jeudi 30 avril 2015

20 ans après: pour la mémoire de Brahim Bourram, tué par des fascistes.




Actualisation du 30 avril 2016 

21e anniversaire de l'assassinat de Brahim Bouarram: nous nous souvenons que le 1er mai 1995, Brahim Bouarram, jeune marocain de 29 ans, a été jeté dans la Seine par des militants d'extrême-droite qui participaient à un défilé du Front National.
Comme chaque année, nous nous retrouverons à Paris avec les proches de Brahim, sur le pont du Carrousel le 1er mai à 11h pour honorer sa mémoire.

 Lors du 20e anniversaire en 2015, Memorial 98 avait dénoncé les errements de la justice dans le procès de ses assassins, voir ci-dessous.


Memorial 98


Ce moment de mémoire et de rassemblement anti-fasciste aura lieu au moment même où le Front National défilera à quelques centaines mètres de là. Alors qu'il est secoué par les scandales financiers et des tiraillements internes, le parti frontiste procédera sans doute à une surenchère raciste. Les récentes déclarations de l'UMP Christan Estrosi lui offrent aussi l'opportunité d'une surenchère dans ce sens.
Nous rappelons ici à quel point les assassins de Brahim Bouarram ont été traités avec indulgence par la police et la justice. C'est d'ailleurs le cas habituel pour les auteurs de violences fascistes, comme dans le cas de la mort de Clément Méric. 
Le 1er mai 1995 Brahim Bouarram est jeté à la Seine, en marge d'un défilé du FN, par des militants néo-nazis, dont il sera très vite établi qu'ils avaient des liens habituels avec le parti d'extrême-droite. Plusieurs d'entre eux étaient en effet utilisés régulièrement comme membres du service d'ordre par les responsables du FN de leur département d'origine, la Haute- Marne. 
Moins d'un an après le meurtre, plusieurs des co-accusés sont libérés pendant l'instruction alors en cours. Quatre témoins ont d'abord relaté des faits accablants et concordants démontrant que l'ensemble des néo-nazis cherchait activement une victime en scrutant les berges de la Seine, bien avant de tomber sur Brahim Bouarram. Mais en quelques mois, ces quatre personnes se sont toutes rétractées, notamment une jeune femme qui apparaît muette et terrorisée au cours des audiences. Le juge, pourtant, ne tient aucun compte du caractère troublant de ces rétractations tardives générales, et relâche les co-accusés. L'un des présents à la ratonnade a d'ailleurs été relâché bien avant, comme si la possibilité de pression sur les témoins n'avait aucune importance
 Par ailleurs, le responsable du service d’ordre central du FN ( nommé DPS) comme celui du FN de la Haute Marne ne seront jamais inquiétés. Ils avaient pourtant attendu une semaine avant de donner l'identité des accusés à la police et s’étaient auparavant rendus au domicile de ces derniers, ce qui leur a laissé tout le temps pour se débarrasser d'éléments compromettants et élaborer une stratégie de défense.
Au procès lui-même, les peines des co-accusés du meurtre de Bouarram permettront à trois d'entre eux de ne pas retourner en prison, la peine ferme d'un an étant couverte par la détention préventive, et les trois ans restants étant du sursis. Un seul co-accusé David Halbin fera un an de prison, mais seulement parce qu'il était resté libre le temps de l'instruction. Quant à celui qui a poussé Brahim Bouarram dans la Seine, Mickaël Freyminet, il écopera d'un jugement très modéré de huit ans de prison ferme.  
Sept ans plus tard, on retrouvera son nom cité dans une autre affaire de meurtre : en septembre 2002, une bande de néo-nazis tabasse François Chenu à Reims, le jette à l’eau, puis le repêche pour l'achever à coup de rangers. François Chenu était homosexuel, le seul mobile du meurtre. Après les faits, les jeunes néo-nazis avaient passé de nombreux coups de fil à leur mentor un peu plus âgé qui n'était autre que le meurtrier de Brahim Bouarram. Mickaël Freyminet. Celui-ci, qui avait déclaré avoir abjuré ses croyances et avait osé demander pardon à la compagne de Brahim Bouarram s'était dès sa libération, immédiatement relancé dans l'activisme néo-nazi . Il avait d’ailleurs rencontré les trois meurtriers de François Chenu lors d’un camp organisé par cette mouvance.
Le rassemblement du 1er mai sera l'occasion de réaffirmer notre volonté de combattre le FN raciste, antisémite, anti-social, fasciste ainsi que  ses idées et le poison qu'il déverse quotidiennement.


lundi 27 avril 2015

Raz de marée raciste suite aux attentats de Paris

L'observatoire national contre l'islamophobie rapporte qu'au seul 1er trimestre 2015, les actes anti-musulmans ont été multipliés par six.

Une mosquée d'Isère en 2012


Cela va des injures et menaces, dans la rue, au boulot ou sur les réseaux sociaux, à des attentats à la grenade et aux agressions physiques. Les femmes en sont particulièrement la cible.

La vie quotidienne en France pour une partie des femmes consiste à avoir en tête en permanence la possibilité d'une agression raciste violente. On peut sentir l'anxiété monter à chaque fois que des politiciens vous pointent poliment du doigt, car sur le terrain, le doigt stigmatisant se traduit toujours par des coups de poing.

C'est ainsi qu'une femme portant le foulard a été violemment agressée mardi 24 mars 2015 à Toulouse : coups, menaces de mort très réelles puisque l'agresseur a sorti un couteau... 


En réalité,  les actes anti-musulmans répertoriés sont uniquement ceux qui ont fait l'objet au minimum d'une plainte ou d'une main courante remontée au Ministère de l'Intérieur, soit probablement une minorité.
Pourquoi ? Parce qu'on porte rarement plainte, par exemple, pour un propos raciste lancé rapidement dans la rue, et que la police n'accepte que très rarement ce type de plaintes. Parce qu'on porte encore moins plainte quand le racisme émane de la police , du salarié d'une administration dont on a besoin, ou d'un supérieur hiérarchique au boulot.

Et puis surtout, parce que les grandes vagues de racisme amènent au fatalisme, tant elles semblent inévitables. Quand les nuages d'orage approchent à toute vitesse, la première des réactions, c'est de se terrer chez soi. 
Face au raz de marée raciste  qui a suivi les attentats, une plainte, pour beaucoup, c'était comme se fatiguer à combattre une inondation avec une cuillère à soupe. Mais qui sait, avec beaucoup de cuillères à soupe, ou en construisant collectivement des outils plus adaptés, on garde l'espoir d'assécher la boue raciste.

dimanche 26 avril 2015

Faits religieux en entreprise : petite analyse d'une enquête

L'observatoire du fait religieux en entreprise (OFRE) et la compagnie de travail intérimaire Randsadt publient la nouvelle édition de leur enquête commune. 

Une enquête dont on se demande bien en quoi une entreprise d'intérim  y est légitime, aux côtés d'un observatoire lié à une chaire de recherche associée au Centre de recherches sur l'action politique en Europe (CRAPE) rattachée notamment à Sciences-Po Rennes...

La presse s'est largement fait l'écho de cette enquête, et il faut signaler l'article du Monde, ou plus exactement la photo qui a été choisie pour illustrer l'article. Une photo dans la lignée islamophobe et anti-syndicale de certaines illustrations du dessinateur phare du quotidien, Plantu...

Avant de se pencher sur le cru 2015, revenons sur les résultats de l'enquête 2014...
Alors qu'en 2014, un comparatif des réponses des cadres RH et de celles des autres managers et employés était publiée, l'édition 2015 ne distingue plus... mais on sait que les réponses émanent quasi exclusivement de managers. Pas étonnant, l'étude 2014 révélant une perception différente entre services RH et le reste des salariés.
28% des cadres RH ont été confrontés à des questions liées au fait religieux, et dans 6% des cas la situation s'est révélée conflictuelle. Pour autant, 41% pensent que ce sujet va poser de plus en plus de problèmes.
Mais seuls 14% des managers de proximité et employés disent avoir été confrontés au fait religieux en entreprise.
Donc, les services RH "voient" plus de questions liées au fait religieux (admettons, cela peut être lié à des questions qui leur sont posées directement et non aux managers de proximité), mais surtout s'attendent à voir le phénomène grossir et devenir plus problématique. Ce qui veut dire aussi que leur manière d'appréhender les choses est modifiée par cette perspective.

Le compte-rendu de l'enquête 2014 était très lisse, aucune religion n'étant cité. Cela dit, dans une interview au quotidien Libération, le directeur de l'OFRE se lâchait un peu plus : les entreprises qui rencontrent une majorité de cas bloquants " sont situées dans les grandes agglomérations qui comptent une plus grande diversité de populations, et une plus grande représentation de la religion musulmane qui, si elle est de moins en moins seule représentée dans les cas bloquants, demeure majoritaire. Ce sont aussi des entreprises qui emploient une main-d’œuvre peu qualifiée. Ainsi, les centres d’appels, le bâtiment, le secteur médicosocial, les usines sont plus touchées. Les demandes et les conflits sur le fait religieux demeurent très rares chez les cadres."
On voit là que la question religieuse, pour les employeurs, se pose dans le cadre des relations de classe dans les rapports sociaux au travail. Les secteurs soient disant les plus touchés sont tout simplement ceux où l'organisation du travail est la plus contraignante pour les salariés; où les conditions de travail sont difficiles; où des stratégies patronales sont mises en oeuvre pour éclater les collectifs de travail, favoriser l'individualisme; où le travail se fait sur le modèle du "juste à temps", avec

L'enquête 2015  apporte quelques éléments intéressants du point de vue de la lutte antiraciste.
Même si le flou qui entoure bien des éléments de l'enquête n'aide pas à l'analyse. En effet, beaucoup de données sont vagues, soit sur l'échantillon soit sur la nature des réponses.


Tout en rappelant que la majorité des situations n'est pas conflictuelle, les résultats montreraient une hausse de la fréquence de "faits religieux en entreprise". Mais l'enquête n'indique pas si les entreprises interrogées sont représentatives des entreprises en France, ni quels sont leur taille ou leur secteur d'activité. De plus, dans un contexte de stigmatisation de l'islam, mais aussi de mobilisation des réseaux catholiques notamment dans le cadre du refus du mariage pour tous, il est possible que des évènements soient repérés comme faits religieux alors qu'ils ne l'étaient pas forcément auparavant.
Une nouvelle question a fait son apparition (du moins n'apparaît-elle pas dans le compte-rendu de l'enquête 2014) : les motifs qui rendent une situation complexe à gérer. Et la première cause citée est celle de la menace d'une accusation de racisme ou de discrimination.
Cette donnée est à rapprocher d'une autre : selon l'enquête, 22% des personnes interrogées pensent avoir été témoins de discrimination au travail liée à la pratique religieuse, et 26% des pratiquants pensent en avoir été victimes. C'est une proportion importante, même si là encore, rien n'est dit sur la nature des faits discriminatoires, ni les réactions (ou leur absence) des témoins et victimes de ces discriminations.

Même si les cas sont rares, l'intervention de personnes extérieures à l'entreprise serait une nouveauté. La qualité de ces personnes n'étant pas citées, on ne peut pas en déduire grand chose de précis. Il pourrait s'agir aussi bien de structures religieuses, d'organisations syndicales non implantées dans l'entreprise, de partis politiques, de collectivités ou d'élus, d'associations antiracistes ...

92% des personnes interrogées disent ne pas être gênés par la pratique religieuse de certains de leurs collègues, et 85% pensent qu'une demande basée sur des motifs religieux devrait être traitée comme n'importe quelle  demande personnelle.

Il y a là sans doute une piste intéressante à réfléchir, en terme d'égalité. Trop souvent, notamment dans les milieux syndicaux, le contexte religieux d'une revendication de salariés (ou d'exigences de la direction) amène à se positionner de manière morale sur la religion en général ou sur la religion en question.
Alors que la plupart des demandes correspondent à des besoins que rencontrent n'importe quel salarié : pouvoir s'absenter plus facilement de son travail (pour une fête religieuse, pour des démarches administratives, pour un proche malade...), avoir plus de liberté dans la prise des pauses, avoir un choix suffisamment large dans les cantines pour toutes les pratiques alimentaires (qui sont loin d'être toutes religieuses), s'habiller comme on veut tant que la sécurité n'est pas en jeu...


Attentat raciste dans un village des Vosges

"Croix gammées et incendie de voiture", titre très sobrement le journal. Mais l'incendie qui visait la  famille Selouane, qui vit dans un village de 600 habitants, dans les Vosges,  a été provoqué sciemment juste en bas du domicile et a endommagé l'immeuble, et il y aurait pu avoir des victimes, notamment si les voisins n'avaient pas alerté à temps la maman, qui se trouvait seule avec ses quatre jeunes enfants.
Des croix gammées ont également été tracées sur la maison.

Malgré cette revendication politique sans équivoque, le mot "terrorisme" n'est pas prononcé.
La terreur dans laquelle vit une partie de la population face à la violence raciste des néo-nazis s'installe durablement, pourtant.

Et il a fallu près de 3 semaines pour que les faits, qui remontent à début avril, soient annoncés, et encore seulement dans la presse locale...

lundi 20 avril 2015

Migrants: ne les laissons pas mourir !

Urgence humanitaire en Méditerranée après la mort par noyade de centaines de personnes.. Les organisations internationales et humanitaires ont à juste titre, dénoncé ces derniers jours l'incurie des autorités européennes et réclament davantage de moyens de secours. Les gouvernements européens et l'UE elle-même peuvent pas se cacher, comme le fait François Hollande, derrière la responsabilité des "passeurs" et laisser mourir ceux qui se trouvent en mer.  Ainsi la porte parole  du Haut-comité pour les réfugiés de l'ONU, le HCR,a réclamé une opération “Mare nostrum” européenne de sauvetage . L'opération italienne de sauvetage des migrants ainsi  nommée et qui avait permis de secourir des milliers de personnes,  a en effet été remplacée par « Triton », qui n'est une opération de surveillance des frontières. 

L'organisation Médecins Sans Frontières a pris ses responsabilités et mis en place sa propre opération de recherche et de sauvetage mais elle ne dispose évidemment pas des même moyens que les Etats. Elle déclare: 
"700 morts sur une seule journée, c’est le genre de chiffres qu’on ne rencontre que dans une zone de conflit intense. Mais cette tragédie humanitaire se déroule juste là, à nos portes, sans que l’Europe ne semble vouloir rien y faire. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de lancer notre propre opération de recherche et sauvetage en mer, avec pour objectif d’empêcher le plus de personnes possibles de se noyer. La vraie solution pour éviter des milliers de morts supplémentaires serait de mettre en place des voies d’accès sûres et légales pour les migrants et les demandeurs d’asiles. Mais en attendant, la situation humanitaire créée par les politiques migratoires européennes est si catastrophique qu’elle ne nous laisse d’autre choix que la mise en place de cette opération de sauvetage"

Mémorial 98 appelle à signer et à diffuser la pétition d'Amnesty International  qui exprime clairement les exigences du moment: 
 " Ce que nous attendons des dirigeants européens, c’est :
- qu’ils renforcent les opérations de recherche et sauvetage en mer Méditerranée et Égée, par une intervention coordonnée de tous le
s États de l’UE.
- qu’ils garantissent à celles et ceux qui fuient les conflits et la persécution :
- un accès légal et sécurisé à l’UE, pour éviter des parcours dangereux
- une protection internationale à leur arrivée sur le territoire européen
- qu’ils cessent de coopérer avec des pays ne respectant pas les droits humains dans le but de contrôler les migrations.
Je vous demande, en tant que dirigeant européen, de protéger les vies et les droits aux frontières de l’Europe"

Sétif: enfin la reconnaissance de la répression

70 ans après, les autorités françaises reconnaissent enfin le massacre de Sétif  du 8 mai 1945 et la responsabilité de la répression coloniale dans cette tuerie.

Pour mémoire, en ce jour fêtant la victoire contre les nazis, les Algériens réclamaient la reconnaissance de leurs droits. Nombre d'entre eux avaient combattu dans l'armée française et ainsi participé à la défaite nazie.

À Sétif, le mardi 8 mai , la ville est pavoisée. C’est le jour de la capitulation allemande , les Algériens sont autorisés à célébrer la victoire des Alliés.

La manifestation, autorisée,  commence à se déployer dans les les rues dès 8 heures. Estimée à plus de 10 000 personnes, elle défile avec des drapeaux des pays alliés vainqueurs et des pancartes  « Nous voulons être vos égaux » « ou « À bas le colonialisme ».

Le PPA (Parti du Peuple algérien) avait créé un drapeau qui servira de modèle pour celui de l’Algérie future. Les militants le mêlent à ceux des Alliés.

Vers 8h45 surgissent des pancartes « Vive l’Algérie libre et indépendante » et en tête de la manifestation, Aïssa Cheraga, chef d’une patrouille de scouts, arbore le drapeau algérien. Les policiers tirent des coups de feu sur la foule. Le jeune porteur de drapeau touché une première fois à l'épaule se relève avant de s’effondrer une seconde fois, touché par une balle en pleine tête. C'est devant sa tombe qu'a eu lieu la cérémonie d'aujourd'hui

La nouvelle de l’émeute gagne rapidement la région. La révolte gagne les villes voisines. La répression qui s’ensuivra sera d’une brutalité extrême, faisant des milliers de morts parmi les manifestants.  Le gouverneur Chataigneau décrète l’état de siège. Il donne pleins pouvoirs au général Henri Martin, patron de l’armée en Afrique du Nord pour « rétablir l’ordre d’urgence ». La France coloniale ne lésine pas : 40 000 soldats entrent en action. Les villages « rebelles » sont bombardés. La marine de guerre pilonne les côtes.

Le geste concernant Sétif fait suite à la reconnaissance officielle en 2012 de la répression meurtrière contre la manifestation des Algériens de Paris le 17 octobre 1961.  A noter la réaction nauséabonde du dirigeant de l'UMP Laurent Wauquiez qui considère qu'il s'agit d'une "repentance à sens unique ". Il s'inscrit dans la lignée des diatribes bien connues de Sarkozy contre la "repentance" lors de sa campagne électorale de 2007. Il converge aussi avec Robert Ménard, maire FN de Béziers et apologiste de l'Algérie coloniale.

Après le geste concernant Sétif, c'est à une démarche concernant l' histoire de l'ensemble de la colonisation et de la guerre d'Algérie qu'il faut maintenant se confronter. La justice et la capacité de vivre ensemble représentent l'enjeu d'une telle démarche.

MEMORIAL 98

  

dimanche 19 avril 2015

Racisme structurel : vivre comme un piéton sur une autoroute

Le journal en ligne Street Press relate les violences policières qu'a subies Hassan, le 17 février 2015, à Dreux. Soupçonné d'être l'auteur d'un braquage dans une banque, Hassan Cherifi a reçu des éclats de verre dans l'oeil quand un policier a enfoncé la vitre de sa voiture, il a également reçu des coups de crosse et des insultes racistes. Il sera mis hors de cause quelques jours plus tard, puisqu'au moment du braquage, il se trouvait...dans les locaux de la sous-préfecture.
Hassan risque de perdre l'usage de son oeil, et il se retrouve aujourd'hui au chômage.
Un bon exemple de racisme structurel.

Qu'entend-on par racisme "structurel", cette expression souvent contestée ?

Être"pris pour un AUTRE" par la police est quelque chose qui peut arriver à tout le monde. Mais si tu n'es pas arabe ou noir, ce n'est pas un danger que tu éprouves au quotidien, une possibilité que tu perçois comme banale. Tu peux te faire écraser par une voiture folle, mais tu n'y penses pas à chaque fois que tu traverses un passage piéton.

Subir le racisme structurel, c'est vivre dans une société où les passages piéton n'existent pas pour toi. Tes parents le savent et te diront, très jeune, de ne pas aller dans certains endroits où les autres vont, tu auras peur des voitures que les autres ne craignent pas.

Subir le racisme structurel, c'est aussi que tout le monde s'en foutra si tu te fais simplement bousculer sur le passage piéton, tout le monde le verra comme un aléa de la circulation, nécessaire à la fluidité du trafic. C'est comme ça que les contrôles au faciès avec humiliations sont plutôt bien tolérés, le fait que la police vérifie en permanence que tu n'es pas un AUTRE, tout en te faisant comprendre que tu en es un de toute façon.
 

Subir le racisme structurel , c'est enfin voir le chauffard qui t'a écrasé et mutilé continuer sa vie pendant que tu souffres et qu'on t'interroge et te suspecte, parce que , quand même, tu as bien la tête d'un AUTRE. C'est savoir que porter plainte contre les chauffards est un acte au moins aussi douloureux et dangereux que l'accident lui-même.
 

Le racisme structurel ne peut pas être combattu par la structure sociale elle-même, sans qu'elle se remette en cause un minimum. C'est pour ça que les plans gouvernementaux de lutte contre le racisme peuvent être utiles sur certains points, mais pas contre le racisme structurel. Parce que ce racisme là n'est pas perçu comme racisme , tout simplement.
C'est juste éventuellement, et rarement, très rarement, une "bavure".

Ghetto de Varsovie: la révolte au coeur de la barbarie.

                           
Mise à jour du 19 avril 2017:

En ce 74e anniversaire de la révolte du ghetto, on est amené à constater à quel point l'antisémitisme reste central dans la propagande raciste développée par l'extrême-droite et des forces que l'on qualifie par complaisance de "populistes". 

C'est le cas en Pologne même, où le gouvernement du PiS poursuit son œuvre de déni à propos des massacres de Juifs pendant la 2e guerre mondiale et à son lendemain.
C'est aussi le cas en Allemagne et en Autriche où l'extrême-droite en progression renoue avec les fantômes du passé. Aux États-Unis, la campagne de Donald Trump a fait flamber les actes antisémites.

En France, on voit, pendant la campagne des présidentielles, la présence d'un candidat ouvertement antisémite acceptée au sein de la primaire de la droite, puis des caricatures antisémites diffusées par le candidat de cette droite et enfin la sortie de Marine Le Pen, candidate du FN, proclamant que l’État français n'était pas responsable de la rafle des Juifs en juillet 1942 au Vel' d'Hiv 'de Paris

Plus que jamais la mémoire des génocides nourrit nos combats.
 

MEMORIAL 98 

Le 13 et 14 mars 1943, quelques semaines avant la révolte du ghetto de Varsovie, avait lieu dans des conditions de violence extrême la destruction du ghetto de Cracovie.


Actualisation 19 avril 2016:
Le 73e anniversaire se déroule cette année dans un contexte particulier: le Pr Jan Gross, historien de la Shoah, chassé de Pologne lors de la campagne antisémite de 1967 lancée par le régime stalinien est mis en cause par l'appareil gouvernemental ultra-réactionnaire du PiS. Il vient d'être convoqué et interrogé par un procureur d’État à propos d'un article qu'il a publié

Le 19 avril, date du début du soulèvement du ghetto de Varsovie, symbolise l'extermination des Juifs d'Europe par les nazis.  L’année 2015 marque le 72e anniversaire de la résistance et la révolte du ghetto et le 70e anniversaire de la libération des camps nazis
 Cette révolte se produit dans les conditions terribles d'un ghetto déjà en partie vidé de ses habitants. En effet, depuis le 23  juillet 1942, jour après jour, 5.000 à 6.000 personnes sont emmenées par les nazis du ghetto vers la "Umschlagplatz"  ou "place du transbordement" puis de là, transférées en train vers le camp d'extermination de Treblinka. 
Le 12 septembre 1942, quand cette première vague de déportation s'achève, il ne reste que 60. 000 survivants dans un ghetto dont la surface a été drastiquement réduite par les Allemands.
L’insurrection débute le 19 avril 1943, par l'attaque des troupes allemandes venues liquider le ghetto et déporter ses derniers habitants.
Quand le millier de soldats allemands pénètrent en force dans le ghetto, les résistants les attendent  barricadés dans leurs bunkers et leurs caves. Au nombre de 3.000 environ, ils sont regroupés principalement dans l'Organisation des Combattants Juifs, (OJC) commandée par le jeune Mordechai Anilewicz.
Le général SS Jürgen Stroop, qui dirige l'opération, est pris de court par la rébellion des "sous-hommes" comme les nazis qualifiaient les Juifs . Dès lors, les Allemands vont incendier systématiquement les immeubles et propulser du gaz dans les souterrains pour en déloger les résistants. Ces derniers vont tenir pendant un mois, malgré leur très faible niveau d'armement et de nourriture.
6.000 Juifs trouvent la mort dans les combats ou se suicident. 7.000 sont fusillés sur place. Les autres sont déportés. Une poignée de miraculés vont échapper à la mort en s'enfuyant par les égouts.  La rébellion se termine à la mi-mai.  Mordehaï Anilewicz, se suicide le 8 mai avec une partie de la direction de l'OJC, à l'âge de 24 ans.  Le 23 avril 1943, il avait écrit dans une dernière lettre :
«Les Allemands ont fui par deux fois du ghetto. L'une de nos compagnies a résisté 40 minutes et une autre s'est battue pendant plus de six heures... Nos pertes en vies humaines sont faibles et ceci est également une réussite...
Grâce à notre radio, nous avons entendu une merveilleuse émission relatant notre lutte. Le fait que l'on parle de nous hors du ghetto nous donne du courage.
Soyez en paix, mes amis de l'extérieur ! Peut-être serons-nous témoins d'un miracle et nous reverrons-nous un jour. J'en doute ! J'en doute fort !
Le rêve de ma vie s'est réalisé. L'auto-défense du ghetto est une réalité. La résistance juive armée et la vengeance se matérialisent. Je suis témoin du merveilleux combat des héros juifs...»

Quelques jours plus tard le 12 mai Szmuel Zygielbojm, représentant du mouvement ouvrier juif Bund dans le gouvernement polonais en exil à Londres se suicide .
Il proteste contre l’inaction des gouvernements alliés, dûment avertis de la situation en Europe de l'Est et notamment en Pologne. Lui-même avait alerté publiquement sur l'extermination en cours.

Il laissa une lettre dont voici des extraits :
« Derrière les murs du ghetto se déroule à présent le dernier acte d’une tragédie sans précédent dans l’Histoire. La responsabilité du forfait consistant à exterminer la totalité de la population juive de Pologne retombe au premier chef sur les exécutants; mais, indirectement, elle rejaillit également sur l’humanité tout entière. Les nations et les gouvernements alliés n’ont entrepris jusqu’ici aucune action concrète pour arrêter le massacre. 
En acceptant d’assister passivement à l’extermination de millions d’êtres humains sans défense - les enfants, les femmes et les hommes martyrisés - ces pays sont devenus les complices des criminels.[...]
 Je ne puis me taire. Je ne peux pas rester en vie alors même que disparaissent les derniers restes du peuple juif de Pologne dont je suis le représentant. Mes camarades du ghetto de Varsovie ont succombé, l’arme au poing, dans un dernier élan héroïque. Il ne m’a pas été donné de mourir comme eux, ni avec eux. Mais ma vie leur appartient et j’appartiens à leur tombe commune. Par ma mort, je désire exprimer ma protestation la plus profonde contre la passivité avec laquelle le monde observe et permet l’extermination du peuple juif.
 Je suis conscient de la valeur infime d’une vie humaine, surtout au moment présent. Mais comme je n’ai pas réussi à le réaliser de mon vivant, peut-être ma mort pourra-t-elle contribuer à arracher à l’indifférence ceux qui peuvent et doivent agir pour sauver de l’extermination — ne fût-ce qu’en ce moment ultime — cette poignée de juifs polonais qui survivent encore. Ma vie appartient au peuple juif de Pologne et c’est pourquoi je lui en fais don. Je désire que l’infime résidu des millions de Juifs de Pologne resté en vie puisse survivre assez longtemps pour connaître, avec les masses polonaises, la Libération et qu’il puisse respirer dans un pays et un monde de liberté et de justice socialistes pour toutes ses peines et ses souffrances inhumaines.»
(Londres, mai 1943)

Alors que le toujours président d'honneur et député européen du Front National réaffirme que les chambres à gaz ne constituent qu'un "détail de l'Histoire", cet anniversaire renforce notre détermination à combattre tous les racismes et tous les négationnismes.

vendredi 17 avril 2015

Campagne antisémite et raciste contre un élu du Perreux sur Marne

Ambiance... Au Perreux (Val de Marne), les élus ont simplement voulu appeler une place "place du cessez le feu en Algérie", une formule plutôt évasive qui ne prend même pas position sur la colonisation.

C'est encore trop pour les fascistes: ils ne se sont pas contentés d'organiser une manifestation pro-Algérie française, ils ont aussi collé partout une affiche avec une photo de l'adjoint aux Anciens Combattants, avec sa famille, portant une kippa. Photos déjà utilisées par les militants FN.

L'alliance du racisme et de l'antisémitisme le plus violent, la collaboration quotidienne du FN "dédiabolisé" et des milices fascistes extra-parlementaires pour terroriser et humilier leurs cibles.
C'est cela le quotidien de la montée de l'extrême-droite en France: au delà des affrontements aux sommets, le front uni de la haine sur le terrain.

Marion Maréchal Le Pen : ses positions sur le régime nazi et ses alliés

Jean Marie Le Pen retire donc sa candidature aux régionales et appelle à faire élire Marion Maréchal Le Pen.

Dans ce contexte, il n'est pas inutile de revenir sur ce que dit la députée FN sur les déclarations du président d'honneur. Dans un entretien à Valeurs actuelles, Marion Maréchal Le Pen, sur la question du "détail" lui reproche de "ne pas tenir compte des conséquences", convient d'une "blessure sincère pour des compatriotes", mais déplore surtout "le prix payé par les militants" et "l'acharnement et l'instrumentalisation politique".
Surtout voici son appréciation sur le régime nazi "et ses alliés": " je n’oublie pas que le régime nazi et ses alliés ont mis mon pays à feu et à sang, que des milliers de mes compatriotes sont morts dans des conditions atroces, certains de confession juive victimes d’une politique raciste qui aura fait date dans l’histoire".
Or ce ne sont pas "des milliers " de Juifs qui sont morts dans les camps d'extermination: en réalité, entre le printemps 1942 et la Libération de 1944, 76 000 Juifs sont déportés vers les camps d'extermination, en 79 convois. 2 500 seulement reviendront. Un tiers sont des Juifs français, et deux tiers des Juifs étrangers. 14 % avaient moins de dix-huit ans et 12 % plus de soixante ans.
 
Certes, Marion Maréchal n'approuve pas Vichy, mais elle ramène à quelques milliers de morts et soigneusement choisis puisqu'elle parle uniquement des "compatriotes", le bilan meurtrier de la collaboration au génocide commis par les nazis contre les Juifs, mais également celui de l'ensemble des crimes commis sous Pétain contre bien d'autres parties de la population. Elle s'appuie ainsi aussi sur l' entreprise récente d'Eric Zemmour pour réhabiliter Pétain

Où comment le relativisme cynique se substitue au négationnisme et à l'apologie assumée du fascisme historique....
On peut aussi appeler ça un compromis entre deux tendances, qui ont des divergences, sur le fond et la stratégie, ce qui n'empêche pas d'avoir un pot commun

mardi 14 avril 2015

Génocide arménien: centenaire du négationnisme de l'Etat turc.

Mise à jour du 24 juin 2016:

Nouvelle défaite du négationnisme d’État turc: dans la capitale arménienne, le pape François a dénoncé, vendredi 24 juin, le "génocide" des Arméniens en 1915/1916  sous l’Empire Ottoman, prononçant pour la deuxième fois ce mot jugé inacceptable par la Turquie.
« Cette tragédie, ce génocide a marqué malheureusement le début de la triste série des catastrophes immenses du siècle dernier », s’est exclamé au palais présidentiel le pape.
Le mot « génocide » ne figurait pas dans son texte distribué à l’avance. Le pape l’avait déjà prononcé une première fois au Vatican en avril 2015, déclenchant la colère du pouvoir turc (voir ci-dessous). 

Memorial 98


Mise à jour du  2 juin 2016:

La reconnaissance du génocide arménien de 1915 par un vote quasi-unanime du Bundestag allemand constitue une avancée importante. Nous nous félicitons de cette décision, qui porte à 30 le nombre de parlements qui ont reconnu ce génocide.
 Ce vote représente aussi une défaite historique pour le négationnisme d'Etat turc.
Celui-ci refuse non seulement de reconnaître qu’il y a eu un génocide organisé envers les Arméniens, mais fait aussi pression dans le monde entier afin que cette reconnaissance n’ait pas lieu.
Les gouvernements turcs successifs utilisent des moyens humains et financiers considérables, visant à intimider les élus, les universitaires, les journalistes et le monde associatif. 

Actualisation 23 avril 2016 :

Le 24 avril 1915 débutaient les premières arrestations d'intellectuels arméniens à Constantinople (future Istanbul) en prélude à la mise en œuvre du génocide.

Une année après le centenaire, qui a donné lieu à d'importantes mobilisations et cérémonies notamment à Istanbul  mais aussi à des provocations de la part de Erdogan, nous faisons toujours face au négationnisme de l’État turc. Celui-ci refuse non seulement de reconnaître qu’il y a eu un génocide organisé envers les Arméniens, mais fait aussi pression dans le monde entier afin que cette reconnaissance n’ait pas lieu.

Les opérations militaires en cours de la part de l'Azerbaïdjan contre la région arménienne autonome du Nagorny-Karabakh donnent un aspect dramatique à la situation.

En France, les historiens, les journalistes, les responsables associatifs, les hommes politiques, dès lors qu’ils travaillent hors des sentiers balisés par l’historiographie officielle de l’État turc, s’attirent des pressions, des menaces, des insultes et des appels à la haine, diffusés à grande échelle sur Internet. Ce négationnisme étatique trouve aussi des relais chez des responsables politiques et des historiens disposant d'un fort pouvoir institutionnel. C'est le cas de l'académicien Pierre Nora, à qui le Mémorial de la Shoah à hélas confié en septembre dernier le soin de prononcer l'allocution d'une cérémonie de mémoire.
En ce mois d'avril nous rappelons la mémoire des victimes des trois génocides majeurs du XXe siècle

Memorial 98

La violence de la réaction du gouvernement turc après les propos du pape mentionnant le génocide des Arméniens, montre que ce pouvoir maintient la ligne du négationnisme d’État. Celui-ci domine la vie politique turque depuis la mise en œuvre du génocide des Arméniens il y a 100 ans, en avril 2015. 
Ce génocide avait été précédé de multiples massacres de populations arméniennes, y compris au 19e siècle avec déjà des théories négationnistes dénoncées par Jaurès

La déclaration du pape, sur laquelle il y a beaucoup à redire par ailleurs (sur les simples ""exterminations de masse" sans génocide contre les Tutsi au Rwanda et sur une assimilation entre le nazisme et le stalinisme qui semble relever de l'esprit de la lutte contre le "communisme" de Pie XII  ) est somme toute assez modérée.
 Elle reprend, à quelques jours du 24  avril qui constitue la date symbolique de la commémoration, des formulations déjà prononcées par au moins un pape récent ainsi que par le chef actuel de l’Église, lorsqu'il officiait en Argentine. Il déclare ainsi : "Au siècle dernier, notre famille humaine a traversé trois tragédies massives et sans précédent. La première, qui est largement considérée comme 'le premier génocide du XXe siècle' a frappé votre peuple arménien",  en citant un document signé en 2001 par Jean Paul II et l'actuel patriarche Arménien, Karekin II .
C'est donc l'utilisation du terme "génocide"qui déclenche la rage du pouvoir en place à Ankara.
À l'heure actuelle, 23 pays ont reconnu officiellement le génocide arménien, parmi lesquels les États-Unis, la Russie, l'Italie, et la France. D'autres pays reconnaissent le massacre tout en refusant d'employer le mot génocide: c'est le cas notamment de l'Allemagne.

Ces dernières années, la situation semblait évoluer vers une forme reconnaissance du génocide, y compris en Turquie au sein de larges secteurs du public.
 L’assassinat de Hrant Dink (en arménien : Հրանտ Դինք) journaliste et écrivain Arménien de Turquie, tué le 19 janvier 2007  à Istanbul par un nationaliste turc, avait entraîné une vague de solidarité sans précédent. Plus de 100 000 personnes avaient participé à ses funérailles en portant des pancartes proclamant: " Je suis Hrant Dink" .

A partir de 2009 le gouvernement turc dirigé par le parti "islamo-conservateur" AKP d'Erdogan lui-même avait semblé ouvrir la voie à une réévaluation  de la position traditionnelle du pouvoir en Turquie. En 2014, Erdogan avait présenté ses condoléances aux "petits-enfants des Arméniens tués en 1915". Cette formule lui avait valu les félicitations de Hollande et Obama, mais les Arméniens ne s'en satisfaisaient évidemment pas, à juste titre.

A l'approche du centenaire, Erdogan, maintenant président d'un régime autoritaire qui rogne en permanence sur les libertés publiques, maintient et renforce un barrage obstiné contre la reconnaissance du génocide. Pire encore, il provoque en organisant le 23 et 24 avril une commémoration du 100e anniversaire de la bataille de Gallipoli qui eut lieu en 1915 dans les Dardanelles. Il a même insulté le président arménien en l’invitant à participer à cette commémoration, organisée afin de détourner l’attention de celle du génocide. Erdogan s’appuie sur les calculs " géopolitiques" qui entraînent de nombreux gouvernements à ménager le régime turc, considéré comme utile dans les affrontements en cours au Moyen-Orient. 

Memorial 98, dont une des raisons d'être est la lutte contre le négationnisme et l'impunité, salue la grande commémoration internationale qui aura lieu à Istanbul, sur les lieux du début du génocide, le 24 avril prochain avec des mouvements turcs de défense des droits de l'homme. Avec nos partenaires du Collectif VAN (Vigilance arménienne contre le négationnisme) qui soutiennent les divers événements organisés à Istanbul ce 24 avril 2015,  et d'autres associations, nous poursuivrons la lutte  pour la reconnaissance internationale du génocide des Arméniens et pour la pénalisation de sa négation. En cette année du centenaire, il est plus que temps que la justice soit enfin rendue.

Et cette lutte se poursuivra au delà du centenaire, jusqu'à la reconnaissance et la réparation du génocide.


 

lundi 13 avril 2015

Attentats néo-nazis contre des centres pour réfugiés en Allemagne

Centre d'accueil de réfugiés victime d'un attentat néo nazi à Vorra le 12 décembre 2014
On les a décrit comme des groupuscules sans importance. On a accusé celles et ceux qui alertaient sur leur développement d'être à côté de la plaque politiquement, d'utiliser des concepts antifascistes dépassés, à un moment où l'extrême-droite "faisait sa mue démocratique".
Aujourd'hui, les néo-nazis sont candidats du FN, les néo-nazis ont des élus dans plusieurs pays d'Europe...et des démocrates commencent à avoir peur de faire de la politique et préfèrent quitter des fonctions électives face aux menaces.
Le maire de Tröglitz a pris une décision courageuse en démissionnant le 7 mars 2015 de son mandat dans une ville de l'est de l'Allemagne, suite à des pressions de néo-nazis concernant l'ouverture d'un centre pour réfugiés. Car démissionner était finalement la seule manière d'attirer l'attention sur un danger qui nous menace tous, et sa parole d'élu, aura -t-elle, au moins, brisé le silence médiatique sur la terreur brune.
 
C'était il y a un mois... Le maire avait démissionné en dénonçant publiquement sa solitude face aux intimidations et menaces des néo-nazis contre lui et sa famille.

Il y a quelques jours, un incendie criminel a dévasté le futur centre de réfugiés prévu dans la commune, contre lequel les néo-nazis avaient manifesté à de nombreuses reprises depuis le début de l'année 2015. Les attentats contre les lieux d'accueil des réfugiés se multiplient en Allemagne : on en a recensé 150 en 2014. 

Le néo-nazisme déjà très implanté et actif a évidemment été boosté par Pegida, mouvement où ses troupes donnaient l'impulsion. Dans plusieurs villes d'Allemagne, des mouvements issus de cette mobilisation raciste de masse annoncent des listes aux prochaines élections.
Comme partout extrême-droite légaliste et extrême-droite extra-légale sont étroitement et structurellement liées, et se renforcent mutuellement.
Comme partout, l'éventail du fascisme se déploie dans toutes les directions: élections, agitation de rue, violence pogromiste.
Manifestation antiraciste à Tröglitz, Allemagne
Malgré tout, les antiracistes se mobilisent : un rassemblement de 300 personnes a eu lieu samedi 11 avril à Trögitz, contre le racisme et la xénophobie.

samedi 11 avril 2015

Journée internationale des Roms : la solidarité face aux expulsions et aux discriminations

Le 8 avril se tenait la journée internationale des Roms. Alors qu'une manifestation est prévue ce samedi à Paris à l’initiative d'Amnesty International, c'est l'occasion de donner quelques exemples des politiques ou propos discriminants et déshumanisants qui visent les Roms au quotidien, de la part des pouvoirs publics, de certains partis, voire de syndicats. Mais aussi quelques initiatives de solidarité, des batailles pied à pied pour l'accès aux droits fondamentaux...

Nous ne recenserons pas tous les arrêtés d'expulsion et les évacuations de bâtiments ou terrains occupés par les Roms, tant ils sont nombreux et fréquents. En France, les pouvoirs publics ont en 2014 expulsé un campement tous les 3 jours, un record européen...

A Lyon, depuis novembre 2014, une tranchée de 2 mètres entoure tout un côté d'un campement rom, empêchant les voitures d'accéder au terrain occupé. Un terrain dont la Métropole du Grand Lyon est propriétaire. 
Gérard Collomb, sénateur-maire PS de Lyon et président de la métropole applique depuis maintenant trois mandats une politique d'expulsion systématique des camps de roms, définissant ainsi localement et 10 ans avant l'heure la politique d'un Manuel Valls Ministre de l’intérieur.

Le syndicat des conducteurs de bus FO de Montpellier demande des mesures de ségrégation contre les Rroms, exigeant une navette spéciale et indiquant que des conducteurs se plaindraient de l'odeur, refuseraient de toucher les pièces utilisées par les Roms pour payer.  FO, dont le représentant déclare à la presse que « C’est une véritable infection », reçoit le soutien d'un élu municipal FN, lui même conducteur de bus, ancien délégué CFTC et toujours élu indépendant au CHSCT de l'entreprise...
Ce même syndicat FO se contente de juger les propos de son représentant "malheureux".
La CGT TAM Montpellier rappelle de son côté sur sa page facebook que "le service public est un gage d'égalité".
Les usagers de la ligne sont pour leur part dérangés par les propos haineux.

A Tourcoing, une centaine de personnes a manifesté le 8 avril devant la mairie, face aux menaces d'expulsion d'un terrain appartenant au Département. La mairie elle a lancé une pétition demandant l'expulsion...

A Couëron, près de Nantes, il a fallu aller au tribunal pour obliger le CCAS (centre communal d'action sociale) à fournir une domiciliation, indispensable pour recevoir du courrier et pour toute démarche administrative, mais aussi pour la scolarisation des enfants.

Près de 200 franciliens sont venus manifester leur solidarité et s'opposer à la haine envers les Roms, lors du rassemblement du samedi 11 avril Place de la Bastille.

mardi 7 avril 2015

Enfants juifs d'Izieu: les traces de la barbarie


                            Plaque commémorative Izieu



Il y a 71 ans jour pour jour, le 6 avril 1944, se nouait le sort tragique de 44 enfants et 7 adultes juifs raflés dans ce village de l'Ain qui devait constituer un refuge. Ils furent  tous exterminés à Auschwitz, sauf une éducatrice qui survécut. 

Cet épisode tragique symbolise le sort des enfants durant la Shoah. 
On estime généralement qu'un million et demi d'enfants ont été tués durant la Shoah.   

La tragédie d'Izieu continue de résonner dans l'histoire actuelle. C'est en effet la preuve de l'implication directe de Klaus Barbie dans cette déportation des enfants qui est à l'origine de sa condamnation à la perpétuité lors de son procès en 1987.  Il bénéficiait de la prescription pour ses crimes perpétrés dans le cadre de la lutte contre la Résistance.
Or au lendemain de la guerre, Klaus Barbie, déjà recherché pour ses crimes, a été récupéré et protégé dès 1947 par l’armée américaine. Puis quand à partir de 1948 la France réclame son extradition, le Counter Intelligence Corps américain qui l’emploie refuse de le remettre aux autorités  puis l’exfiltre vers l’Argentine avec le concours des réseaux d’évasion de la hiérarchie de l’Église catholique. On connaît la suite et le combat acharné, d'abord désespéré puis victorieux  de Serge et Beate Klarsfeld pour son extradition de Bolivie et son jugement. La manifestation en 1971 à la Paz de Beate Klarsfeld et de Mme Ita Halaunbraunner, mère d'un enfant déporté d'Izieu, constitue un véritable acte d'héroïsme.La Bolivie est alors sous le contrôle d'une dictature militaire qui protège Barbie, intégré dans son appareil répressif. 
Lors de son procès, Barbie est défendu par Jacques Vergès et tente encore de calomnier les résistants et notamment Raymond Aubrac. Il est en cela le modèle de son ami antisémite Roland Dumas.
Le souvenir d'Izieu réapparaîtra notamment en 1998, lors de la vague d'alliances entre la droite et le FN pour la gestion des conseils régionaux.    

En région Rhône-Alpes, Charles Million, ancien ministre de la défense de Chirac et Juppé, se faisait élire président de la région en Mars 1998 grâce à une alliance avec le Front National.
Son allié et compère était Bruno Gollnisch, chef régional du FN et négationniste avéré. Un autre pilier de l’alliance était Pierre Vial, fasciste et antisémite bien connu, animateur du courant dit "païen" dans le FN, qui fut nommé vice-président de la commission culture du conseil régional.
Face au choc provoqué par les alliances droite-FN dans cinq régions, la résistance s’organisa, notamment contre Millon. Ainsi à Izieu, dans l’Ain dont il était à l’époque député, Charles Millon fut conspué le dimanche 19 juillet 1998 lors d'une cérémonie à Izieu. La présidente régionale de l’Amicale des déportés d’Auschwitz, Simone Lagrange, déportée à treize ans, lui demandait publiquement de quitter les lieux. Millon ne partit qu’à la fin de la cérémonie, bafouant ainsi la mémoire des disparus, des survivants et de leurs familles. Fin novembre 1998, il fut exclu de l’association du mémorial des enfants d’Izieu puis finalement démis de ses fonctions de président de région.



Le Front National n'en a pas fini avec Izieu, puisque son député Gilbert Collard prétend avoir défendu ces enfants et a été formellement démenti par la directrice de la Maison d'Izieu.


Ainsi le sort tragique de ces 44 enfants demeure encore une plaie vivante qui renforce notre volonté de lutter contre les nostalgiques du nazisme et les laudateurs de Pétain.
 


lundi 6 avril 2015

Commémorations du début du génocide des Tutsi au Rwanda, il y a 21 ans

Ce 7 avril 2015, nous commémorons le 21e anniversaire du début du génocide des Tutsi au Rwanda et du massacre des Hutu modérés. Vous trouverez ci-dessous une liste d'activités commémoratives en France et en Belgique.
Portraits à l'huile sur fond de sable rouge de Francine Mayran

Fruit d'une idéologie raciste répétée et mise en œuvre sur des décennies, ce génocide a vu la mort d'au moins 900 000 personnes : des individus définis comme Tutsi, constituant la majorité des victimes, mais aussi des Hutu opposés aux partisans de l'idéologie raciste Hutu Power.
Un génocide qui s'est appuyé, pour diffuser la haine, avant et pendant, sur une forme perverse d'humour, notamment à la RTLM, la Radio Télévision des Milles Collines, mais aussi sur les caricatures déshumanisantes de certains journaux.

Comme pour tous les projets génocidaires, celui-ci s'accompagne de campagnes négationnistes, de difficultés à faire reconnaître les responsabilités (entre autres les responsabilités françaises) et à faire vivre la mémoire. Il a fallu attendre 20 ans pour qu'enfin une stèle au Père Lachaise à Paris commémore ce génocide.

Nous renvoyons pour plus d'informations sur la commémoration du génocide à nos amis de l'association Ibuka France, dont nous reproduisons ci-dessous des extraits de l'invitation à la commémoration parisienne.
Le 7 avril prochain, les rescapés du génocide des Tutsi du Rwanda prendront le temps de se souvenir du moment où, voici 21 ans, ils ont traversé la mort. Ils repenseront aux parents, aux frères, aux sœurs et aux amis qui n’ont pas réussi à atteindre l’autre rive et dont les corps reposent encore pour la plupart dans la fange des fosses communes.  En leur nom, l’Association Ibuka France a le plaisir de vous inviter à participer au rassemblement solennel qu’elle organise ce jour-là devant la stèle érigée au Cimetière du Père Lachaise à Paris 20ème ,  entrée 71, rue des Rondeaux, 88ème Division, allée des Fédérés, M° Gambetta, à 14h30 précises.  A cette occasion, nous rendrons hommage aux victimes de la haine tombées en 1994 sur la terre du Rwanda. Nous penserons au plus d’un millions de femmes, d’enfants et d’hommes massacrés parce qu’ils nés tutsi sur ordre du gouvernement qui leur devait protection et dans l’indifférence d’une communauté internationale qui célébrait le 50ème  anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazie en fermant les yeux sur la destruction des Tutsi au Rwanda.  
Se souvenir du génocide c’est aussi tendre la main à ces femmes tiraillées au plus profond d’elles-mêmes entre l’envie de hurler leur colère et la prescription d’être des modèles de la dignité que l’éducation leur a assigné et qu’elles assument avec un admirable courage,  entre le besoin légitime de demande de justice et la crainte des sarcasmes des auteurs des crimes bien protégés par un monde qui n’a pas rompu avec les complaisances coupables. C’est affronter le déni nourri par des clichés. C’est faire face au quotidien à la banalisation de la réalité par des leaders d’opinion qui ne craignent pas de ternir l’auréole de la renommée en disant des contre-vérités. C’est répondre à l’appel des personnes qui, du fait de leur âge, n’ont plus la force physique de porter le poids de la détresse de la solitude et autres blessures morales qui leur ont été infligées.  Comme celle qui l’a précédée, l’année en cours est riche en temps forts de la mémoire. En 2014, la 20ème commémoration du génocide des Tutsi a coïncidé avec le centenaire de la Première Guerre. Cette année, nous célébrons à la fois le 70ème anniversaire de la libération des camps et le centenaire du génocide des Arméniennes et le 40ème  anniversaire du génocide des Cambodgiens. 
[...]Nous en appelons au renouvellement et au renforcement de l’éducation au vivre ensemble. Aussi, en même temps que nous tenons à inscrire la 21ème  commémoration du génocide des Tutsi  dans ce vaste mouvement de la mémoire et d’hommage aux victimes et à en faire un levier pour la mobilisation à la réflexion sur le rôle de l’école, sur l’importance de la transmission par l’enseignement de l’histoire et sur la valeur pédagogique du travail de justice et de manifestation de la vérité. 
Association IBUKA France, Mémoire, Justice, et Soutien aux rescapés,  Association de loi 1901    

A Chalette par la Cellule locale d’Ibuka France
  • le 7 mars: Participation à la journée Anti Coloniale à Chalette
  • le 19 mars: Intervention au Forum Citoyenneté à Paul Eluard
  • le 7 Avril : un moment de recueillement au Monument commémoratif inauguré le 17 mai 2014
  • le 16 mai: Colloque à la Maison de quartier de la Pontonnerie, sur le thème: "La Mémoire des rescapés et des témoins"
  • le 17 mai: dépôt de gerbe au pied du Monument, à Chalette, et pique-nique convivial au Lac de Chalette
  • les 5 et 6 juin: Participation à la Fête de Chalette 
  • les 4 et 5 juillet: Participation à la Fête de L'Europe à Amilly   
A  Paris par Ibuka France
  • le 7 avril : 21ème commémoration du génocide des Tutsi à Paris :
    • 14h15 : rassemblement autour de la stèle commémorative au Père Lachaise
    • 15h00 : une cérémonie d'hommage officiel dans les salons d'honneur de la Mairie du 20ème  suivie d’une verra d’amitiés
    • de 19h30 à 5h00 : veillée commémorative au siège des Médecins du Monde : adresse : 62, rue Marcadet Paris 18ème ,  M° Marcadet Poissonniers (L4 ou L12)
    • le 28 mai: journée de réflexions culturelles plurielles: Regards croisés artistes / journalistes / chercheurs / militants organisée par la compagnie UZ et Coutume
  • dimanche le 14 juin au Mémorial de la Shoah : Projection de trois films en présence de leurs réalisateurs :
    • Le jour où Dieu est parti en voyage de Philippe Van Leeuw, une fiction sur le génocide des Tutsi
    • Mémoires partagées", d'Ygal Egry, travail de mémoire au Rwanda
    • Les dames de la colline, un film de Chloé-Henry Biabaud sur la reconstruction des rescapés
A Lyon par la Cellule locale d’Ibuka France « Ibuka Rhône Alpes »
  • le 7 avril:  rassemblement au mémorial lyonnais du génocide des Arméniens et tous les génocides à Bellecour;  Adresse : Place Antonin Poncet, 69002 Lyon
  • Le jeudi 9 avril: au Lycée des métiers d'art et de l'image: journée de sensibilisation au tour de témoignages et de l’exposition photos « Mères adoptives des orphelins du génocide». Adresse: SEPR, 46 rue Professeur Rochaix, 69003 Lyon
  • Le vendredi 10 avril 2015 à la Maison des Passages dès 18h30: veillée dédiée à la mémoire des victimes du génocide des Tutsi. Adresse: 44 rue Saint Georges, 65005 Lyon
  • Le mercredi 15 avril 2015 à 18h30: veillée commémorative du génocides des Arménien, des Juif et des Tutsi à la mairie du 3ème arrondissement de Lyon. Cette veillée a été organisée conjointement par IBUKA Rhône-Alpes, le Centre National de la Mémoire Arménienne, la Licra et le Cercle de la pensée juive libérale; Adresse: 215, rue Duguesclin, 69003 Lyon
  • Le jeudi 16 avril 2015 de 9h à 18h: Lecture des noms des déportés juifs partis de France : Adresse: Place Antonin Poncet, 69002 Lyon
  • Le vendredi 17 avril 2015 au CCO de Villeurbanne à 20h00: soirée de représentation de "Tutsi", transmission de la mémoire à travers les paroles de  rescapés par les rescapés eux-mêmes. Adresse: 39 rue Georges Courteline, 69100 Villeurbanne
  • Le lundi 20 avril de 19h30 à 23h00: soirée-débat au tour du documentaire "Le fils du Marchand d'Olives" de Mathieu et Anna ZEITINDJIOGLU, en présence des réalisateurs du film; Adresse: CINEMA LES AMPHIS, 12 Rue Pierre Cot, 69120 Vaulx-en-Velin
  • du 14 au 23 avril 2015: exposition des photos sur les génocides des Juifs et des Tutsi au centre culturel communal Charlie Chaplin:  Adresse: Place de la Nation, 69120 Vaulx-en-Velin
  • Le vendredi 24 avril 2015: commémoration du centenaire du génocide des Arméniens. Adresse: Place Antonin Poncet, 69002 Lyon
  • A Dieulefit (Drôme) le dimanche 26 avril 2015 (programme à venir): cérémonie commémorative du génocide des Tutsi
  • Dans l’Ain (Belly), le jeudi 4 juin 2015 (heure à confirmer): soirée de représentation de "Tutsi", transmission de la mémoire à travers les paroles de rescapés par les rescapés eux-mêmes : Adresse: Lycée du Bugey, rue du 5ème Rtm, 01300 Belley
  • Dans la Loire, le  jeudi 23 avril 2015 à Rive-de-Gier dès 19h15: soirée « spécial Rwanda » organisée par "le Conseil culturel du Ciné Chaplin" : échanges au tour d’un film sur le génocide des Tutsi; Adresse: Ciné Chaplin, 31 rue Jules Guesde, 42800 Rive-de-Gier 
A Bordeaux , le 7 avril 2015 par l'association Cauri
  • à 11h : rassemblement sur le pont de pierre à Bordeaux et cérémonie de jets de fleurs sur la Garonne.
  • à 18h : rassemblement dans le parc de la chapelle de Mussonville :  Accès : tram C arrêt Mussonville
 A Lille le 7 avril  2015 par l’Association de la Communauté Rwandaise du Nord Pas de Calais (ACRNP) et l'Association des Etudiants Rwandais de Lille (AERL): "Combattons le négationnisme  et la banalisation du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994".
  • le 7 avril à 18h00 à IRIS Formation, 5 rue Magenta, Lille au quartier de Wazemme :
    • Projection du film " Tuez-les tous", de Raphaël GLUCKSMANN suivi des échanges
    • Exposition photo: Rwanda 10 ans après.
  •  le 11 avril à 18h00, au Campus de Villeneuve d'Ascq, à la Maison des Etudiants.
    • Veillée dédiée à la mémoire des victimes animée par des chansons  de deuil et des poèmes. 
    • Projection du film" Rwanda, un cri d'un silence inouï " de Anne LAINE ,suivi des échanges.
    • Témoignages et prises de paroles pour rendre hommage aux victimes
A Toulouse, le 7avril  2015  par l'association Diaspora Rwandaise de Toulouse
  • à 18h00 : rassemblement  au jardin Raymond VI devant la stèle dédiée aux victimes du génocide des Tutsi; Entrée Allée Charles de Fitte
 Accès Métro : Station Saint Cyprien République

A Nice avec le partenariat du Lycée Polyvalent Régional Thierry Maulnier
  • du 13 au 17 avril : Semaine de la Mémoire, de l’Engagement, de la citoyenneté et de la Solidarité Internationale sur le thème "Semer quelques graines pour qu'ils deviennent des citoyens actifs" 
En Alsace, samedi le 25 Avril 2015, à partir de 13h30  par l’association AMARIZA d’Alsace : adresse : salle de gymnastique de LUTTERBACH , 11 rue Louis Pasteur,  68460 Lutterbach
« Mémoire, reconstruction et la vie 21 ans après »
A l'occasion de la vingt et unième commémoration du Génocide des Tutsi au Rwanda, la communauté rwandaise d’Alsace organise une journée de mémoire pour les victimes de ce crime ignoble: 
  • 14h00 : Mot d’introduction par la Présidente d’AMARIZA d’ALSACE, Thérèse Tangasa Rosenberger
  • 14h10 : Temps de recueillement à l’intention des victimes du génocide (prêtre/pasteur/laïque)
  • 14h15 : Témoignage de geste de solidarité pour les orphelins du Rwanda – Mr. José SCHRUOFFENEGER, Maire et Vice- Président de la Communauté de communes de la Vallée de Saint-Amarin ; Professeur retraité du collège de Lutterbach
  • 14h 30 : Projection du film « Une république devenue folle : RWANDA, 1894-1994 »  de Luc Heusch 
  • 15h15 : Débat avec Mr. Kabanda Marcel, Historien et co-auteur avec Jean Pierre Chrétien, d’ouvrages sur les prémices du génocide « la perpétration du génocide des tutsi et sa mémoire »
  • 15h35 : Pause Café
  • 15h50: Conférence « Que dire à nos enfants pour ne pas transmettre qu’un génocide » par Amélie Mutarabayire-Schafer, Thérapeute
  • 16h20 : Une pensée pour ceux qui subissent l’extermination : Cécile Kueny
  • 16h30 : Un mot de remerciement
  • 16h40 : Exposition par l’Artiste Peintre Amina Furaha Rauch, membre de l’association Amariza. Elle commentera l’exposition
  • Entre 18h00 et 19h00 : Repas   
A Nantes, le 18 avril par l’Association Subiruseke- Retrouve le sourire 
Adresse : Hall de la Gare de l’État, Place de la Gare de l’État, 44200 Nantes
Accès : Tram 1 : Arrêt Chantiers navals ; Bus C5 : Arrêt Gare de l’Etat
  • 15h00 :
    • Rassemblement sur le quai de la Loire (devant les marches qui sont sur la droite du Pont Anne de Bretagne)
    • Mot d’ouverture de la présidente Mme Martine Rondeau
    • Cérémonie d’hommage aux victimes «…aux parents, aux frères, aux sœurs et aux amis qui n’ont pas réussi à atteindre l’autre rive...» (Ibuka France)
  • 15H30 : Marche en mémoire des victimes vers le Hall de la Gare de l’État
  • 16H00 : Débat sur le thème «Parler des traumatismes du génocide. A qui et comment ?»  Animé par Mme Marie-Odile Godard (psychologue-psychanalyste) avec Mme Amélie Mutarabayire Schafer (modératrice du débat)
  • 18H00 : Clôture de la commémoration
A Dijon, le 21 septembre 2015 par Ibuka France 
Inauguration d'une stèle dédiée à la Mémoire des victimes du génocide des Tutsi
Elle est sera précédée par une conférence à l'université de Bourgogne : date non encore déterminée

Pour la cérémonie en Belgique, le programme est disponible en cliquant sur ce lien :
Marche du souvenir et soirée de la mémoire