mardi 22 septembre 2015

Hongrie: la politique criminelle d'Orban doit être stoppée immédiatement.




Actualisation du 26 décembre  2016: hommage au prêtre Nemeth

"Sauvez-nous avant qu'on meure de froid !": bravant l'hostilité des autorités,  le prêtre hongrois Zoltan Nemeth offre chaleur et réconfort à des migrants frigorifiés.

Dans la salle attenante à son presbytère, les soutanes accrochées au porte-manteau voisinent avec les matelas et les sacs à dos de 14 demandeurs d'asile --Kurdes irakiens, Afghans, Camerounais, Nigérians, Cubains et Congolais, chrétiens et musulmans-- réfugiés là.

Le cri d'alarme est arrivé début décembre sous la forme d'un courriel adressé par l'un d'entre eux à ce prêtre catholique. Le père Nemeth, 61 ans, assure n'avoir pas hésité à répondre à l'appel.

"Je ne suis pas un héros, c'était mon devoir de chrétien de les aider", explique le prêtre, curé de la paroisse de Kormend, une ville de 12.500 habitants adossée à la frontière autrichienne où un camp de réfugiés a été ouvert l'été dernier.

Mais les installations, de simples tentes militaires chauffées à l'aide d'un poêle à bois, n'y sont pas adaptées à la neige et aux températures glaciales de l'hiver hongrois, témoigne un des hôtes du père Nemeth.

"Il fallait que quelqu'un reste éveillé toute la nuit pour remettre du bois sur le feu si on ne voulait pas avoir trop froid", explique à l'AFP ce Camerounais chrétien d'une trentaine d'années souhaitant garder l'anonymat, et que le curé a "embauché" comme servant de messe.

Les conditions précaires du camp de Kormend, qui n'est pas ouvert à la presse, ont été dénoncées comme "inhumaines" par l'ONG Migszol, qui a reproché aux autorités hongroises de chercher "volontairement à faire geler les gens dans des camps de tentes".

Bien que le pape François et plusieurs Eglises européennes se soient mobilisés pour l'accueil de migrants, l'action du père Nemeth reste isolée en Hongrie, où le Premier ministre Viktor Orban a multiplié les initiatives visant à décourager l'arrivée en masse de réfugiés, qu'il a qualifiée de "poison" pour la "civilisation occidentale".

Au plus fort de la vague qui a vu plusieurs centaines de milliers de migrants transiter par le pays l'an passé, le cardinal hongrois Peter Erdö avait donné le ton en prévenant qu'au regard du droit national, toute aide à un migrant relèverait du "trafic d'êtres humains" ( voir ci-dessous sur les fractures au sein de l’Église ). En revanche, de nombreux autres prêtres s’étaient préoccupés à l'époque du sort des migrants. 

A l'inverse cet automne, le père Imre Kozma, devenu une célébrité mondiale en 1989 en recueillant des milliers de réfugiés d'Allemagne de l'Est peu avant la chute du Mur, a de son côté appelé à soutenir le référendum national anti-migrants organisé par M. Orban.

"Je me sens un peu seul",  dit Zoltan Nemeth. Seuls deux de ses collègues prêtres lui ont jusqu'à présent exprimé leur soutien, souligne-t-il.

Les campagnes xénophobes menées depuis deux ans par le gouvernement ont également eu un effet sur certains de ses propres paroissiens, dont quelques uns ont accusé ce prêtre d'être "anti-Hongrois" et "non-chrétien", rapporte l'intéressé.

"L'un d'eux m'a arrêté dans la rue pour m'assurer que les migrants me tueraient comme ils l'ont fait avec ce prêtre en France", souligne le curé, dans une allusion à l'assassinat du père Hamel par un jihadiste en Normandie en juillet.

Mais des Hongrois de tout le pays, "aussi bien pratiquants qu'athées", lui ont aussi adressé des messages de soutien, sourit-il.

"Comment peut-on être pris au sérieux en tant que chrétien si on parle des Évangiles sans les vivre?", s'interroge le prêtre, citant volontiers en modèle le pape François et ses actions en faveur des gens dans le besoin.

Pour sa part, c'est au cours d'un séjour missionnaire de trois ans en Afrique du Sud que le prêtre hongrois a "appris à ignorer religions, races et classes sociales et à ne voir que les personnes", assure-t-il.

Pour ses pensionnaires, tous en attente d'une décision d'appel concernant leur demande d'asile, l'avenir s'annonce incertain: la Hongrie n'a accordé cette année un statut de réfugiés qu'à moins de 400 personnes sur près de 30.000 demandes. Et la plupart des pays européens, dont l'Autriche voisine, refoulent désormais les migrants venus de Hongrie.


Mise à jour du 26 novembre 

Autour de Trump, l'Internationale raciste et ultra-réactionnaire continue à se mettre en place; Orban y figure en bonne place.




Après avoir décidé de recevoir comme  premier responsable politique étranger le britannique Nigel Farage, dirigeant ultra-raciste du parti Ukip et vainqueur du Brexit (voir ici
Trump a appelé le Premier ministre  hongrois Viktor Orban et l'a invité à se rendre à Washington, a déclaré ce dernier.

Par le passé, l'Union européenne et les États-Unis ont critiqué la manière "autoritaire" de diriger d'Orban. Ainsi depuis 2010 il n'a jamais eu de rencontre bilatérale avec Barack Obama.

Le Premier ministre hongrois était d'ailleurs le seul chef de gouvernement européen avec Poutine à se montrer enthousiaste suite à la victoire surprise de Trump.

Mise à jour du 3 octobre: 

Échec pour Orban, puisque la participation au référendum n'atteint pas les 50% nécessaires légalement pour sa validation.
Ce résultat fait suite à l'appel au boycott ou au vote nul préconisé par  toute l'opposition politique et des organisations progressistes. 
Cet échec est un début, une épine dans le pied d'un des gouvernements en pointe dans l'offensive européenne contre les réfugiés. Les résultats sont là: une majorité de la population hongroise n'a pas jugé que les réfugiés consistaient un péril qui nécessite de se positionner contre et ce malgré l'énorme campagne gouvernementale. Pour une fois, la fameuse majorité silencieuse n'est pas forcément celle qu'on dit.

Mise à jour du 2 octobre 2016

Orban met en œuvre le référendum anti-migrants qu'il a annoncé. La question soumise est particulièrement tendancieuse:  "Voulez-vous que l'Union européenne décrète une relocalisation obligatoire de citoyens non-hongrois en Hongrie sans l'approbation du Parlement hongrois ?"
La campagne gouvernementale a consisté en un déchainement de racisme et de démagogie en évoquant les millions de migrants musulmans se préparant à déferler sur la Hongrie. Il s'agit en fait de 1300 réfugiés qui devraient être "relocalisés" selon le plan européen.
A la veille du vote, les néo-nazis associés au parti d'extrême-droite Jobbik qui soutiennent la position de Orban se sont rassemblés sur la place centrale de Budapest. 
L'UE a certes annoncé que le référendum n'avait aucune valeur juridique mais en cas de succès Orban sera incontestablement renforcé.  
 L'Union Européenne et toutes ses instances doivent de toute manière  sanctionner immédiatement  le gouvernement hongrois.

MEMORIAL 98
 
Mise à jour du 24 août 2016:

Orban provoque un nouveau scandale antisémite et anti-Rom.
Une quarantaine de personnalités hongroises ont annoncé aujourd'hui rendre leur Croix de chevalier, une prestigieuse décoration nationale, pour protester contre l'attribution de celle-ci à un polémiste régulièrement épinglé pour ses dérapages à caractère raciste et antisémite.
Zsolt Bayer, un proche du premier ministre Orban, s'est vu décerner la Croix de chevalier samedi des mains du président Janos Ader, déclenchant une vague de protestations.
En 2013, il avait notamment, dans une tribune parue dans le journal Magyar Hirlap, comparé les membres de la minorité rom à des "animaux" qui "ne devraient pas exister", ce qui avait valu une condamnation de la publication à une amende. Il avait traité  les Juifs d'"excrément puant"
Parmi les personnes ayant retourné la Croix de chevalier, le président de la principale organisation juive hongroise, Andras Heisler, a expliqué ne pas vouloir faire partie d'un "même groupe de personnes" que M. Bayer. "C'est un raciste, un antisémite qui pollue la Hongrie avec ses idées virulentes contres les tsiganes, qui détruisent la nation", a-t-il estimé.
On peut protester sur la page FB de l'Ambassade de Hongrie à Paris (Avis et /ou commentaires) en indiquant: " Avec Memorial 98 protestation contre la décoration de Zsolt Bayer, raciste et antisémite"
 https://www.facebook.com/ambahongrieparis/




Mise à jour du 3 juillet 2016:

Orban se sert du Brexit pour organiser un référendum anti-migrants 

La Hongrie organisera le 2 octobre un référendum voulu par le gouvernement sur le plan européen de répartition des réfugiés dans les pays membres de l’Union européenne (UE)
La question, très orientée, sera la  suivante : « Voulez-vous que l’Union européenne décrète une relocalisation obligatoire de citoyens non hongrois en Hongrie sans l’approbation du Parlement hongrois ? »

Le gouvernement hongrois ultra-réactionnaire  a débuté dès le mois d’avril sa campagne pour le non, agitant notamment le spectre de « terroristes » parmi les réfugiés.

Memorial 98


Mise à jour du 28 mai 2016:

Un groupe de quatre lycéens hongrois, de 17 ans à peine, a monté un collectif pour distribuer nourriture, jouets et vêtements dans les villages roms défavorisés et les camps de migrants Ils expliquent: " ... ici, la plupart des associations caritatives, même si elles font du bon travail, sont encadrées… par des institutions religieuses. Il y a aussi des ONG internationales, mais il n’est pas toujours facile d’y trouver sa place et d'être pris au sérieux lorsqu’on a 17 ans. C’est pour cela que nous avons créé "Most". Nous voulions faire partie d’une association indépendante dans laquelle tous les jeunes puissent se reconnaître..."
 Nous rendons hommage à leur combat.


Memorial 98


Ainsi donc le gouvernement Orban déclare une guerre ouverte aux migrants, en faisant voter une loi renforçant les pouvoirs de la police et de l’armée à l’encontre des migrants. Ce texte entérine la possibilité de déployer massivement des militaires aux frontières et les autorise dans certaines conditions, ainsi que la policiers, à utiliser contre les migrants toute une batterie d’armes dites "non létales": balles en caoutchouc, engins pyrotechniques, grenades lacrymogènes et fusils à filet. 

Ces mesures de violence organisée s'ajoutent à l'ensemble  de celles déjà prises par le gouvernement de la droite radicale en place à Budapest: généralisation des barbelés, mur "anti-migrants"  le long de la frontière avec la Serbie, utilisation de chiens menaçants, policiers et soldats systématiquement masqués et gantés, traitement dégradants et déshumanisants telles que ces scènes dans le camp de Röszke et dans lesquelles la nourriture est jetée aux migrants. On comprend que les migrants passant par la Hongrie fassent tout afin d'éviter les contrôles et la prise de leurs empreintes digitales. 
En effet les migrants ne désirent aucunement s'établir en Hongrie mais se dirigent vers l'Allemagne et l'Autriche toutes proches.



Pour Orban, il s'agit donc d'une véritable croisade de la haine, sous prétexte de défense d'une Europe "chrétienne". C'est ce qu'on retrouve dans un entretien avec le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) publié le jeudi 3 septembre, dans lequel il affirme que l’afflux des réfugiés en Europe, « musulmans dans leur majorité », constitue une menace pour l’identité chrétienne de l’Europe.  

Le discours actuel de Viktor Orban se trouve dans la droite lignée de la tendance nationaliste  qu’il a fait prendre à son gouvernement depuis qu’il est revenu au pouvoir  en 2010. Cette apologie des « valeurs chrétiennes » de l’Europe mises en danger par l’arrivée de migrants de confession musulmane fait en effet un écho direct aux propos qu’il tenait en 2013 à Londres sur « le rôle des valeurs traditionnelles dans l’avenir de l’Europe »
A l’époque, le dirigeant hongrois soulignait déjà que « la démocratie, en Europe, repose sur la chrétienté ». Il a d'ailleurs enrôlé dans se croisade la haute hiérarchie catholique locale.  Les Églises d’Europe se sont mobilisées pour répondre à l’appel du pape afin d’accueillir des migrants, sauf un mouton noir : l’Église catholique de Hongrie. Pour son chef,  le cardinal Péter Erdö, les catholiques ne peuvent ouvrir leurs portes aux migrants car cela reviendrait à faire du «trafic d’êtres humains». Car pour l’évêque László Kiss-Rigó, «ce ne sont pas des réfugiés, c’est une invasion.» 
 Assurant, dans une interview au Wall Street Journal reprise par les médias hongrois  : «Le pape ne connaît pas la situation. Ils crient "Allah Akhbar", ils veulent prendre le pouvoir.» Ce ne sont pas de vrais malheureux car «ils ont de l’argent». Devant le scandale, Péter Erdö s'est ravisé et vient d'envoyer une lettre au Pape pour l’assurer qu’il suivrait ses conseils.

Si le haut de la hiérarchie semble confite dans une attitude ultraconservatrice et servile à l'égard de Orban, la Conférence des évêques hongrois a en revanche appelé à écouter le pape (60 % des Hongrois sont catholiques, mais 10 % sont pratiquants). Le monastère bénédictin de Pannonhalma, à l’ouest de Budapest, qui avait caché des Juifs pendant la 2e guerre, a ouvert ses portes à plusieurs familles de réfugiés. Et Tamás Liszkai, curé de Röszke, localité frontalière où affluent les arrivants, a offert des lits aux familles. «C’est notre devoir de les aider», pense ce prêtre de 39 ans.

Affiches et questionnaires anti-migrants

Depuis quelques mois, son gouvernement de droite dominé par le Fidesz (Union civique hongroise) distille les ferments d’une propagande  clairement tournée contre les étrangers de passage. Une nouveauté en Hongrie, où le racisme et la violence sont  historiquement plus tournés contre les minorités, les  Juifs et les Roms. Les Juifs de Hongrie ont subi une extermination foudroyante en 1944 après avoir été discriminés et exclus par les gouvernements fascisants d'avant-guerre. La communauté juive de Hongrie manifeste son inquiétude face à la réhabilitation étendue des collaborateurs des nazis. Quant à la minorité Rom, elle subit une persécution permanente, haineuse, perverse. Elle est désignée comme responsable de tous les maux de la société. Des mesures discriminatoires de travail forcé sont mis en œuvre à son encontre. 

Pour Orban, l’attentat contre Charlie Hebdo en janvier dernier est devenu un argument servant son nouveau thème fétiche: les étrangers sont des profiteurs ou des terroristes en puissance.

Début mai, le gouvernement a envoyé 8 millions de questionnaires à la population  comportant douze questions, dont celle-ci: « Êtes-vous d’accord avec le fait que les migrants menacent l’existence et l’emploi des Hongrois ? » Cette campagne ouvertement hostile aux migrants s’est illustrée par des affiches officielles réclamant aux étrangers de ne pas « prendre le travail des Hongrois »  Les étrangers représentent des boucs émissaires parfaits afin de faire oublier  la corruption du pouvoir et la chute de popularité du Fidesz face à l’extrême droite du Jobbik. Un parti qui avoue lui-même ne pas pouvoir, sur la question des migrants, être plus répressif que le gouvernement.

Une partie de la société hongroise exprime sa solidarité envers les migrants. Plus de 10000 personnes ont manifesté dans ce sens à Budapest le 14 septembre. Une aide importante a été mise en œuvre par des bénévoles. Des maires de villages roms et des organisations étudiantes de cette minorité persécutée par le gouvernement d'extrême-droite et par les milices de Jobbik se sont portées au devant des exilés qui marchaient sur les routes hongroises.  

Mais maintenant on atteint le point de non-retour et la responsabilité de l'Union Européenne est directement engagée.
Il ne s'agit pas seulement de la Hongrie mais de l'ensemble des gouvernements de l'Union Européenne, qui semblent fort bien s'accommoder de la garde des frontières par les fascistes hongrois. Aucun dirigeant politique au pouvoir dans un pays de l'Union ne peut ignorer de quels crimes il portera la responsabilité, s'il n'intervient pas pour que le gouvernement hongrois soit contraint de renoncer à ses mesures. Or Orban et son parti sont membres du Parti Populaire Européen (PPE) qui regroupe la droite conservatrice dont Les Républicains. D'ailleurs Orban se réclame du soutien de Sarkozy. Zemmour quant à lui, défend ouvertement le gouvernement hongrois.  

Orban et son gouvernement doivent être sanctionnés immédiatement par l'Union Européenne et toutes ses instances. 
On a pu voir récemment le poids de celles-ci face à la Grèce. Ceux qui n'agissent pas contre la Hongrie seront comptables des conséquences.

MEMORIAL 98




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