mardi 7 avril 2015

Enfants juifs d'Izieu: les traces de la barbarie


                            Plaque commémorative Izieu



Il y a 71 ans jour pour jour, le 6 avril 1944, se nouait le sort tragique de 44 enfants et 7 adultes juifs raflés dans ce village de l'Ain qui devait constituer un refuge. Ils furent  tous exterminés à Auschwitz, sauf une éducatrice qui survécut. 

Cet épisode tragique symbolise le sort des enfants durant la Shoah. 
On estime généralement qu'un million et demi d'enfants ont été tués durant la Shoah.   

La tragédie d'Izieu continue de résonner dans l'histoire actuelle. C'est en effet la preuve de l'implication directe de Klaus Barbie dans cette déportation des enfants qui est à l'origine de sa condamnation à la perpétuité lors de son procès en 1987.  Il bénéficiait de la prescription pour ses crimes perpétrés dans le cadre de la lutte contre la Résistance.
Or au lendemain de la guerre, Klaus Barbie, déjà recherché pour ses crimes, a été récupéré et protégé dès 1947 par l’armée américaine. Puis quand à partir de 1948 la France réclame son extradition, le Counter Intelligence Corps américain qui l’emploie refuse de le remettre aux autorités  puis l’exfiltre vers l’Argentine avec le concours des réseaux d’évasion de la hiérarchie de l’Église catholique. On connaît la suite et le combat acharné, d'abord désespéré puis victorieux  de Serge et Beate Klarsfeld pour son extradition de Bolivie et son jugement. La manifestation en 1971 à la Paz de Beate Klarsfeld et de Mme Ita Halaunbraunner, mère d'un enfant déporté d'Izieu, constitue un véritable acte d'héroïsme.La Bolivie est alors sous le contrôle d'une dictature militaire qui protège Barbie, intégré dans son appareil répressif. 
Lors de son procès, Barbie est défendu par Jacques Vergès et tente encore de calomnier les résistants et notamment Raymond Aubrac. Il est en cela le modèle de son ami antisémite Roland Dumas.
Le souvenir d'Izieu réapparaîtra notamment en 1998, lors de la vague d'alliances entre la droite et le FN pour la gestion des conseils régionaux.    

En région Rhône-Alpes, Charles Million, ancien ministre de la défense de Chirac et Juppé, se faisait élire président de la région en Mars 1998 grâce à une alliance avec le Front National.
Son allié et compère était Bruno Gollnisch, chef régional du FN et négationniste avéré. Un autre pilier de l’alliance était Pierre Vial, fasciste et antisémite bien connu, animateur du courant dit "païen" dans le FN, qui fut nommé vice-président de la commission culture du conseil régional.
Face au choc provoqué par les alliances droite-FN dans cinq régions, la résistance s’organisa, notamment contre Millon. Ainsi à Izieu, dans l’Ain dont il était à l’époque député, Charles Millon fut conspué le dimanche 19 juillet 1998 lors d'une cérémonie à Izieu. La présidente régionale de l’Amicale des déportés d’Auschwitz, Simone Lagrange, déportée à treize ans, lui demandait publiquement de quitter les lieux. Millon ne partit qu’à la fin de la cérémonie, bafouant ainsi la mémoire des disparus, des survivants et de leurs familles. Fin novembre 1998, il fut exclu de l’association du mémorial des enfants d’Izieu puis finalement démis de ses fonctions de président de région.



Le Front National n'en a pas fini avec Izieu, puisque son député Gilbert Collard prétend avoir défendu ces enfants et a été formellement démenti par la directrice de la Maison d'Izieu.


Ainsi le sort tragique de ces 44 enfants demeure encore une plaie vivante qui renforce notre volonté de lutter contre les nostalgiques du nazisme et les laudateurs de Pétain.
 


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.