« Jusqu’à ce jour, notre état d’esprit est celui d’un peuple totalement vaincu (…) nous Allemands, notre peuple, est le seul peuple au monde qui a planté au cœur de sa capitale un monument de la honte », a dit Björn Höcke lors d’une réunion de son parti à Dresde le 17 janvier, comme le montre une vidéo mise en ligne. Suite à sa diatribe de longs applaudissements et des cris nationalistes la ponctuent.

« Il nous faut rien de moins qu’un virage à 180° de notre politique de mémoire », a-t-il martelé, dénonçant le fait que l’on enseigne une histoire « tournée en mal, en dérision » au lieu de se focaliser sur « les grands bienfaiteurs, les célèbres philosophes, les musiciens, les explorateurs et inventeurs géniaux ».
Ce responsable de l’AfD en Thüringe (Est) a réclamé « une vision positive de notre histoire » afin que le peuple allemand échappe à l’ « auto-dissolution », et puisse pleurer « ses victimes » de la Seconde Guerre mondiale, en particulier ceux tués dans le « crime de guerre » des bombardements alliés sur l'Allemagne. 
Il reprend ainsi les thèmes des néo-nazis qui commémorent chaque année le bombardement de Dresde, qu'ils considèrent comme le seul drame de la deuxième guerre mondiale.


« L’AfD montre avec ces mots des plus antisémites et inhumains son vrai visage (…) je n’aurais jamais cru que de telles déclarations d’un politique allemand étaient possibles 70 ans après l’Holocauste », a dénoncé le président  du Conseil central des juifs d’Allemagne, Josef Schuster.

Frauke Petry, dirigeante  de l’AfD, a  été contrainte de qualifier M. Höcke de « fardeau pour le parti ». Mais, signe des tensions internes, un autre responsable du mouvement, Alexander Gauland, a quant à lui défendu son collègue.

Déjà en juin dernier le groupe parlementaire d'Alternative pour l'Allemagne (AfD) au parlement du Bade-Wurtemberg refusait d'exclure un de ses membres accusé d'antisémitisme
Wolfgang Gedeon, l'élu mis en cause, avait estimé qu'au au nom de "la liberté d'expression",  rien n'interdisait de nier l'extermination des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Jörg Meuthen, vice-président d'AfD, avait réclamé son exclusion, mais le groupe parlementaire du Bade-Wurtemberg s'est prononcé pour une mise à l'écart uniquement provisoire en attendant un examen de ses écrits par une "commission indépendante".

La mémoire de Shoah demeure, pour les fascistes et néo-nazis, une cible de négation et de profanation. Ainsi le néo-nazi français Soral a été brandir le salut nazi de la "quenelle" dans ce même Mémorial de Berlin.

Memorial 98