait à l'égard des Juifs et de tous les pays occuppés. En France la spécificité de la collaboration résidait dans la participation du régime de Vichy et de nombreux patrons à cette spoliation.

En 1933 la part des salaires dans le PIB était de 57%, elle tombe à 51,8% en 1939, ce qui témoigne de l'appauvrissement des travailleurs allemands, privés par la dictature de toute possibilité de défense collective. Contrairement aux idées reçues, la politique de grands travaux civils d'Hitler ne fut pas à l'origine de la baisse du chômage, car elle n'employa que 38 000 personnes. Le chômage baissait depuis 1932 et seule la politique d'armement menée par les nazis a joué un rôle ensuite: depuis longtemps, les historiens ont montré que l'économie du 3ème Reich était une économie dépendante de la guerre, de la spoliation, et de la prédation,et que les orientations économiques du Reich n'avaient de sens que dans la perspective de la guerre. 
Par ailleurs, depuis déjà pas mal d'années, les historiens ont également beaucoup avancé sur ce qui peut être appelée l'économie concentrationnaire, c'est à dire l'exploitation jusqu'à la mort dans les camps omniprésents au fur et à mesure des années sur tout le territoire du Reich. A terme, ce sont des millions et des millions de prisonniers que la SS comptait utiliser comme force de travail et source de profit , pour son propre compte, mais aussi pour celui de l'industrie privée. En clair, il est absolument impossible de dissocier la politique économique nazie de la structure politique nazie, et ce d'autant plus que les objectifs génocidaires , notamment, ont primé sur les intérêts économiques quand les nazis l'ont voulu, ce qui est aussi une caractéristique du régime.

Signalons au passage que sur Wikipedia, l'article consacré à Hjalmar Schacht renvoie dans sa note 3 à un article de la secte antisémite "Solidarité et Progrès " de Jacques Cheminade. Encore une occasion de mesurer la dangerosité de cette prétendue encyclopédie en ligne, qui malheureusement sert de référence à de nombreux devoirs d'élèves et également aussi à celles et ceux qui cherchent à s'informer sans forcément avoir les moyens d'acheter des livres historiques sur le nazisme, pas toujours disponibles dans les bibliothèques publiques.


mardi 17 mars 2015

Une militante antisémite à la LDH de Mantes la Ville

Antisémitisme de gauche: Benedicte Bauret a été conseillère régionale , mais aussi maire adjointe de Mantes la Ville, commune passée au FN, où elle est toujours dans l'opposition municipale.
Elle est aussi une des responsables de la LDH locale, que le FN a décidé d'expulser de ses locaux.
C'est aussi une propagandiste antisémite : dans un post Facebook récent, elle affirme que les "pharmaciens juifs " ont une caisse spéciale crée par un laboratoire pharmaceutique qui envoie automatiquement une partie des recettes faites sur les médicaments à Israël.
 

Lorsqu'on va sur le net, on trouve beaucoup de photos du comité BDS de Mantes la Ville, avec Benedicte Bauret, et beaucoup de jeunes musulmans et musulmanes. Aussi bien d'aucuns en déduiraient que nous sommes en face d'un "nouvel antisémitisme". Sauf que le "complot des blouses blanches" n'est pas une invention "islamiste", mais l'un des moteurs d'une vieille campagne antisémite stalinienne, qui conduisit à l'arrestation, à la torture d'au moins une centaine de médecins accusés d'avoir voulu empoisonner des dirigeants soviétiques pour le compte d'Israël. A l'époque l'Humanité écrivait des choses comme  « Lorsque, en Union soviétique, est arrêté le groupe des médecins assassins travaillant pour le compte des services d’espionnage terroristes anglo-américains […], alors, la classe ouvrière applaudit de toutes ses forces » ( 22 janvier 1953).

Aujourd'hui bien sûr, les tristes héritières de Staline, comme Madame Bauret n'ont plus les moyens de faire arrêter et torturer les gens. Il leur reste l'utilisation du combat pour l'égalité des droits en Palestine pour propager des rumeurs pogromistes de celles, qui alimentent la haine, et ensuite l'attaque de commerces Juifs, voire des agressions ou des meurtres contre des personnes Juives, déshumanisées et accusées d'être les agents secrets d'un grand complot meurtrier.
 

C'est l'extrême-droite pro-israëlienne qui a diffusé les propos écrits de Mme Bauret. Le FN ne se privera sans doute pas de les utiliser. Une nouvelle fois, c'est évidemment l'ensemble du camp antiraciste qui en souffrira. Seulement, personne ne peut croire que des propos de haine hallucinée contre les "pharmaciens Juifs" puissent émaner d'une personne qui n'aurait jamais tenu avant de discours antisémite. On ne relaie pas du jour au lendemain des choses pareilles. 
Une nouvelle fois, l'aveuglement et le déni se paieront cher à gauche, mais qui ne dit mot consent au pire et doit en assumer les conséquences.

dimanche 15 mars 2015

Quand juges et journalistes cherchent des excuses à une militante antisémite assumée


Un cas exemplaire: celui d'une antisémite militante, qui assume son idéologie même devant un tribunal correctionnel où elle comparaît après un mois de détention. Pour se construire et agir, cette jeune femme s'est socialisée politiquement uniquement sur internet, comme beaucoup ces dernières années.
Mais le cas est également exemplaire en ce qui concerne le ressenti actuel sur l'antisémitisme: tout au long de l'audience, même les juges cherchent à lui faire dire qu'elle ne pense pas ce qu'elle dit, qu'elle a un problème mental. Le journaliste de La Nouvelle République qui a fait un article sur le procès est lui aussi dans cette optique, évoquant l'enfance difficile de la jeune femme, sa solitude et ses problèmes sociaux et relationnels.
A l'antisémitisme assumé et raisonné de Mathilde Visage, on cherche des circonstances atténuantes individuelles et des causes pathologiques. Bien évidemment, si Mathilde Visage avait été un homme, musulman et/ou arabe, les choses auraient été bien différentes.

samedi 14 mars 2015

Manifestation à Paris: nous sommes avec vous, Syriens restez debout

"Ni Assad, ni Etat islamique": c'était le message de celles et ceux qui ont défilé  samedi à Paris en solidarité avec le peuple syrien, accusant le régime de Bachar al-Assad d'avoir encouragé les jihadistes pour étouffer la contestation civile.
"Notre passivité ne fait pas que tuer des Syriens dans leur pays; des milliers de Syriens sont morts en tentant de rejoindre le continent européen. Après Assad et Daesh, la méditerranée est devenue l’autre tombe des syriens. Fuir la guerre n’est même pas possible, on refuse à ce peuple le droit à la vie, et dès lors comment ne pas se fanatiser dans ces conditions ? Alors si certains, une majorité de pays en réalité, se cachent derrière le droit international et le veto russo-chinois pour justifier cette inaction sur le territoire d’un pays souverain, comment justifient-ils la possibilité d’intervenir contre l’EI sur ce même territoire syrien par l’aviation américaine et une coalition d’une vingtaine de pays ? Au nom de quel droit international pouvons-nous abandonner un peuple et le laisser se faire massacrer pendant quatre ans alors que des avions de la coalition interviennent et croisent dans le ciel syrien les bombardiers d’Assad semeurs de terreur? Si au nom du droit international nous avons laissé faire un des pires massacres du vingt et unième siècle, nous pouvons en conclure que des décennies de théorisations sur le droit international et les organisations qui en découlent, ne servent à rien, ou servent à légitimer notre passivité. Alors la tragédie syrienne renforce une jurisprudence dangereuse à l’encontre des droits humains : ces crimes qui se poursuivent en toute impunité rassurent des régimes autoritaires, banalisent leurs violences en toute quiétude. L’impunité a pris le dessus sur le droit et l’humanité. Si les représentants politiques adoptent vis-à-vis de ce conflit une stratégie de realpolitik, caractéristique des hommes de pouvoir, la passivité des peuples qui eux ont le droit de manifester, de s’exprimer, de s’indigner, est, elle terrifiante."
Firas KONTAR Citoyen franco-syrien – Militant associatif

Dénonciation raciste pour apologie du terrorisme à Angoulême

Apologie du terrorisme: ce 11 février 2015, une descente de police dans un bar permet d'interpeller 4 hommes qui, selon la Charente Libre ont tenu des propos tels que " 12 blancs de moins ça s'arrose" le 7 janvier, à l'annonce des attentats. 
Selon le journal "les caméras de vidéo-surveillance ont immortalisé une scène hallucinante: les quatre Angoumoisins "fêtant" les attentats en entamant quelques pas de danse.". Les quatre hommes sont issus de l'immigration maghrébine.

Horrible ? Oui, d'autant que tout ceci était totalement faux et relevait de l'imagination délirante de deux serveuses délatrices qui avait envoyé une lettre au procureur. 
Tous les mis en examen ont d'ailleurs été relaxés, bien que le procureur ait malgré l'absence de preuves requis des peines avec sursis...
La scène immortalisée par la vidéo-surveillance ? elle n'existait pas, tout ce qu'on voit, ce sont des hommes qui jouent au PMU, l'un d'eux qui gagne , va chercher son gain au guichet et tope la main de son copain.
A ce moment là, ils ne savaient pas encore, qu'ils seraient arrêtés un mois plus tard , dans le même bar, devant tout le monde comme des terroristes.
Dans ce pays, quand tu es arabe, même gagner trois francs six sous au PMU n'est pas forcément une bonne nouvelle, car la jalousie raciste d'une serveuse peut te faire payer très cher ce petit gain.

Et il est peu probable que les victimes de cette manoeuvre raciste portent plainte pour dénonciation calomnieuse. Le contexte social et politique influe sur l'utilisation du droit , et ce en matière d'antiracisme comme sur d'autres points, dès lors qu'il y a des oppresseurs et des oppressés. Des milliers de salariés pourraient aller aux prud'hommes et n'y vont pas, des femmes ne portent pas plainte pour viol, et des victimes de racisme ne vont pas au commissariat. Il y a des raisons à cela

mardi 10 mars 2015

Terrorisme néo-nazi: un réseau picard suspecté de tentative de meurtre.

Tentative d'homicide, violences, vols, association de malfaiteurs,  trafic de drogue, incendies volontaires, mais aussi  reconstitution de groupes de combat. Ce sont les inculpations qui ont enclenché ce matin l'arrestation de néo-nazis âgés de 20 à 40 ans dans toute la Picardie, et notamment à Compiègne et Chauny.

Ce dernier rappellera peut-être quelque chose à celles et ceux qui suivent de temps en temps la triste actualité du néo-nazisme. 
En 2010 et 2011 cette petite commune avait fait l'objet d'une attention médiatique nationale à cause de la présence de groupes de jeunes et très jeunes néo-nazis , qui affichaient ouvertement leurs idées et se livraient à diverses déprédations et intimidations contre la partie de la population jugée "inférieure". Puis les médias avaient oublié Chauny et la lente gangrène qui gagnait cette commune comme tant d'autres, entretenue par le FN, dont la responsable locale était à l'époque une ancienne dirigeante d'un groupe ultra violent des années 80, le PFN. 

Ce qui se passait à Chauny, la maturation rapide d'une extrême-droite antisémite et raciste, caractérisée à la fois par la montée du Front National et celle de groupes extra-légaux en connexion directe avec le premier n'allait pas vraiment dans le sens du discours qu'on entendait partout: le FN était en phase de dédiabolisation, de normalisation et sa croissance allait entraîner la disparition des "groupuscules" néo-nazis. 

C'était un discours parfaitement absurde: la progression de l'extrême-droite dans les institutions, la notabilisation et les moyens matériels et financiers accrus du FN ne pouvaient que permettre la croissance de l'ensemble de la mouvance fasciste. Sur un terreau favorable et bien irrigué, tout pousse bien. Les jeunes néo-nazis de Chauny ont continué à baigner dans une ambiance culturelle qui banalisait le racisme et l'antisémitisme, dans la conscience d'une dynamique ascensionnelle de l'extrême-droite partout en Europe, avec des victoires électorales même pour les fractions les plus ouvertement assumées du fascisme, comme en Hongrie et en Grèce. Dans ces conditions, ils ne pouvaient qu'avoir envie d'aller plus vite et plus fort. Surtout dans une période où l'impunité leur a souvent été offerte: de fait, l'immense majorité des auteurs de dégradations néo-nazies contre des lieux de culte ou d'autres cibles ne sont jamais retrouvés. 

Les jeunes néo-nazis picards ont grandi comme ceux d'autres régions de France d'ailleurs. Certains sont effectivement entrés au FN , et l'on n'entend parler que de ceux qui se font prendre avec un statut Facebook un peu trop franc. D'autres ont pris le chemin de la lutte armée, qui une nouvelle fois, n'est pas appelée "terrorisme" par les médias en ce qui concerne les arrestations survenues ce matin. 

Encore une fois, le lien n'est pas fait avec d'autres affaires en cours: il y à peine un mois et demi, Claude Hermant, ancien collaborateur du DPS du FN, patron d'un bar "associatif" d'extrême-droite, proche de Serge Ayoub était lui aussi incarcéré pour trafic d'armes. 

Il y a quelques jours, deux néo-nazis , incarcérés pour un braquage avouaient le viol commis dix ans plus tôt sur une fillette de douze ans , à la sortie d'un meeting d'extrême-droite, "pour faire accuser les étrangers " ont-ils dit. En décembre, les membres du groupe Nouvelle Aurore étaient interpellés alors qu'ils projetaient de commettre un attentat contre la synagogue de la Grande-Motte. 

En Allemagne, depuis des mois et des mois, on juge les néo-nazis de la NSU: pendant dix ans, ceux-ci ont assassiné en toute tranquilité au moins dix personnes d'origine immigrée. Ce mois de janvier, leur culpabilité a définitivement été reconnue en ce qui concerne l'attentat à la bombe contre un commerce d'une rue fréquentée par les communautés turques et kurdes à Cologne. Cet attentat avait fait blessés graves. A l'époque, la police et les médias avaient parlé , comme pour toutes les autres crimes liés à la NSU, de "règlement de compte intra-communautaires". 

Aujourd'hui et depuis au moins 20 ans en France, la piste de l'intégrisme et du terrorisme dit "islamiste" est creusée systématiquement, même pour des actes de vol ou de violences légères. On peut donc raisonnablement penser que l'ensemble des actes commis par cette mouvance sont bien comptabilisés et pris en compte, judiciairement et socialement. 

La résurgence des réseaux terroristes d'extrême-droite a elle été négligée et minimisée depuis le début des années 2000. Il ya donc une possibilité que les affaires criminelles dont le plus souvent seule la presse locale s'est fait l'écho ne soient finalement que la partie émergée de l'iceberg brun.

En tout état de cause, un jeune homme Clément Méric est bien mort sous les coups d'un autre jeune homme qui avait grandi dans cette période où l'on a laissé les réseaux néo-nazis agir en toute impunité. Esteban Morillo était originaire de l'Aisne, l'un des départements où ont lieu les arrestations de ce matin.

Deux articles de fond sur la mouvance néo-nazie européenne et française.


lundi 9 mars 2015

Le gouvernement britannique reste confus après la diffusion d'un documentaire relayant les thèses négationnistes sur le génocide au Rwanda

En octobre dernier (2014), suite à la diffusion d’un documentaire sur le génocide de 1994 intitulé "Rwanda : untold story" le gouvernement rwandais décidait de suspendre temporairement tous les programmes de la BBC en langue kinyarwanda.

En cause la portée négationniste du documentaire, à travers la rhétorique consistant à renvoyer dos à dos les violences des rebelles Tutsis et celles des partisans du Hutu power. Un documentaire qui reprenait également, malgré le résultat des investigations, la thèse conspirationniste d'une attaque Tutsi contre l'avion du président Juvénal Habyarimana et faisait de cette attaque l’événement déclencheur du génocide (niant par là même toute la préméditation inhérente à celui-ci.).

Quoi qu'on puisse penser de l'autoritarisme du gouvernement Kagamé, il faut mesurer l'intensité de sa réaction à celle de l'offensive négationniste à laquelle nous sommes confrontés encore aujourd'hui.
Ainsi, plutôt que de présenter ses excuses, l'ambassadeur du Royaume-Uni au Rwanda vient de renchérir dans la confusion avec une déclaration en faveur du documentaire, déclaration qui évite soigneusement des termes comme "génocide" ou "tutsis" :

"Le gouvernement britannique reconnaît le mal qui a été causé ici au Rwanda, mais tient aussi à souligner qu'il croit en la pluralité des médias et nous pensons qu'il est toujours dans l'intérêt de chacun d'avoir autant de sources médiatiques que possible. "

dimanche 8 mars 2015

Mise en examen de Farida Belghoul des JRE... un an après la campagne de diffamation envers une institutrice

Il y a un an, Farida Belghoul et les JRE (Journées de Retrait de l'Ecole, initialement)mettaient en ligne une vidéo accusant une enseigna nte identifiable facilement, puisque l'école était citée. Les accusations étaient d'ordre pédophile, les JRE prétendant que l'enseignante aurait imposé aux enfants de se livrer à des attouchements d'ordre sexuel entre eux. 
Depuis l'enseignante a demandé sa mutation dans une autre école. Et il aura fallu un an pour que la présidente des JRE soit seulement convoquée pour une mise en examen. Preuve que le temps judiciaire est long et que seule la mobilisation concrète peut freiner les fascistes.

Depuis les JRE tissent leur toile: de fait, ils ont réussi à intimider beaucoup d'enseignantEs qui vivent désormais avec cette menace perpétuelle d'une campagne des fascistes contre eux. Et si cette année les actions sont moins spectaculaires, elles sont tout aussi dangereuses: l'objectif bien est de faire déscolariser les enfants, et finalement Belghoul s'est alliée avec la Fraternité Pie X pour proposer des "enseignements alternatifs " qui prônent l'apprentissage conjoint de la lecture et de la prière. 
Les JRE consolident aussi leurs liens directs avec des organisations russes proches de Poutine et ayant des moyens conséquents. 

Une phase de consolidation donc, qui débouchera sur de nouvelles campagnes de diffamation et de harcèlement de l'école publique dès que l'occasion s'en présentera. 

Pour mieux comprendre les objectifs et le fonctionnement des JRE, consulter l'article de Memorial 98 consacré à ce mouvement :

Retrait de l'école: l'entreprise politique et commerciale des JRE

Des oeuvres en chocolat au goût de racisme colonial

Défense des traditions coloniales: à Grasse, en vitrine d'une pâtisserie prospère, on trouve ces amusantes gourmandises, travaillées avec art, car il en faut pour reproduire avec du chocolat tous les clichés racistes les plus éculés sur les personnes noires.

Des concernés osent protester ? Comité de soutien au pâtissier, rassemblement devant son entreprise, et journaux locaux traitant le président du CRAN de " psycho-rigide", voilà ce qui se passe...

La montée du FN, le fait qu'il ait aujourd'hui ses notables et ses élus, que la droite lui coure après c'est aussi cela: une victoire culturelle qui à mesure qu'elle va s'amplifier touchera tous les domaines de la vie quotidienne. Le racisme sera une opinion, et pas un délit, dans des dimensions inédites depuis longtemps: nous allons régresser à la vitesse grand V et se défendre nous exposera à des réactions collectives de plus en plus brutales.

samedi 7 mars 2015

Mineurs isolés en danger : manifestation solidaire devant l'Hôtel de Ville ( VIDEO)


A Paris plus d'un millier de mineurs, isolés, en danger dans les rues. Sans logement, sans accès aux droits fondamentaux: en un an le taux d'acceptation de ces jeunes par la PAOMIE, chargée par le Département de Paris de gérer la situation de ces jeunes est passé de 50% à moins de 20%.

Un choix budgétaire cynique, au mépris du droit, qui s'étend dans tous les départements d'Ile de France. Ce matin devant l'Hôtel de Ville, une manifestation a rassemblé ces jeunes et leurs soutiens, parmi lesquels de nombreux enseignantEs et personnels des collèges et des lycées, qui mènent des luttes depuis des mois pour ces élèves sans-papiers.




Jeudi dernier, 26 février, la PAOMIE, Plateforme d’accueil et d’orientation des mineurs isolés étrangers gérée par l’association France Terre d’Asile sur délégation de la Ville de Paris, a été occupée par plusieurs dizaines de jeunes mineurs étrangers qui demandaient « la mise à l’abri et la prise en charge de tous ».
Une délégation des jeunes occupants a été reçue par la direction de la PAOMIE, sans aucun résultat. La Ville de Paris, contactée dès le début de l’occupation, a nié l’évidence et a refusé de venir sur place prendre en compte les questions posées par les jeunes occupants. Vers vingt deux heures, la police a expulsé les jeunes sans ménagement, les rejetant à la rue, où ils ont à nouveau passé la nuit. ( extrait du communiqué de la LDH)

Selon RESF, depuis 2012, huit jeunes étrangers au moins, de ceux que l’on appelle Mineurs Isolés Etrangers (MIE), ont été traduits devant les tribunaux lyonnais, le Conseil général du Rhône qui les avait pris en charge se portant partie civile. Tous condamnés en première instance à des peines de plusieurs mois de prison, assorties ou pas du sursis, à des années d’interdiction du territoire ainsi qu’à de lourdes sanctions financières (jusqu’à 260 000 €). Accusés d’usurpation d‘identité, de faux et d’usage de faux dès l’instant où un test d’âge osseux les décrète majeurs, et, selon la presse locale, « d’avoir vécu aux crochets du contribuable ». Soumis aux mêmes tests qui les décrètent majeurs, d’autres jeunes, plusieurs centaines vraisemblablement, sont exclus de l’Aide sociale à l’Enfance (ASE) et se retrouvent à la rue. On peut signer l'appel "Mineurs Etrangers Proscrire les Tests Osseux ici